L’essentiel

Pour son premier jour entier en fonction, Joe Biden a signé une dizaine de décrets pour tenter d'endiguer la pandémie de coronavirus, qui pourrait avoir fait un demi-million de morts aux Etats-Unis «dès le mois prochain». Une quarantaine, ainsi qu'un test négatif sont désormais obligatoires pour les personnes arrivant en avion dans le pays.

Il y aura bien un procès en destitution devant le Sénat, même si Donald Trump n'est plus en fonction, mais la démocrate Nancy Pelosi s'est refusé à dire exactement quand il débuterait, assurant seulement que ce serait «bientôt». 

Le médecin et responsable fédéral Anthony Fauci a assuré l’OMS du nouveau soutien des Etats-Unis, y compris financier.

Mercredi après son investiture, Joe Biden a immédiatement signé plusieurs décrets, entérinant notamment le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris et imposant le port du masque dans les bâtiments fédéraux.

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■ Facebook saisit son conseil de surveillance pour la première fois au sujet de Donald Trump

Facebook a demandé à son conseil de surveillance indépendant de déterminer si la suspension indéfinie de Donald Trump de la plateforme était justifiée ou non, deux semaines après les émeutes du Capitole et la décision sans précédent du géant californien.

Le conseil a accepté de se saisir de ce dossier brûlant. Ses membres peuvent approuver le blocage du compte pour une durée indéterminée, ou imposer à Facebook de laisser revenir le milliardaire républicain. Le profil de Donald Trump va rester suspendu le temps que le conseil rende sa décision, ce qui peut prendre jusqu'à 90 jours.

Facebook espère que le conseil des sages, qui est entré en fonctions début décembre, sera d'accord avec la mesure controversée. Le projet d'une sorte de «Cour suprême», ayant le dernier mot sur les contenus controversés sur Facebook et Instagram, avait été annoncé fin 2019 par Mark Zuckerberg.

Ses recommandations sont contraignantes.


■ Washington veut prolonger un traité de désarmement avec Moscou

La Maison-Blanche a indiqué qu'elle voulait prolonger de cinq ans le traité-clé de désarmement nucléaire New Start entre les Etats-Unis et la Russie, à quelques jours de son expiration, début février. Le président a parallèlement demandé aux services de renseignement américains «un examen global» de la récente cyberattaque imputée à Moscou, d'éventuelles «ingérences» dans les élections et sur «l'utilisation d'armes chimiques contre le leader de l'opposition Alexeï Navalny», a précisé Jen Psaki, porte-parole de Joe Biden.


■ Nouvelle attitude en conférence de presse

Le docteur Anthony Fauci, qui est souvent apparu en salle de presse aux côtés de Donald Trump, surtout dans les premiers moments de la crise sanitaire, est à nouveau derrière le podium. Il se décrit un sentiment «libérateur» de pouvoir à nouveau parler de manière scientifique, et note une autre différence: «Une des choses nouvelles au sein de cette administration, c'est que si vous ne savez pas la réponse à une question, vous n'essayez pas de deviner. Vous dites juste que vous ne savez pas la réponse.»


■ Coronavirus: «L’aide est en route»

Joe Biden a commencé la présentation de sa stratégie de lutte contre le Covid-19 par un constat critique envers son prédécesseur: «jusqu’ici, on ne pouvait pas se fier au gouvernement fédéral pour qu’il agisse avec l’urgence et la coordination nécessaire».

«Notre stratégie se fonde la science pas la politique, sur la vérité pas sur le déni», a-t-il lancé.

En signant une série de dix décrets, il a annoncé que toute personne arrivant par avion aux Etats-Unis depuis un autre pays devrait «se faire tester avant de partir» et «observer une quarantaine à son arrivée», en raison des nouveaux variants du virus. Il a répété son objectif de 100 millions d’injections au cours de ses 100 premiers jours en fonction.

La situation va continuer à s’aggraver avant de s’améliorer

Joe Biden

Le président a toutefois demandé à la population de faire preuve de discipline et de patience. Il a rappelé que le virus qui fait actuellement rage ne pourrait être stoppé net. Selon lui, le nombre de morts, qui vient de franchir la barre des 400 000, pourrait dépasser les 500 000 dès «le mois prochain».


