Le gendre et proche conseiller de Donald Trump n’a désormais plus accès aux informations classifiées les plus sensibles de la Maison-Blanche. La décision pourrait rendre encore plus délicate sa principale mission: le processus de paix au Proche-Orient. Des médias américains, s’appuyant sur des sources proches du dossier, rapportent que Jared Kushner fait partie d’une série de collaborateurs de la Maison-Blanche ayant reçu, via une note interne, vendredi, l’annonce que leur degré d’accès personnel aux informations sensibles avait été «baissé» d’un cran, de «top secret» à «secret».

La porte-parole de la Maison Blanche a refusé mardi de commenter la nouvelle, se bornant à répéter que le mari d’Ivanka Trump, fille aînée du président, «poursuivrait l’important travail qu’il a entrepris depuis qu’il fait partie de l’administration». Ce dernier avait jusqu’ici accès aux informations classifiées les plus délicates mais ne disposait pour ce faire que d’une autorisation temporaire.

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Or l’exécutif américain a décidé de revoir en profondeur les procédures en place, après les révélations sur un autre conseiller, Rob Porter. Le secrétaire du personnel de la Maison-Blanche bénéficiait ainsi d’un accès temporaire, une habilitation provisoire, alors même qu’il fait l’objet d’une enquête pour violences domestiques présumées. Porter a, entre-temps, démissionné, tout en niant les allégations.

Une possible perte de «crédibilité» auprès de ses interlocuteurs

John Kelly, secrétaire général de la Maison-Blanche, s’est borné à lui réaffirmer sa confiance, dans un bref communiqué. «Comme je l’ai dit à Jared il y a quelques jours, j’ai pleinement confiance dans sa capacité à mener à bien ses tâches en matière de politique étrangère, notamment concernant nos efforts sur le processus de paix israélo-palestinien et la question de nos relations avec le Mexique», a-t-il écrit.

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Reste que cette décision, qui intervient à quelques jours d’une visite du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, prévue le 5 mars, soulève la question de la capacité du gendre du 45e président des Etats-Unis à mener à bien les négociations extrêmement difficiles au Proche-Orient. Pour Aaron David Miller, ancien négociateur sur ce dossier sensible, le risque est d’abord lié à la perte de «crédibilité» auprès de ses divers interlocuteurs. «Ils savent que vous ne pouvez lire tout ce qui se dit sur eux», a-t-il souligné dans un tweet.

Selon le Washington Post, les contacts de Jared Kushner avec certains responsables étrangers ont suscité des inquiétudes au sein de la Maison-Blanche. Il aurait parfois agi sans en informer le Conseil de sécurité national (NSC), au grand dam du général H.R McMaster, qui le dirige.

Nom apparu dans les affaires d’ingérence russe

Certains au sein de l’exécutif se sont aussi inquiétés de l’influence dont disposeraient certains interlocuteurs étrangers sur «Jared» en raison de son absence totale d’expérience diplomatique mais aussi de ses difficultés financières et des zones d’ombre entourant certaines de ses affaires.

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Le nom de Jared Kushner est par ailleurs apparu dans l’enquête du FBI, désormais dans les mains du procureur spécial Robert Mueller, sur une éventuelle coordination entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie.

Diplômé d’Harvard et de New York University en droit, Jared Kushner a repris les rênes de l’entreprise d’immobilier familiale.  Un réel point d’interrogation pèse désormais sur l’avenir politique de ce «gendre idéal» toujours tiré à quatre épingles.