L'essentiel

L’administration Biden créée la surprise en annonçant qu'elle accepte la levée des protections légales sur les vaccins anti-covid.

Ce jeudi matin, les hôpitaux universitaires de Suisse ont détaillé dans une conférence de presse les enseignements qu'ils ont tirés de la crise.

Depuis hier, la Suisse compte 1687 nouveaux cas de covid.

Retrouvez notre suivi de la journée de mercredi.


■ Macron veut booster la campagne vaccinale

Des piqûres pour tous les plus de 50 ans, et même sans limite d'âge quand il reste des doses disponibles: le président français a ouvert jeudi les vannes de la vaccination contre le Covid-19, dans l'espoir d'accélérer la campagne avant les prochaines étapes de réouverture du pays.

Prévue le 15 mai, l'ouverture aux 50 ans sans comorbidités sera avancée de cinq jours et débutera lundi 10 mai, a annoncé le chef de l'Etat, en inaugurant le premier grand vaccinodrome parisien, Porte de Versailles, qui fonctionnera 7 jours sur 7 et où l'objectif est de monter à 2 500 à 3 000 injections par jour.

Le président de la République a aussi assuré qu'à compter du 12 mai, les injections seront ouvertes aux plus de 18 ans lorsqu'un créneau est disponible la veille pour le lendemain sur les plateformes de prises de rendez-vous.


■ La Suède dépasse le million de cas

La Suède a dépassé jeudi la barre symbolique du million de cas détectés de Covid-19 alors que le pays, qui a mené une stratégie moins stricte contre le virus, est actuellement en deuxième position des nouvelles contaminations en Europe. Avec 1 002 121 cas de coronavirus enregistrés depuis le début de la pandémie, le pays scandinave se rapproche des 10% de la population ayant contracté le virus. Un niveau déjà franchi en Europe par une poignée de pays: Monténégro, République Tchèque, Slovénie et Luxembourg.

Avec un taux d'incidence proche de 700 nouveaux cas pour 100.000 habitants au cours des 14 derniers jours, la Suède est actuellement le pays avec le plus de nouveaux cas en Europe derrière Chypre, selon les données de l'OMS, même si la tendance est à une légère baisse. Malgré cette forte troisième vague en nombre de cas, la hausse du nombre de morts évolue nettement plus lentement ces dernières semaines, avec 156 décès au cours des sept derniers jours.


■ Découverte du premier indice permettant de prédire une évolution grave du covid

Des chercheurs de l'Université de Zurich ont identifié le premier indice fiable prédisant d'une évolution grave du coronavirus chez les personnes testées positives. Il s'agit du nombre de lymphocytes T cytotoxiques, une catégorie de globules blancs qui constituent une partie de la défense immunitaire précoce.

«Sur la base du nombre de lymphocytes T cytotoxiques présents dans le sang, on peut prédire d'une évolution aggravée ou non du Covid-19 avec une grande fiabilité et ce, dès l'hospitalisation», constate Burkhart Becher, professeur à l'Institut d'immunologie expérimentale, cité dans un communiqué diffusé jeudi par l'Université de Zurich.

En Suisse, les enseignements de l'étude n'auront toutefois un impact direct que si les services de soins intensifs devaient à nouveau atteindre leurs limites en termes de capacité, précise Burkhart Becher. Ils sont, en revanche, déterminants pour des pays comme l'Inde, dans lesquels la situation pandémique est très grave. Par ailleurs, les résultats de l'étude sont déjà appliqués dans les hôpitaux toulousains et nantais.


■ Des vaccins offerts aux sportifs pour faciliter la tenue des JO

Alors que l'accueil des JO de Tokyo continue d'inquiéter la population japonaise, les laboratoires Pfizer et BioNTech ont promis jeudi de donner des vaccins contre le Covid-19 aux participants, inégalement protégés pour l'heure selon les pays. Les deux entreprises, dont le vaccin domine les campagnes mondiales de vaccination, «se coordonneront avec les comités olympiques à travers le globe» pour organiser cette distribution, indiquent-elles dans un communiqué.

