France

Jacques Chirac, l’heure du rassemblement

A travers l’hommage aux Invalides de dimanche et la journée de deuil national de lundi, c’est une France rassemblée qui se retrouve autour de la mémoire de son président disparu

Le «rassemblement» fut un mot-clé de la carrière politique de Jacques Chirac, décédé jeudi à l’âge de 86 ans. Le parti qu’il fonda en 1976, le Rassemblement pour la République (RPR), avait cette volonté de rassembler l’ensemble des gaullistes sous sa bannière, même s’il fut souvent le théâtre de divisions fratricides et d’ambitions cruelles.

C’est donc une France «rassemblée» qui, depuis l’annonce de sa disparition, se souvient de celui qui fut deux fois premier ministre (1974-1976 puis 1986-1988) et deux fois chef de l’Etat (1995-2002 puis 2002-2007). Avec, comme point de mire de ce moment de recueillement, le palais présidentiel de l’Elysée, qu’Emmanuel Macron, son lointain successeur, qui n’était pas né lors de sa première arrivée à Matignon, a choisi d’ouvrir au public jusqu’à dimanche soir, pour signer un registre de condoléances. Dès jeudi soir, une foule se pressait déjà devant ses grilles…

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Du côté des hommages, le rassemblement sera là encore la priorité. Premier acte dimanche, lors d’une cérémonie aux Invalides que sa famille, son épouse Bernadette en tête, souhaite «populaire». Suivra une journée de deuil national lundi, ponctuée d’une messe à Paris à l’église Saint-Sulpice, proche de la rue de Tournon, où se trouvait don domicile depuis quelques années. Jacques Chirac sera en revanche inhumé ce même lundi «dans l’intimité» au cimetière Montparnasse, à proximité. Il rejoindra sa fille Laurence, disparue en 2016 d'un malaise cardiaque après de longues années de souffrance et d’anorexie. Une blessure jamais refermée que ce politicien féru de campagnes électorales porta toujours en lui. Jacques Chirac avait deux filles naturelles, Laurence et Claude (qui fut sa conseillère en communication) et une fille adoptive, Anh Dao Traxel, d’origine vietnamienne, adoptée lors de la crise des boat people à l’âge de 21 ans.

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Décidé par Emmanuel Macron, qui a longuement évoqué la mémoire de son prédécesseur lors d’une allocution télévisée jeudi soir, l’hommage national de lundi sera suivi dans tout le pays. Les drapeaux officiels seront en berne. Une minute de silence sera organisée dans les administrations et les enseignants ont reçu consigne, dans la mesure du possible, de parler de Jacques Chirac à leurs élèves. La France, ce week-end, sera de nouveau chiraquienne, à l’image de la presse, qui, ce vendredi, n’a que le portrait de l’ancien chef de l’Etat à la une. «Sans chichi», titre Libération. «Tellement français», titre Le Parisien. «Adieu», titre Le Figaro, en mains du groupe Dassault dont le fondateur, Marcel Dassault, fut l’un des premiers parrains politiques du jeune Chirac, dans les années 1960.

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