Prunella Carrard, 29 ans, députée

Pour Prunella Carrard, entrée au PS en 2008, licenciée en Lettres, le parti va moins mal qu’il n’y paraît. Ou plutôt, après une longue décennie d’érosion continue, il serait désormais en rémission. Et ce malgré la débandade électorale de l’automne dernier et les récents échecs en votation. «S’il y a un décalage entre les résultats du parti et son réel état de santé, c’est parce que regagner la confiance des gens prend du temps et c’est encore plus long pour voir le résultat dans les urnes.» Mais pour la jeune femme, qui travaille provisoirement au secrétariat du parti, les signes positifs se multiplient. «J’émets l’hypothèse que le PS va mieux, car les nouvelles adhésions ont été beaucoup plus nombreuses en 2009 qu’en 2008, et la moitié d’entre elles proviennent de jeunes âgés de moins de 35 ans. La députation aussi a vu sa moyenne d’âge baisser considérablement. Preuve que les Verts n’ont pas l’apanage de la jeunesse.»

Malgré cet apport de sang neuf, l’élue qui a fondé la section d’Attac à l’Uni de Genève estime que la convalescence sera progressive: «Je ne suis pas sûre que l’on puisse espérer des résultats éclatants lors des échéances électorales de 2011.» Et elle ne se consolidera que si le parti «se décide à aller à la rencontre des gens et à se positionner clairement sur des thèmes qui le mettent mal à l’aise, comme la libre circulation ou la sécurité.»