Le CIO a toujours exclu de rendre la vaccination obligatoire pour les Jeux (23 juillet-8 août), et même de réclamer une priorisation des sportifs difficilement justifiable sur le plan éthique, mais encourage depuis des mois un maximum de participants à se faire vacciner.


■ Poutine dit oui à la levée des brevets sur les vaccins

Le président russe Vladimir Poutine s'est dit jeudi favorable à l'idée de lever les brevets sur les vaccins contre le Covid-19, au lendemain d'une proposition en ce sens par les Etats-Unis afin d'accélérer la production et la distribution.

«Bien sûr, la Russie soutiendrait une telle approche», a affirmé l'homme fort de la Russie lors d'une réunion sur la pandémie retransmise à la télévision, demandant au gouvernement russe d'étudier cette éventualité.

Ces déclarations interviennent au moment même où la Russie a annoncé jeudi l'homologation d'une version «light» de son produit phare contre cette maladie, le Spoutnik V, qui s'administre en une seule dose au lieu de deux.


■ Aide humanitaire: un avion-cargo suisse vole vers l'Inde

Un avion-cargo a décollé jeudi de Zurich en direction de New Delhi avec plus de 13 tonnes de matériel médical, a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères dans un communiqué. La Suisse veut ainsi soutenir l'Inde dans sa lutte contre le coronavirus. L'avion embarque 600 concentrateurs d’oxygène, achetés sur le marché privé par l’Aide humanitaire de la Confédération, et 50 respirateurs destinés aux soins intensifs. Ces derniers ont été fournis par le Département fédéral de la défense (DDPS).

Ils proviennent d'achats effectués par la pharmacie de l'armée pour soutenir le système de santé suisse. Avant de les mettre à disposition, des vérifications ont été faites pour s’assurer que ces respirateurs n’étaient pas nécessaires en Suisse. L’aide envoyée comprend également des sacs mortuaires. Le coût total de cette livraison est d'environ 3 millions de francs. Une large partie de cette somme est prise en charge par le DDPS qui a offert les respirateurs, tandis que l’Aide humanitaire de la Confédération, rattachée au DFAE, a pris en charge l'achat du reste du matériel est les coûts de transport.


■ Dépistage maousse dans un collège neuchâtelois

Près de 400 élèves du collège des Parcs à Neuchâtel, et une cinquantaine d'adultes y travaillant, seront testés entre jeudi après-midi et vendredi matin par voie salivaire. Plusieurs enfants fréquentant l'établissement se sont avérés positifs au Covid-19.

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Deux classes ont déjà été mises en quarantaine, a indiqué le canton de Neuchâtel. Le dépistage sur tous les élèves, enseignants et personnel administratif et technique du collège vise à prévenir «toute flambée épidémique», a-t-il ajouté.


■ L'exécutif vaudois approuve le plan de sortie de crise du Conseil fédéral

Le gouvernement vaudois a donné jeudi sa réponse à la consultation fédérale Covid-19 sur le plan d'action en trois étapes, annoncé le 21 avril et mis en consultation jusqu'au 10 mai. Il adhère dans l'ensemble au modèle des trois phases et salue la volonté du Conseil fédéral de donner de la visibilité aux organisateurs de manifestations. Il souhaite par ailleurs que «les importants progrès réalisés dans la vaccination» garantissent l'ouverture anticipée dès fin mai des établissements publics, notamment les restaurants.

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En revanche, il est opposé à la reprise complète de l'enseignement présentiel dans les universités et les hautes écoles s'il doit être conditionné à des tests réguliers des étudiants, alors que cette mesure s'appliquerait à la fin de mai, soit une dizaine de jours avant la fin des cours.

Le gouvernement incite enfin la Confédération à développer très rapidement un passeport Covid unique infalsifiable. Celui-ci devra attester de la vaccination de son titulaire (ou de son immunité), afin de faciliter l'entrée aux grandes manifestations.


■ 1687 nouveaux cas en Suisse

La Suisse compte jeudi 1687 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). On déplore 41 décès supplémentaires et 77 malades ont été hospitalisés.

