Les deux hommes, le pouce levé, large sourire aux lèvres, sont côte à côte pour la première fois, à Carbis Bay en Cornouailles. C’est le premier voyage de Joe Biden hors des États-Unis. A l’issue de la rencontre, Boris Johnson déclare que l’administration Biden «est un souffle d’air frais». Le président américain évoque, lui, un «meeting très productif» et «un accueil britannique exemplaire». Alors que le monde commence à peine à se relever de la crise sanitaire mondiale, le moment est important. Symbolique, même, puisque les deux administrations ont décidé de signer une «nouvelle Charte de l’Atlantique». La version 2021 – «revitalisée» selon Biden – de la charte historique signée entre Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt 80 ans auparavant couvre huit domaines de coopération, parmi lesquels la défense de la démocratie, la sécurité collective, le changement climatique et la lutte contre les cyberattaques.

Une vision commune

Une vision globale commune avec deux objectifs bien distincts: Joe Biden veut resserrer les rangs autour de lui et reprendre, après la présidence Trump, sa place de chef de file des démocraties occidentales face à la Chine et à la Russie. Boris Johnson, qui s'apprête à présider le sommet du G7, veut faire du «Global Britain» un succès. «D’un point de vue symbolique, la charte reflète une nouvelle ère, explique Zeno Leoni, professeur au King’s College de Londres et spécialiste des relations internationales. Les États-Unis vont l’utiliser pour que le Royaume-Uni reste dans leur giron à une époque charnière, surtout face à la Chine et à l’attractivité de son économie pour Johnson dans un monde post-Brexit. Mais il ne faut pas confondre la relation entre les deux pays et celle entre les deux dirigeants.»