Le président américain Joe Biden s’en est pris mardi dans un discours vigoureux à l’opposition républicaine, qu’il a accusée de mener une «attaque contre la démocratie» en voulant «saper» le droit de vote.

«L’Amérique vit aujourd’hui […] une tentative de saper et supprimer le droit de vote», a-t-il dit, dénonçant une «attaque contre la démocratie, une attaque contre la liberté», dans un discours à Philadelphie. Il a évoqué «l’épreuve la plus importante pour notre démocratie depuis la guerre de Sécession», au XIXème siècle. Dans la ville où la Déclaration d’indépendance et la Constitution américaine ont vu le jour, le président démocrate a estimé que protéger l’accès au vote était «le défi de notre temps».

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Joe Biden a aussi étrillé son prédécesseur Donald Trump, qui continue sans aucune preuve à clamer que l’élection présidentielle de 2020 a été truquée: «Un grand mensonge… Ce n’est que ça: un grand mensonge», a dit le président.

Un discours attendu

L’accès au vote, un sujet qui traverse la vie politique américaine depuis les grands mouvements pour les droits civiques des années 1950 et 1960, est revenu sur le devant de la scène depuis cette élection présidentielle tumultueuse.

En toile de fond de ce discours très attendu par les militants des droits civiques, les législations électorales qui se multiplient dans les Etats sous contrôle républicain. Ces lois ou projets de loi, sous prétexte de lutter contre la fraude, ont pour effet de compliquer l’accès des minorités, et en particulier des Afro-américains, aux urnes.

Les républicains, plaidant la lutte contre la fraude, ont introduit dans plusieurs Etats qu’ils contrôlent des législations qui compliquent en pratique la participation électorale des minorités, notamment des Afro-Américains, lesquelles votent historiquement davantage pour les démocrates.

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Exemple au Texas: des dizaines d’élus démocrates ont quitté lundi en urgence leur Etat du sud des Etats-Unis afin d’empêcher l’adoption d’une loi électorale voulue par la majorité républicaine au parlement texan. Cette loi, à l’instar de législations déjà adoptées en Géorgie et en Floride, interdit par exemple le vote en «drive-in» – où l’électeur dépose son bulletin depuis la fenêtre de sa voiture – ou instaure de nombreuses restrictions aux horaires de vote et au vote par correspondance.

Face à ces initiatives, Joe Biden a appelé le Congrès à rétablir la «puissance initiale» d’une législation née du combat pour les droits civiques, le «Voting Rights Act» de 1965, peu à peu érodée en particulier par la jurisprudence de la Cour suprême américaine. Les sénateurs républicains bloquent toutefois jusqu’ici toute tentative législative en ce sens.