  • Durant les dernières 24 heures, les résultats de 27 680 tests ont été transmis.
  • Le taux de positivité s'élève à 6,09%.
  • Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d'infections est de 23 793, soit 275,23 nouvelles infections pour 100 000 habitants.
  • Le taux de reproduction, qui a un délai d'une dizaine de jours, est lui de 0,93.
  • Les patients Covid-19 occupent 25% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d'occupation est de 75,80%.

■ Tout est bon pour inciter les Américains à se faire vacciner

Une bière, un gâteau, des fleurs et même de l'argent: aux Etats-Unis, les initiatives publiques et privées se multiplient pour convaincre les indécis de se faire vacciner contre le Covid-19.

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Par ailleurs, dans un pays où les salariés sont loin d'avoir tous accès à des congés payés, plus d'un millier d'entreprises garantissent désormais à leurs employés des périodes d'absences rémunérées pour aller se faire vacciner, a souligné Andy Slavitt, conseiller de la Maison Blanche pour la lutte contre le covid. Fin avril, l'administration Biden avait annoncé des crédits d'impôt pour les petites et moyennes entreprises accordant un congé payé à leurs salariés pour recevoir leur injection et se remettre d'éventuels effets secondaires.


■ Brevets: une décision américaine saluée en Afrique

La position américaine pour une levée des brevets sur les vaccins anti-Covid constitue «une expression remarquable de leadership et un développement très important», a déclaré jeudi John Nkengasong, le directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies du continent (Africa CDC), qui dépend de l'Union africaine (UA).

«L'histoire se souviendra de la décision prise par le gouvernement américain comme étant la bonne chose au bon moment pour combattre ce défi terrible, sans précédent dans notre histoire contemporaine», a-t-il estimé.


■ Vaud lance la campagne «#jemevaccine» 

Une campagne de communication baptisée «#jemevaccine» démarre aujourd’hui sur l’ensemble du territoire vaudois. Par le biais d’annonces dans les médias, d’affiches, de supports traditionnels et numériques via les réseaux sociaux, toutes les personnes de 18 ans et plus sont invitées à se faire vacciner.

Plus le nombre de Vaudoises et de Vaudois vaccinés augmentera rapidement, plus vite des assouplissements puis un retour à une vie normale pourront être envisagés, soulignent les autorités du canton dans un communiqué.


■ La Suisse disposera de suffisamment de doses en 2022

Suffisamment de doses de vaccin contre le Covid-19 sont garanties pour 2022. La Confédération a signé un nouveau contrat avec Moderna en ce sens. Sept millions de doses seront livrées dans les premiers mois de l'année. Sept autres millions pourront être achetés le reste de l'année. Grâce à ce nouveau contrat, la Suisse sera bien équipée face aux mutations du virus, a indiqué jeudi l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans un communiqué.

Pour en savoir plus: La Suisse achète de nouvelles doses à Moderna

Moderna travaille en effet actuellement sur un vaccin de rappel qui agit aussi contre les variants. Ce nouveau produit devra toutefois être examiné et autorisé par Swissmedic avant d'être mis sur le marché.

La Suisse dispose déjà en 2021 de suffisamment de doses, y compris pour vacciner les enfants et les adolescents, pour autant que les produits concernés soient autorisés pour ces groupes, précise l'OFSP.


■ La restriction des manifestations viole la Constitution fédérale

Le Tribunal administratif du canton de Zurich juge disproportionnée l'interdiction des rassemblements de plus de 15 personnes dans les espaces publics. Cette restriction, introduite par le gouvernement zurichois pour lutter contre le coronavirus et qui était en vigueur jusqu'au 18 avril, viole la Constitution fédérale.

Dans son jugement publié ce jour, le Tribunal administratif a ainsi donné raison à neuf personnes qui avaient fait opposition aux restrictions imposées par le gouvernement zurichois. Depuis le 18 avril, le nombre maximal de participants à un rassemblement est passé à 100.


■ Brevets des vaccins: l'Allemagne, «ouverte à la discussion», lance une pique aux Etats-Unis

L'Allemagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas, s'est également déclarée «ouverte» à la «discussion» sur le sujet. «C'est une question que nous devons nous poser car il s'agit de mettre fin à cette pandémie», a-t-il ajouté.

