La fin du libéralisme?

Jeffrey Winters: «Nos démocraties libérales ont produit les sociétés les plus inégalitaires»

Pour l’auteur du livre «Oligarchy», les institutions démocratiques favorisent les plus aisés. Les 50 individus les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale

Le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin signe la défaite du communisme. Ne reste que le libéralisme triomphant. Trente ans plus tard, celui-ci fait face à une crise existentielle qui se manifeste par les inégalités, les populismes et le défi climatique.

Peut-on sauver le libéralisme? C’est le thème d’une série d’articles que nous proposons cette semaine.

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Jeffrey A. Winters étudie la question des inégalités depuis des années. Professeur à la Northwestern University à Chicago, il jette un regard critique sur l’attitude occidentale au lendemain de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. C’était une vision à très court terme, dit-il, de croire à l’époque en Occident que la démocratie, les droits humains, la prospérité et la liberté convergeaient tous dans un sens progressiste et que c’était un tournant. «C’était très naïf. Les problèmes que nous connaissons aujourd’hui avaient déjà commencé à se faire jour.»

Le Temps: En comparaison avec 1989, en quoi la situation a-t-elle changé?