M. Biden, qui arrivait d’Ukraine où il a effectué une visite de deux jours, devait dîner mercredi avec le président géorgien, Mikheïl Saakachvili. Il le rencontrera de nouveau jeudi pour des entretiens avant de prononcer un discours devant le Parlement.

Une foule a salué M. Biden sur la route conduisant de l’aéroport à la capitale géorgienne, notamment sur l’avenue George W. Bush rebaptisée ainsi après la visite du précédent président américain dans cette ex-république soviétique en mai 2005.

Certains tenaient des drapeaux géorgiens et américains et des affiches où l’on pouvait lire: «Stop occupation», dans une allusion à la présence de forces armées russes dans la république séparatiste d’Ossétie du Sud, ou «Yes you can», en référence au slogan de campagne de Barack Obama («Yes we can»).

Dans son discours prononcé à la Maison de l’Ukraine à Kiev, Joe Biden a appelé le pays à réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, en soulignant que la liberté politique et économique de l’Ukraine en dépendait et a souhaité que les dirigeants ukrainiens mettent fin à leurs querelles.

L’Ukraine, qui importe la majeure partie de ses besoins énergétiques, notamment en gaz, de Russie, doit réduire sa dépendance des sources d’énergie étrangères et augmenter les prix intérieurs de l’énergie pour les aligner sur les prix du marché. Le pays utilise l’énergie de façon trois fois moins efficace» que les pays de l’Union européenne, a-t-il déploré, proposant une aide américaine pour contrer ce problème.

Souhait

Le dossier énergétique a occupé une place considérable dans les discussions de M. Biden avec les dirigeants ukrainiens, a indiqué mardi soir un haut responsable de l’administration américaine sous le couvert de l’anonymat. «Il a noté que si les Ukrainiens étaient capables d’atteindre le niveau de la Pologne en matière d’efficacité énergétique, ils seraient en mesure de baisser considérablement leur besoin d’importation de gaz», a aussi précisé ce responsable.

«On aimerait bien travailler avec l’Ukraine là-dessus. Si c’est fait, cela changera considérablement les relations de l’Ukraine avec la Russie», ponctuées actuellement de conflits réguliers notamment dans le secteur énergétique, a encore relevé le responsable.

Ces deux ex-républiques soviétiques pro-occidentales (Ukraine et Géorgie) aspirent à faire partie de l’Otan. Elles ont des rapports difficiles avec la Russie, qui voit d’un très mauvais œil les Etats-Unis et l’Alliance atlantique prendre pied dans son ancien pré carré.

Les tensions ont culminé lors de la guerre d’août 2008 entre la Russie et la Géorgie pour l’Ossétie du Sud, territoire qui a proclamé son indépendance de la Géorgie au début des années 1990.

Moscou a reconnu depuis l’indépendance de l’Ossétie et d’une autre région séparatiste de Géorgie, l’Abkhazie, et a signé des accords avec ces deux entités pour l’installation de bases militaires russes sur place.

Mise en garde

Dans un discours contrastant avec le ton consensuel traditionnellement employé par Washington à l’égard de Kiev, Joe Biden a aussi appelé les dirigeants à prendre conscience du moment historique que traverse l’Ukraine.

«Vous vous trouvez, littéralement, à un moment de l’histoire où vous n’avez jamais été auparavant, au sens propre», a déclaré Joe Biden. «Franchement, vos succès rejailliront sur les succès ou les échecs de nombreuses personnes dans cette partie du monde», a-t-il dit.

Les querelles au plus haut sommet de l’Etat ont plongé l’Ukraine dans une crise politique permanente depuis que la «révolution orange» a porté le pro-occidental Victor Iouchtchenko à la tête du pays en 2004.