Le ministre allemand de la Santé Jens Spahn a toutefois adressé une pique aux Américains: les pays où sont produits les vaccins doivent être prêts «à les exporter également vers d'autres pays», a-t-il lancé, alors que les Etats-Unis ont ces derniers mois refusé d'exporter des doses produites aux Etats-Unis.


■ Emmanuel Macron «tout à fait favorable» à la levée des brevets

Emmanuel Macron s'est dit jeudi «tout à fait favorable à ce que la propriété intellectuelle soit levée» sur les vaccins, au lendemain de l'annonce en ce sens par le président américain Joe Biden.

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«Oui nous devons évidemment faire de ce vaccin un bien public mondial», a ajouté le chef de l'Etat en inaugurant le premier grand vaccinodrome à Paris, tout en soulignant que la priorité à court terme était «le don de doses» et «de produire en partenariat avec les pays les plus pauvres».


■ En France, des restaurateurs attaquent l'assureur Axa en justice

Le Syndicat des Indépendants (SDI) a annoncé jeudi assigner l'assureur Axa en justice pour le compte d'une dizaine de ses adhérents devant plusieurs tribunaux, estimant qu'au total 15 000 restaurateurs et autres professionnels (dont des bars, hôtels, salles de sport, discothèques et spas) pourraient tenter d'obtenir réparation de leurs pertes dues au Covid-19. Les deux tiers de ceux qui ont déjà fait la démarche ont eu gain de cause en première instance, forçant l'assureur à les indemniser, selon l'avocat Guillaume Aksil.

Ces entreprises détiennent un contrat standard de l'assureur qui garantit les pertes d'exploitation dues à une fermeture administrative consécutive à une épidémie. Depuis un an, Axa invoque, pour justifier son refus d'indemniser ses assurés, une clause de ce contrat qui exclut cette garantie «lorsqu'au moins un autre établissement» du même département a fait l'objet d'une «fermeture administrative pour une cause identique».


■ Des ONG interpellent la Suisse sur la question des brevets

Dans l'immédiat, la Suisse n'a pas réagi à la décision américaine de suspendre provisoirement la propriété intellectuelle pour les vaccins et technologies contre le coronavirus. L'ambassadeur suisse à l'OMC Didier Chambovey a expliqué à plusieurs reprises que Berne préférait des licences volontaires attribuées par les entreprises elles-mêmes. Il ne faut pas dissuader l'innovation, selon lui.

Après l'annonce américaine, plusieurs ONG ou observateurs en appellent directement à la Suisse. Avec l'UE, le Brésil, le Japon, la Grande-Bretagne, le Canada, l'Australie ou la Norvège, elle «doit oeuvrer maintenant», a notamment affirmé la directrice de Médecins Sans Frontières (MSF) aux Etats-Unis. Elle «doit décider de mettre la santé des populations avant les bénéfices pharmaceutiques».


■ Les hôpitaux disent avoir atteint leurs limites

Les directeurs des cinq hôpitaux universitaires de Suisse ont tenu une conférence de presse ce jeudi. Ils ont fait le bilan d'une année marquée par le coronavirus, et ont déclaré qu'ils avaient atteint les limites de leurs ressources, aussi bien humaines que financières. Les cinq directeurs ont aussi unanimement salué la collaboration étroite qui s'est mise en place entre leurs établissements, et qui s'est illustrée entre autres avec le transfert de patients. Ils ont souligné qu'ils étaient également un pilier important de la stratégie de vaccination, avec notamment la création de centres à cet effet.

En 2020, les cinq hôpitaux universitaires ont pris en charge un total de 8153 patients Covid en soins stationnaires, soit environ 40% des 19 500 cas pris en charge en Suisse. 1295 patients ont été admis en unités de soins intensifs, dont 922 ont été placés sous assistance respiratoire.

Mais la crise a alourdi significativement la charge des hôpitaux universitaires. Les cantons ont contribué à hauteur de 357 millions de francs pour amortir la perte de revenus et les dépenses supplémentaires. Malgré ces aides, la perte se monte au final à 86 millions de francs. Bertrand Levrat, directeur des Hôpitaux universitaires de Genève, a en outre rappelé que les coûts liés à la pandémie n'étaient pas terminés et se poursuivaient en 2021. Il a également soulevé la question des réserves des assureurs maladie (environ 11 milliards), faisant part de son «incompréhension» qu'elles ne soient pas mises à contribution pour éponger les coûts de la crise.


