Il est d’usage de respecter un délai de cinq ans avant d’entamer tout procès en béatification. Dans le cas de Karol Wojtyla (Jean-Paul II), il s’est ouvert deux mois après son décès. Cette rapidité s’explique par «l’imposante réputation de sainteté dont jouissait le pape Jean Paul II pendant sa vie, à sa mort et après sa mort», a indiqué le Vatican dans un communiqué.

Cette semaine, la commission des cardinaux et évêques membres de la Congrégation pour la Cause des saints avait approuvé le miracle nécessaire pour accéder à la béatification. Elle a reconnu «miraculeuse» la guérison d’une soeur française de la maladie de Parkinson, dont Jean Paul II, avait lui-même souffert.

Vendredi, le préfet de la congrégation pour la Cause des saints, Mgr Angelo Amato, reçu en audience, a fait part de cette décision au pape Benoît XVI. Ce dernier a aussitôt signé le décret reconnaissant le miracle et fixant la date de la cérémonie au Vatican, le second dimanche après Pâques.

Le chef historique du syndicat polonais Solidarité Lech Walesa, un catholique fervent, s’est déclaré vendredi «doublement heureux» après cette annonce.

«Notre pape a fait des choses grandioses. Sans lui, il n’y aurait pas eu de Solidarité en Pologne. C’est le pape polonais et Solidarnosc qui ont contribué en quelque sorte à faire disparaître au XXe siècle le communisme en Europe», a affirmé l’ancien président polonais et Prix Nobel de la paix.

Jean Paul II, pape durant 27 ans, est décédé le 2 avril 2005, à l’âge de 84 ans. Lors des obsèques, de très nombreux fidèles avaient crié: «Santo subito!» (»Saint tout de suite»). Une fois béatifié, il faudra toutefois qu’un second miracle soit attribué au pape polonais pour qu’il devienne saint.