Etats-Unis

Jared Kushner, le gendre de Trump au cœur des intrigues

Visé par le FBI, le mari d’Ivanka Trump dirigera pourtant la «cellule de crise» de la Maison-Blanche mise sur pied pour réagir aux attaques et révélations sur l’affaire russe

Il lui accorde une «confiance totale». Donald Trump continue de protéger Jared Kushner, son influent gendre et conseiller rattrapé par l'«affaire russe». Le mari d’Ivanka Trump est soupçonné d’avoir cherché à établir un «canal de communication direct» entre le Kremlin et l’équipe de transition. Selon le Washington Post, c’est lors d’une rencontre avec l’ambassadeur russe en poste à Washington qu’il aurait évoqué cette idée, début décembre. Il aurait même suggéré d’utiliser les bâtiments diplomatiques russes, histoire de protéger ces discussions pré-investiture de toute surveillance. Malgré ces remous, le président américain continue de le soutenir. Mieux: il lui confie une nouvelle mission.

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Une armée d’avocats

Car, aussi curieux que cela puisse paraître, c’est bien Jared Kushner qui dirigera la nouvelle «cellule de crise» mise sur pied par Donald Trump, pour répondre aux attaques sur les connexions russes de ses proches. Comprenez: se préparer aux investigations du FBI et réagir aux révélations successives des médias, que Donald Trump qualifie, avec toujours plus d’agressivité, de «Fake News Media». Donald Trump s’entoure d’une armée d’avocats, dont Jared Kushner aura peut-être lui-même besoin. Cette «war room» rappelle celle instaurée par Bill Clinton lorsqu’il était empêtré dans l’affaire Lewinski.

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Egalement concerné par l'«affaire russe», le ministre de la Justice Jeff Sessions, qui avait dans un premier temps nié avoir eu contacts avec l’ambassadeur, a préféré se récuser de l’enquête pour éviter d’être soupçonné d’interférence. Le cas Kushner est différent, puisqu’il s’agit de diriger une équipe pour répliquer aux attaques. Reste que Donald Trump aurait pu choisir quelqu’un de plus neutre, qui n’est pas directement dans le viseur du FBI.

Dans une déclaration au New York Times, Donald Trump l’assure: «Jared Kushner fait du bon travail. J’ai une confiance totale en lui. Il est respecté de tous et travaille sur des programmes qui permettront à notre pays d’économiser des milliards de dollars. En plus de cela, et c’est peut-être le plus important, c’est quelqu’un de bien». Le Comité national démocrate n’est pas vraiment de cet avis: il demande son licenciement. Quant à l’ex-directeur de la CIA John McLaughlin, il a fait savoir, sur la chaîne MSNBC, que si un agent avait fait ce qui est reproché à Jared Kushner, cela «s’apparenterait à de l’espionnage».

En tandem avec son «ennemi», Stephen Bannon

Le controversé Stephen Bannon devrait épauler Jared Kushner au sein de la cellule de crise. Un choix qui surprend: les deux hommes ne cachent pas avoir quelques difficultés à s’entendre. Jared Kushner n’a pas ménagé ses efforts pour marginaliser le conseiller stratégique. Il y est en partie parvenu puisque Stephen Bannon a été écarté du Conseil de sécurité nationale.

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En réunissant les deux hommes, Donald Trump cherche-t-il à resserrer les rangs et donner l’impression d’une apparente unité au sein de son équipe pourtant divisée en deux clans? Il les avait déjà réunis pour les exhorter à ne plus exprimer publiquement leur animosité. Dernièrement, c’est Jared Kushner qui a eu droit à des remontrances. Comme le relève le New York Times, une vidéo montrant une sœur de Jared Kushner, active au sein de l’empire immobilier de la famille, a fortement déplu au président. En s’adressant à de potentiels investisseurs chinois pour un projet à Jersey City, elle est allée jusqu’à mentionner des facilitations au niveau des visas.

Les yeux rivés sur James Comey

Une première réunion de «crise» a eu lieu dimanche, à peine Donald Trump rentré de sa tournée à l’étranger. En présence de Marc Kasowitz, qui dirige l’équipe d’avocats de la Maison-Blanche. En plus de Jared Kushner et de Stephen Bannon, le secrétaire général Reince Priebus ferait également partie de la «war room».

Jared Kushner, qui assure ne rien avoir à se reprocher, se dit prêt à collaborer avec le Congrès pour évoquer sa rencontre avec l’ambassadeur Sergueï Kislyak. Mais c’est bien une autre audition, publique, qui est particulièrement attendue: celle de James Comey, le patron du FBI limogé début mai par Donald Trump. Avec cette question, cruciale: va-t-il confirmer avoir subi des pressions du président pour renoncer à enquêter?

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