■ Le docteur Anthony Fauci a reçu deux doses du vaccin

Le docteur Fauci, épidémiologiste et conseiller de Joe Biden au sujet de la pandémie a indiqué qu’il avait reçu sa seconde injection de vaccin la veille de l’investiture, le 19 janvier. Il a précisé qu’il s’était senti «fatigué» pendant 24 heures et avait ressenti «quelques douleurs», sans toutefois être «malade».


■ 75 000 dollars pour retrouver le poseur de bombes du 6 janvier

Le FBI a augmenté à 75 000 dollars sa prime pour toute information aidant à identifier l’individu ayant placé deux bombes artisanales lors de l’assaut sur le Capitole. Cette personne, que l’on peut voir sur une vidéo de surveillance vêtue d’un sweat à capuche gris et portant des gants, le visage caché par un masque, aurait placé les engins à l’extérieur des bâtiments abritant les bureaux des partis démocrate et républicain, près du Capitole.

Les bombes n’ont pas explosé, mais ont été considérées comme étant le signe d’une possible planification de l’assaut et de la gravité de la menace contre le Capitole de la part des partisans du président d’alors, Donald Trump. Des analystes, dont l’ancien chef de la police du Capitole, soupçonnent ces engins d’avoir été mis au point pour servir de diversion, afin d’éloigner les forces de l’ordre pour que les assaillants puissent envahir le Capitole.


■ Retour à l’OMS: soupir de soulagement international

La communauté internationale a poussé un soupir de soulagement jeudi quand Washington, prenant le contre-pied du président sortant Donald Trump, s’est engagé à renouer avec l’OMS et à participer à la réponse internationale à la pandémie.

Prenant le contrepied du président sortant, l’administration Biden s’est engagée à renouer avec l’Organisation mondiale de la santé. Cette dernière «est à nouveau au complet», a déclaré Ilona Kickbusch, de l’Institut des hautes études internationales et du développement à Genève.

Tout le monde voulait que les Etats-Unis reviennent

Ilona Kickbusch

L’immunologue Anthony Fauci a indiqué que les Etats-Unis étaient prêts à travailler «en partenariat et de façon solidaire pour soutenir la réponse internationale au Covid-19». «C’est un grand jour pour l’OMS et un grand jour pour la santé mondiale», lui a répondu le chef de l’OMS.

Résumant le sentiment général, l’ambassadeur britannique Julian Braithwaite a salué la décision américaine de «rejoindre la famille des nations qui se sont engagées à travailler ensemble» à l’OMS et de soutenir la lutte contre cette pandémie, «le plus grand défi de notre temps».


■ En images: la fête est finie à Washington


■ Le procès de Donald Trump aura lieu, mais quand?

Nancy Pelosi, la cheffe de file de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, qui a s’est prononcée l'«impeachment» de Donald Trump la semaine dernière, a confirmé qu’elle allait transmettre sous peu les documents relatifs à la procédure de destitution au Sénat, qui devra ensuite organiser le procès de l’ancien président. Elle a rejeté l’idée, qu’au nom de l'«unité» prônée par Joe Biden, il valait mieux passer à autre chose. Selon elle, renoncer à un procès, «juste parce que [Donald Trump] est parti», équivaudrait à donner un blanc-seing à tout président pour les derniers mois de son mandat. Nancy Pelosi est toutefois restée vague sur le calendrier de ce procès, se contentant d’affirmer: «ce sera bientôt, ce ne sera pas long».


■ L’intensité de ce début d’année résumé en trois unes

Le journaliste Gareth M. Graff a publié une photo de trois éditions du New York Times, celles des derniers jeudis. Trois unes qui montrent à quel point l’actualité a été chargée à Washington ces dernières semaines, entre l’attaque du Capitole, l'«impeachment» de Donald Trump par la Chambre des représentants et l’investiture de Joe Biden.


■ Le vélo d’appartement de Joe Biden, une menace?

Agé de 78 ans, Joe Biden aime faire de l’exercice tous les matins, en utilisant notamment un vélo d’appartement de la marque Peloton. Le problème, relève le magazine Popular Mechanics, c’est qu’il s’agit d’un vélo de fitness connecté, équipé d’un micro et d’une caméra, permettant de faire des séances d’entraînement interactives en groupe et à distance. Or, tout appareil disposant d’une connexion à internet peut théoriquement être piraté et donc présenter un risque de sécurité. Le problème peut évidemment être résolu en enlevant la caméra et le micro, comme l’a fait Michelle Obama. Mais cette option en ferait un simple «vélo ennuyeux», note le magazine.


