Jacques Chirac et Vladimir Poutine ont été rejoints vendredi soir à l'Elysée par le chancelier allemand, Gerhard Schröder, et le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, pour une rencontre devant renforcer les liens entre l'Europe et la Russie. Plusieurs sujets d'actualité concernant de près la Russie devaient être abordés au cours de cette rencontre.

Il devrait s'agir notamment, selon les sources russes, du remboursement anticipé de la dette russe au Club de Paris – que Moscou fait dépendre de l'obtention d'une réduction significative – et du programme nucléaire de l'Iran. Moscou construit en Iran une centrale nucléaire, résistant aux pressions de Washington qui y voit une couverture à un programme militaire.

Le mini-sommet quadripartite a été précédé par une rencontre bilatérale Chirac-Poutine, également destinée, dans l'esprit de Paris, à «décrisper» les rapports euro-russes, tendus par les divergences sur l'Ukraine, le conflit tchétchène et l'affaire Yukos, notamment. La France veut «tendre la main» à la Russie pour l'encourager aux réformes économiques et politiques, selon l'Elysée. Pour Paris, il est essentiel de ne pas isoler la Russie et de forger avec elle une relation «forte, stable, équilibrée et confiante», selon Jacques Chirac. Illustration de cette confiance et du respect que M. Chirac veut imposer dans les relations avec Moscou, le président français a montré à son invité le Centre de conduite des opérations aériennes (CCOA), à Taverny, près de Paris, une installation stratégique sensible, voisine du Commandement des forces aériennes stratégiques qui gère le vecteur aérien de la force nucléaire française.

Par ailleurs, la venue de M. Poutine en France coïncide avec le Salon du livre, dont son pays est cette année l'invité d'honneur. Aussi les deux présidents ont-ils rencontré pendant près d'une heure une quarantaine d'écrivains russes venus pour l'occasion.