«Cette semaine, les Etats-Unis infligeront de nouvelles sanctions aux auteurs de violences contre des manifestants pacifiques» en Iran, a fait savoir Joe Biden, lundi dans un communiqué. Washington avait déjà annoncé le 22 septembre une salve de sanctions visant la police des moeurs iranienne et plusieurs responsables de la sécurité.

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Le président américain se dit «gravement préoccupé par les informations sur la répression toujours plus violente contre des manifestants en Iran, y compris des étudiants et des femmes» et promet: «Les Etats-Unis sont aux côtés des femmes iraniennes et de tous les citoyens iraniens dont le courage est une inspiration pour le monde.»

De violents affrontements ont éclaté entre étudiants et forces de sécurité dans une grande université de Téhéran, plus de deux semaines après le début des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini, ont indiqué lundi des médias d'Etat et des ONG. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé lundi les ennemis jurés que sont les Etats-Unis et Israël d'avoir fomenté ce mouvement de contestation antigouvernemental.

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Sanctions et négociations sont comptabibles, selon Washington

Les Etats-Unis sont «alarmés et révoltés» par la répression exercée par les autorités iraniennes contre des manifestations étudiantes, avait auparavant dit la porte-parole de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre.

«La manière dont le gouvernement iranien traite les femmes et cette violente répression de manifestations pacifiques (...) sont justement le genre de comportements qui poussent les jeunes Iraniens talentueux à quitter leur pays par milliers en quête de dignité et de perspectives», a encore dit la porte-parole de Joe Biden.

Karine Jean-Pierre a toutefois estimé que les Etats-Unis pouvaient d'une part condamner cette répression, et de l'autre poursuivre les négociations pour tenter de ressusciter l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien.

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Cet accord est «la meilleure manière selon nous d'aborder le problème nucléaire», a-t-elle assuré. «Tant que nous estimerons que poursuivre (ces) discussions est dans l'intérêt de la sécurité nationale des Etats-Unis, nous le ferons.» «Au plus fort de la Guerre froide, quand le président Reagan appelait l'Union soviétique 'l'empire du mal', il menait également des négociations de contrôle des armements» avec les Russes, a-t-elle justifié.