■ Un instantané: messe virtuelle pour le président


■ Certains pensent déjà à 2024

Mike Pompeo, ancien secrétaire d’Etat, fidèle parmi les fidèles à Donald Trump, vient de tweeter le nombre de jours qui séparent les Etats-Unis de la prochaine élection présidentielle de 2024. L’expression d’ambitions personnelles?


■ Angela Merkel est confiante

Angela Merkel qui occupe le poste de chancelière depuis 2005, quand George W. Bush était président des Etats-Unis, a assuré disposer d’un «éventail d’accords beaucoup plus large» avec Joe Biden qu’avec Donald Trump.

Si vous regardez simplement les décrets qui ont été signés hier, vous pouvez voir que nous pouvons travailler ensemble à nouveau

Angela Merkel

Si une entente est envisageable sur des domaines comme le climat ou l’immigration, la chancelière a toutefois rappelé qu’il ne fallait pas s’attendre à un consensus sur tous les sujets. «On dit partout, à juste titre, que l’Europe devra assumer davantage de responsabilités, non seulement sur le plan militaire, mais aussi sur le plan diplomatique et dans de nombreux autres domaines, mais la bonne nouvelle, c’est que nous, en Allemagne, sommes prêts à le faire et que l’Union européenne l’est aussi», a-t-elle ajouté.

Parmi les points de désaccord appelés à persister avec la nouvelle administration, la chancelière a mentionné le projet controversé de gazoduc Nord Stream 2, qui va acheminer du gaz russe vers l’Allemagne et l’Europe, auquel sont opposés tant démocrates et que républicains américains.


■ «Day one»: le magazine «Time» brosse le tableau


■ La nouvelle présidence assure l’OMS de son soutien

Pas de perte de temps. L’immunologue Anthony Fauci participe à une séance du conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé, instance que Donald Trump n’a cessé de fustiger depuis le début de la pandémie de Covid-19.

La nouvelle administration américaine remercie l’OMS pour son rôle de chef de file dans la lutte contre la pandémie. Les Etats-Unis ont «l’intention de remplir leurs obligations financières envers l’organisation», déclare Anthony Fauci. Ils s’associeront au programme global de vaccin Covax.


■ La Chine appelle Joe Biden à choyer «l’unité»

La Chine félicite ce jeudi Joe Biden pour son investiture à la présidence des Etats-Unis et paraphrasé son discours pour en appeler également à «l’unité» dans la relation entre les deux puissances.

«J’ai remarqué que le président Biden avait à plusieurs reprises dans son discours insisté sur le mot «unité». Je pense que c’est exactement ce dont nous avons besoin actuellement dans la relation sino-américaine», a déclaré devant la presse la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.


■ Après Wall Street, la bourse de Tokyo sourit

La bourse de Tokyo est à la hausse ce jeudi, emmenée par la place américaine. L’indice Nikkei a progressé de 0,82% à 28.756,86 points tandis que l’indice élargi Topix a pris 0,6% à 1.860,64 points.

Les grands indices de Wall Street ont atteint mercredi de nouveaux records, le moral des investisseurs américains étant au beau fixe avec la perspective d’un nouveau plan de relance massif aux Etats-Unis et plusieurs bons résultats d’entreprises. Les indices Dow Jones Industrial Average (+ 0,83%), Nasdaq (+1,97%) et S&P 500 (+1,39%) ont tous battu leurs précédents records, qui dataient du 8 janvier.


■ Une cérémonie qui fait la Une en Inde


■ Taïwan invité pour la première fois depuis 1979 à l’investiture

La représentante de Taïwan aux Etats-Unis, Hsiao Bi-khim, a été officiellement invitée à la cérémonie d’investiture du nouveau président américain, ce que Taipei a présenté jeudi comme une première depuis que Washington a choisi en 1979 de reconnaître Pékin. Elle a posté une vidéo d’elle, mercredi, en se disant «honorée de représenter le peuple et le gouvernement de Taïwan».


