Jean Claude de l’Estrac, accent sur l’économie

Il a commencé tôt. La candidature de Jean Claude de l’Estrac a été déposée par le gouvernement mauricien le 4 mars. Depuis, il mène campagne de manière moins tapageuse que Michaëlle Jean, mais à un rythme soutenu. Ancien journaliste, comme la Québécoise, il a pour lui d’avoir exercé plusieurs fonctions d’Etat, dont ministre des Affaires étrangères, ainsi que du Développement économique puis de l’Industrie. Surtout, il a été l’un des cocréateurs, et est à présent secrétaire général, de la Commission de l’océan Indien. Cette instance régionale lui donne une aura de médiateur supranational, démontrant des compétences jugées centrales par certains.

Dans son programme, Jean Claude de l’Estrac, 66 ans, met en avant l’économie. A ses yeux, après la coopération culturelle et la dimension politique, l’OIF devrait investir ce nouveau champ. Un discours qui séduit certains, mais qui inquiète des gouvernements soucieux d’éviter un éparpillement des activités. Jean Claude de l’Estrac souffrira sans doute du caractère isolé de Maurice sur la carte francophone. Il peut attirer les voix de l’Afrique de l’Est et de territoires minoritaires, mais il aura de la peine à s’imposer face aux pays d’Afrique de l’Ouest. Son gouvernement tente pourtant de retourner ce relatif inconvénient: lors du dépôt de la candidature, il insistait sur ce caractère de l’île Maurice, «trait d’union entre les mondes anglophone et francophone, entre l’Afrique, l’Orient et l’Occident».