Plus de trois semaines après avoir lancé leur offensive pour prendre cette ville kurde stratégique du nord syrien, les jihadistes de l’Etat islamique (EI) en ont pris 40% depuis lundi après s’être frayés un chemin vers sa périphérie nord, à près d’un km de la frontière turque. La progression de ce groupe radical responsable d’atrocités dans les vastes régions conquises en Syrie comme en Irak, n’a pu être freinée par les frappes de la coalition dirigée par les Etats-Unis, insuffisantes de l’aveu des responsables militaires américains, pour sauver la ville. Après des combats acharnés, les jihadistes ont réussi à chasser les combattants kurdes moins nombreux et moins bien armés de leur QG dans le nord de Kobané, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

«Ils ont pris le contrôle du’carré de sécurité’» abritant le complexe militaire des Unités de protection du peuple (YPG, principale milice kurde syrienne), le siège du conseil local de la ville, et la base des Assayech (forces de sécurité kurde) tombée jeudi, d’après l’ONG. Avec ce succès, ils se rapprochent encore plus du poste-frontière avec la Turquie, qu’ils cherchent à prendre pour assiéger totalement la ville, a-t-elle précisé. Ils avancent également des côtés sud et ouest de Kobané, connue également sous le nom arabe d’Aïn al-Arab. Selon une journaliste, le bruit des armes automatiques et des obus de mortier était audible depuis la frontière turque et d’épaisses fumées visibles au-dessus de la ville.