■ Des instantanés de la soirée:

La soirée s’est achevée sur «Firework» de Katy Perry, que l’artiste a entonné alors que le ciel de Washington était éclairé d’un feu d’artifice.


■ Une vague d’optimisme chez les alliés traditionnels des Etats-Unis et de scepticisme de leurs rivaux

Félicitant Joe Biden et Kamala Harris, la chancelière allemande Angel Merkel a «hâte (d’ouvrir) un nouveau chapitre de l’amitié et de la coopération germano-américaines», quand le premier ministre italien Giuseppe Conte a salué «un grand jour pour la démocratie, dont l’importance dépasse les frontières américaines»

«C’est tous ensemble que nous pourrons changer la donne climatique en agissant pour notre planète», a commenté le président français Emmanuel Macron, saluant la décision de son homologue américain de retourner dans l’Accord de Paris sur le climat.

Téhéran a, de son côté, salué le départ du «tyran» Donald Trump, jugeant que «la balle est dans le camp» de Joe Biden en vue d’un éventuel retour de Washington dans l’accord sur le nucléaire iranien. Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a demandé à la nouvelle administration américaine de surmonter ce qu’il a appelé une «diabolisation» du chavisme et de «tourner la page» à «tant de mensonge […] après quatre ans de cruauté trumpiste». «Trump s’en va, mais l’empire reste», a-t-il cependant déclaré. Le président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro s’est, lui, dit «prêt à travailler à la prospérité de nos nations et au bien-être de nos concitoyens».


■ Le gouvernement mexicain salue la suspension de la construction du mur

«Le Mexique salue la fin de la construction du mur» à sa frontière avec les Etats-Unis décrétée par le nouveau président américain Joe Biden, et «un chemin vers la double citoyenneté «, a tweeté le ministre des Affaires étrangères mexicain Marcelo Ebrard.


■ Justin Timberlake a chanté pour «Celebrating America»

Le comédien américain Tom Hanks a animé une émission spéciale, diffusée simultanément sur toutes les grandes chaînes américaines, au soir de l’investiture de Joe Biden, avec des invités musicaux comme Jon Bon Jovi ou Justin Timberlake. Le programme se voulait un «hommage aux hommes et femmes de ce pays qui lui ont donné de la force et l’ont fait tourner en ces temps difficiles», a expliqué le comédien oscarisé Tom Hanks.


■ Justin Trudeau, le premier échange avec un dirigeant étranger de Joe Biden

Le président américain Joe Biden aura, vendredi, un entretien téléphonique avec le premier ministre canadien Justin Trudeau pour son premier échange avec un dirigeant étranger, a annoncé la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki.

Les deux dirigeants vont discuter de la décision de Joe Biden de bloquer le projet controversé d’oléoduc Keystone XL. Ce projet, soutenu par Ottawa mais critiqué par les écologistes, avait été lancé en 2008, annulé une première fois par Barack Obama pour des raisons environnementales puis remis sur les rails par Donald Trump pour des raisons économiques.


■ La directrice du renseignement confirmée par le Sénat

Le Sénat a confirmé, mercredi, à une très large majorité (84 pour, 10 contre) la nomination de la directrice du Renseignement américain (DNI) Avril Haines, première membre de l’administration Biden a être adoubée par la chambre haute.

Ancienne numéro deux de la CIA, elle supervisera et coordonnera les activités de la CIA, de la NSA et de quinze autres agences de renseignement. Lors de son audition devant une commission sénatoriale, mardi, Avril Haines avait promis de rester apolitique et de rétablir la confiance dans les services de renseignement extérieurs, cibles fréquentes de Donald Trump au cours de son mandat.


■ Le bilan des morts du Covid dépasse celui des soldats américains tués à la Seconde guerre mondiale

La première puissance mondiale déplore 405 400 décès depuis le début de la pandémie, soit davantage que le nombre de soldats américains morts au combat et en dehors durant la Seconde Guerre mondiale, qui s’élève à 405 399, selon le comptage de l’université Johns Hopkins qui fait référence.


■ Accord de Paris: Guterres appelle Biden à proposer une «nouvelle contribution nationale»

Le secrétaire général de l’ONU a «chaleureusement» salué, mercredi, l’annonce par Joe Biden du retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris contre le réchauffement climatique.

