Depuis qu’il est président, Joe Biden n’a pas perdu une seconde. Il voit les choses en grand. La campagne de vaccination bat son plein et fait des envieux. Il a pu faire adopter, au Congrès, son plan de relance à 1900 milliards de dollars pour panser les plaies économiques du covid. Et ces jours, il bataille pour un plan tout autant titanesque de modernisation des infrastructures  – 2000  milliards sur huit ans –, en promettant des «millions d’emplois, bien rémunérés». Impressionnant? Certes. Mais il y a l’envers de la médaille. 

Retour de balancier

D’abord, Joe Biden bénéficie d’un bon alignement des étoiles, avec un Congrès à majorité démocrate. Mais cette majorité, dans les deux Chambres, est fragile. Au Sénat par exemple, 50 élus sont démocrates et 50 républicains. En cas d’égalité, c’est la vice-présidente, la démocrate Kamala Harris, qui fait pencher la balance. Mais des décisions importantes se prennent à deux tiers des voix. Et le démocrate a beau être décrit comme habile en compromis et négociations, il aura du mal face aux capacités obtstructionnistes des républicains. Il a d’ailleurs déjà dû renoncer à une nomination.