Le nouveau président américain Joe Biden s'est entretenu mardi avec son homologue russe Vladimir Poutine pour la première fois depuis son entrée à la Maison Blanche. Il a soulevé plusieurs dossiers au coeur de tensions entre les deux pays rivaux.

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«Il a appelé le président Poutine cet après-midi avec l'intention de discuter de notre volonté de prolonger pour cinq ans New Start», le traité de désarmement bilatéral qui expire début février, «mais aussi pour réaffirmer notre soutien ferme à la souveraineté de l'Ukraine face à l'agression persistante de la Russie», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki.

Préoccupation

Joe Biden a aussi fait part de sa préoccupation au sujet de «l'empoisonnement» d'Alexeï Navalny, l'opposant russe arrêté par Moscou le 17 janvier à son retour en Russie après une convalescence de cinq mois en Allemagne, ainsi que du «traitement des manifestants pacifiques par les forces de sécurité russes».

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Les pays du G7, dont les Etats-Unis, ont condamné mardi dans un communiqué commun la détention «politique» de cet opposant empoisonné fin août avec un agent neurotoxique, et réclamé sa «libération immédiate et inconditionnelle», ainsi que celle de ses partisans arrêtés samedi lors de manifestations dans toute la Russie.

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Cyberattaques

Parmi les sujets évoqués par M. Biden, selon sa porte-parole, figurent aussi les «ingérences dans l'élection de 2020» aux Etats-Unis, la récente cyberattaque géante contre des ministères américains imputée par Washington à Moscou et les informations, minimisées par son prédécesseur Donald Trump, selon lesquelles la Russie aurait payé des «primes» à des talibans pour tuer des soldats américains.

«Il avait aussi l'intention de dire clairement que les Etats-Unis agiront avec fermeté pour défendre nos intérêts nationaux face aux actes néfastes de la Russie», a ajouté Jen Psaki devant la presse.

«Normalisation» souhaitée

Vladimir Poutine a de son côté dit soutenir «une normalisation des relations» entre Washington et Moscou, qui selon lui «répondrait aux intérêts des deux pays mais aussi de ceux de toute la communauté internationale, étant donné leur responsabilité particulière dans le maintien de la sécurité et de la stabilité dans le monde», a rapporté la présidence russe.