États-Unis

Jeb Bush: rassembler le parti autour de lui

L’ancien gouverneur de Floride peut séduire une partie de l’électorat latino. La grande question est de savoir dans quelle mesure le mauvais bilan de la présidence de son frère George W. Bush va peser sur ses chances

Jeb Bush: rassembler le parti autour de lui

Il est longtemps resté discret, si l’on fait exception de sa brève apparition lors de la Convention républicaine de Tampa en août 2012 pour soutenir Mitt Romney. Jeb Bush, 61 ans, fils de George H. Bush et frère de «W.», sort désormais de l’ombre, laissant entendre qu’il convoitera la Maison-Blanche en 2016. La publication des courriels relatifs à l’époque où il était gouverneur de Floride, sa démission de plusieurs conseils d’administration et enfin sa promesse de publier une dizaine de déclarations d’impôts ont conforté ceux qui le voient déjà en position pour conquérir l’investiture républicaine dans deux ans. Mardi dernier, Jeb Bush a franchi un nouveau palier, lançant un comité d’action politique (PAC), Right to Rise. Il prend visiblement les autres candidats républicains potentiels de court et met déjà en place sa machine électorale.

Républicain conservateur, Jeb Bush bénéficie toujours d’une image positive en tant qu’ancien gouverneur. Bilingue anglais-espagnol, marié à une Hispanique, il peut séduire une partie de l’électorat latino qui a fortement soutenu le démocrate Barack Obama en 2008 et en 2012. En porte-à-faux avec les positions du Tea Party sur des questions comme l’immigration et l’éducation, voire le mariage gay, il aura la difficile tâche de réunir l’establishment et l’aile ultraconservatrice du parti.

Se démarquer du frère

Si certains élus du Tea Party tiennent des positions sans concession à l’égard des clandestins, Jeb Bush est plus ouvert. Pour lui, les immigrants illégaux manifestent en réalité leur «amour pour l’Amérique». Son premier défi sera de passer des primaires qui poussent les candidats à droitiser leur discours. Jeb Bush l’a lui-même admis. Il devrait «perdre les primaires pour gagner l’élection» présidentielle, qui se joue davantage au centre de l’échiquier politique.

La grande question qui interpelle les observateurs est de savoir dans quelle mesure le mauvais bilan de la présidence de son frère George W. Bush va peser sur ses chances de décrocher l’investiture républicaine et, le cas échéant, la présidence des Etats-Unis. Professeur de sciences politiques à l’Université Dartmouth, Brendan Nythan admet que ce facteur peut jouer en la défaveur de Jeb Bush, mais il nuance: «Avec le temps, les gens arrêtent de critiquer un président à la retraite et l’image de ce dernier tend à s’améliorer. Aussi, George W. Bush pourrait être moins un fardeau qu’on pourrait l’imaginer.»

Orateur moyen, sans charisme particulier, Jeb Bush devra trouver les arguments pour convaincre. Sans mandat politique depuis 2007, il pourrait aussi souffrir de sa proximité avec Wall Street alors qu’il semble articuler son discours autour de la classe moyenne. Proche de l’ex-secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, il devra prouver qu’il a une vision autonome de la politique étrangère américaine.

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