■ La France ouvre la vaccination à des jeunes

Le ministère français de la Santé annonce que la vaccination contre le Covid-19 est désormais ouverte aux mineurs de 16 et 17 ans atteints de certaines maladies qui leur font courir un «très haut risque de forme grave». Ils pourront recevoir le vaccin de Pfizer/BioNTech, le seul autorisé à ce stade pour les 16-17 ans.


■ Thomas Cueni: «Il n'y aura pas plus de vaccins»

Le Suisse Thomas Cueni, président de la Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique (Ifpma), réaffirme sa position dans la polémique croissante autour des protections légales des vaccins: «Supprimer les brevets ou imposer une suspension ne produirait pas une seule dose [de vaccin] de plus. C'est avant tout une question de savoir-faire.»


■ L'UE «prête à discuter» des brevets

L'Union européenne se dit «prête à discuter» d'une levée des brevets, indique à l'instant Ursula von der Leyen, citée par l'AFP. Jusqu'à présent, l'UE ne s'y disait pas favorable, arguant que cette solution prendrait du temps, faute de moyens de production immédiatement mobilisables.

«L'UE est prête à discuter de toute proposition qui s'attaquerait à la crise de façon efficace et pragmatique. Nous sommes prêts à discuter de la façon dont la proposition américaine peut permettre d'atteindre cet objectif», indique la présidente de la commission. Elle appelle «dans l'immédiat» tous les pays producteurs de vaccins «à autoriser les exportations».


■ En Belgique, les autotests ne démarrent pas vraiment

Les autotests ont aussi été massivement déployés en Belgique – mais là, ils sont payants. Le Soir (article payant) relève ce jeudi matin que «la ruée n'a pas eu lieu». On compte 400 000 achats de kits de tests.

«On ne peut pas vraiment parler d’un succès», glisse le président du syndicat des pharmaciens, Alain Chaspierre. Lequel signale que le message sur l'usage des tests est bien passé – que pour des cas de doute personnel, avant de voir des proches –, ce qui expliquerait, en fait, la modestie du démarrage.


■ Washington ulcère la pharma en parlant de levée des brevets

Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi, qu'ils étaient favorables à la levée des brevets sur les vaccins anti-Covid, une prise de position exceptionnelle. «Il s'agit d'une crise sanitaire mondiale, et les circonstances extraordinaires de la pandémie du Covid-19 appellent à des mesures extraordinaires», a souligné la représentante américaine au Commerce Katherine Tai, soulignant l'urgence de la situation.

Le patron de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué une «décision historique».

«L'administration croit fermement aux protections de la propriété intellectuelle, mais pour mettre fin à cette pandémie, elle soutient la levée» des brevets sur les vaccins anti-Covid, a justifié Katherine Tai, précisant que Washington participait «activement» aux négociations menées à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour permettre la levée de ces brevets. De son côté, la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a «accueilli chaleureusement» l'annonce américaine. Elle a encouragé l'Inde et l'Afrique du sud, à l'origine de la proposition, à présenter rapidement un texte révisé.

Pour l'heure, les brevets sont détenus essentiellement par des laboratoires américains qui sont globalement opposés à leur levée car cela les priverait, selon eux, d'une manne financière pour des innovations coûteuses.

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La Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique a jugé «décevante» cette annonce. «Nous sommes totalement en phase avec l'objectif que les vaccins anti-Covid 19 soient rapidement et équitablement partagés dans le monde. Mais comme nous n'avons de cesse de le dire, une suspension est la réponse simple mais fausse à un problème complexe», a-t-elle expliqué.

Stephen Ubl, le président de la fédération américaine, a souligné que cette décision pourrait ainsi «affaiblir davantage les chaînes d'approvisionnement déjà tendues et favoriser la prolifération des vaccins contrefaits». Selon lui, il faut plutôt s'attaquer au problème de la distribution et de la disponibilité «limitée» des matières premières.