États-Unis

Jared Kushner, le gendre dont Donald Trump ne se sépare plus

Le gendre du président élu prend de l’influence. A l’origine de tensions au sein de l’équipe de transition, il pourrait obtenir une fonction au sein de l’administration Trump. Déjà, les accusations de népotisme fusent

Il est au cœur des intrigues. Et on n’a probablement pas fini d’entendre parler de lui. Jared Kushner, 35 ans, visage lisse, fossettes marquées et raie de côté parfaite, gendre de Donald Trump, occupe une place majeure au sein de l’équipe de transition chargée de former la nouvelle administration du président élu. Ivanka, sa femme, et les deux fils aînés de Donald Trump, Eric et Donald Jr, font aussi partie de la cellule. Mais c’est bien Jared Kushner qui prend le pouvoir et semble imposer ses vues, ayant la confiance absolue de son beau-père.

C’est lui qui a écarté certains membres de l’équipe de transition. Parmi eux, Chris Christie. Le gouverneur républicain du New Jersey a, lorsqu’il était procureur général, envoyé son père en prison pendant deux ans, pour fraude fiscale et subornation de témoins, chose qu’il ne lui pardonne visiblement pas. Surtout, son nom circule comme potentiel conseiller de Donald Trump, qui pourrait obtenir l’accès à des informations classées. Une rumeur qui, déjà, provoque des accusations de népotisme et agite les médias américains.

Convertie au judaïsme

Formé à Harvard, le discret Jared Kushner était très présent dans la campagne de Donald Trump: il a rédigé certains de ses discours, a été l’architecte de sa stratégie digitale et l’a poussé à se séparer de son premier directeur de campagne, Corey Lewandowski, empêtré dans une affaire d’agression sexuelle. Il aurait aussi eu de l'influence dans le choix de Mike Pence en qualité de futur vice-président, soucieux de rassurer l’establishment républicain.

Issu d’une richissime famille juive orthodoxe proche des démocrates, il a épousé Ivanka Trump en 2009. Après une première séparation, elle s’est convertie au judaïsme pour lui, condition sine qua non à leur mariage, imposée par les parents Kushner. Donald Trump a donné son accord.

Un gratte-ciel pour 1,8 milliard

Propriétaire de la société immobilière Kushner Properties, fils du promoteur Charles Kushner, qui a mal fini sa carrière, il a un sens aigu des affaires . Il n’avait que 26 ans quand il a acheté un prestigieux building de Manhattan, le 666 Fifth Avenue, pour le prix record de 1,8 milliard de dollars. Entre 2007 et 2016, sa société a investi près de sept milliards au total dans l’immobilier à New York.

Jared Kushner a aussi des liens avec le monde des médias puisqu’il a racheté, en 2006, «The New York Observer». Il a toujours pris fait et cause pour son beau-père: le gendre influent a été jusqu’à balayer les accusations d’antisémitisme visant Donald Trump à cause d’un tweet déplacé, en rappelant, dans une tribune publiée dans le «New York Observer» le 6 juillet dernier, combien ils sont proches, alors qu’il est le petit-fils de survivants de l’holocauste.

Le tweet qui avait déclenché une vive polémique dans le camp démocrate montrait Hillary Clinton sur fond de billets de banque, avec une étoile à six branches et le slogan «La candidate la plus corrompue de l’histoire». Dans sa tribune intitulée «Le Donald Trump que je connais», offerte en contre-feu, il raconte l’histoire de sa famille, dont la mort d’un grand-oncle fusillé par les nazis. Jared Kushner a aussi confié que son grand-père avait vécu trois ans terré dans un trou caché dans les bois après avoir échappé d’un camp de travail.

Lire: La tribune de Jared Kushner dans le New York Observer

«Mon beau-père n’est pas antisémite. C’est aussi simple que ça. Donald Trump n’est pas antisémite et il n’est pas raciste. Mon beau-père est une personne incroyablement aimante et tolérante, qui a accueilli à bras ouverts ma famille et notre judaïsme depuis que j’ai commencé à fréquenter ma femme», a-t-il écrit.

Fin stratège, il a su se rendre indispensable auprès de son beau-père. Il pourrait aujourd’hui en récolter les fruits.

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