Le pays était relativement épargné jusqu’au mois de juillet. Désormais, il enregistre entre 10 000 et 15 000 cas par jour, contre à peine 8000 au plus fort des trois premières vagues. La ville de Tokyo, qui accueille les Jeux olympiques, se trouve être l’épicentre de l’épidémie. Aux prises avec le variant Delta, la capitale a compté plus de 5000 nouveaux cas jeudi, un record.

Les Japonais étaient déjà divisés il y a quelques mois sur la pertinence de maintenir les Jeux olympiques en pleine crise sanitaire. Désormais, le débat fait rage au sein du pays: quelle est la part de responsabilité des JO dans la hausse rapide des cas?

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Un relâchement face aux mesures

«De nombreux Japonais accusent le gouvernement d’avoir maintenu les Jeux olympiques en provoquant un relâchement de la vigilance de la population. Mais le gouvernement estime que les Jeux et l’évolution de l’épidémie sont deux phénomènes distincts»,  relève le Courrier international.

L’ambiance festive des JO et la cinquantaine de médailles raflées par les sportifs japonais inciteraient les habitants à faire des sorties non essentielles, s’inquiètent des épidémiologistes. Ainsi, les restaurants et parcs seraient plus fréquentés, peut-on lire sur le site de l’hebdomadaire français.

Pas de quarantaine pour les sportifs

À cela s’ajoute la colère d'une partie de la population qui regrette la légèreté des mesures pour les athlètes. Les équipes olympiques étrangères n’étaient pas obligées de se mettre en quarantaine à leur arrivée au Japon. Il a aussi été rapporté que des membres du personnel des JO et des journalistes ont enfreint les règles d’isolement, raconte le Guardian.

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Cette colère nourrit peut-être une certaine lassitude, alors que Tokyo vit son quatrième état d’urgence, suggère le quotidien britannique. Au fil du temps et de l'extension des mesures, l'indignation des Japonais envers ceux qui ne respectent pas les règles se serait atténuée. S’il était par exemple courant qu’une personne sans masque se fasse interpeller dans la rue par un concitoyen, cette pratique se fait aujourd'hui plus rare.