«Nous attendons avec impatience le leadership des Etats-Unis pour qu’ils accélèrent les efforts mondiaux» vers la neutralité carbone «en proposant notamment une nouvelle contribution nationale avec des objectifs ambitieux pour 2030», a souligné Antonio Guterres dans un communiqué.


■ Une lettre «très aimable» de Donald Trump

Le nouveau président a affirmé que Donald Trump lui a écrit une lettre «très aimable». Il n’a pas voulu donner plus de détails, soulignant que cela relevait du domaine «privé». Sa brève réaction devant les caméras:


■ Un retour immédiat dans l’accord de Paris

Joe Biden vient de signer une série de décrets dont le retour dans l’accord de Paris sur le climat. Une décision saluée plus tôt par Emmanuel Macron. «C’est tous ensemble que nous pourrons changer la donne climatique en agissant pour notre planète, «Welcome back to the Paris Agreement», a tweeté le dirigeant français. Le chef de l’ONU appelle Joe Biden à annoncer de nouveaux objectifs climatiques «ambitieux».

Nous allons combattre le changement climatique comme nous ne l’avons jamais fait jusqu’ici

Joe Biden

Le nouveau président a également signé un autre décret important imposant le port du masque et le respect de la distance sociale dans tous les lieux relevant de l’Etat fédéral aux USA, dans un effort de lutte contre la pandémie de coronavirus.


■ C’est officiel: les démocrates prennent le contrôle du Sénat

Trois nouveaux sénateurs démocrates ont prêté serment, donnant le contrôle de la chambre haute à leur parti au jour de l’investiture de Joe Biden et Kamala Harris, qui a présidé, en sa qualité de vice-présidente, la séance. La victoire de deux démocrates en Géorgie lors d’une élection complémentaire le 5 janvier, Jon Ossoff et Raphael Warnock, a permis aux démocrates de désormais détenir 50 sièges – plus la voix déterminante de la vice-présidente – contre 50 pour les républicains. Le remplaçant de Kamala Harris, qui occupait l’un des sièges de la Californie, Alex Padilla, a également été assermenté.

Mais la Constitution donne à la vice-présidente le pouvoir de départager les votes à égalité. Ex-sénatrice de Californie, Kamala Harris a présidé la prestation de serment des deux sénateurs élus mais aussi de celui nommé pour la remplacer, Alex Padilla. La première femme vice-présidente des Etats-Unis a été applaudie à son arrivée dans l’hémicycle. Puis elle a ri en lisant le déroulé officiel de la séance la concernant et qui disait: «pour pourvoir le siège laissé vacant par la démission de l’ancienne sénatrice Kamala D. Harris de Californie». «Ça a été très bizarre», a plaisanté l’ancienne procureure âgée de 56 ans, suscitant les rires.


■ «Cold Bernie» amuse la galerie

Au moment de la cérémonie d’investiture, Bernie Sanders apparaissait dans une drôle de posture. Le sénateur de l’Etat du Vermont, qui incarne l’aile gauche du parti démocrate, se trouvait isolé sur une chaise avec d’épaisses moufles. De quoi inspirer les internautes, qui n’ont pas hésité à le placer dans des situations du quotidien. En quelques heures, il est devenu un mème incontournable, une image déclinée et détournée en masse sur Internet. «Vous savez, dans le Vermont, on s’habille chaudement, s’est-il amusé sur la chaîne américaine CBS News. Le froid, on le connaît, et on ne s’embête pas vraiment avec la mode.»


■ Wall Street franchit des records

Joe Biden rassure. La Bourse de New York a atteint de nouveaux sommets à la clôture à l’issue d’une séance marquée par la cérémonie d’investiture et une salve de résultats. Le Dow Jones Industrial Average est monté de 0,83% à 31.188,38 points. Le Nasdaq, porté notamment par l’envol de l’action Netflix, a grimpé de 1,97% à 13.457,25 points et l’indice élargi S&P 500 s’est apprécié de 1,39% à 3.851,85 points. Les précédents records des trois grands indices dataient du 8 janvier.

Lire aussi: Trump: quatre années agitées aussi sur les marchés

Avec la nouvelle administration américaine, le marché anticipe un ambitieux plan de relance budgétaire, comme s’y est engagé le nouveau président démocrate qui veut débloquer d’urgence 1.900 milliards de dollars supplémentaires pour faire face à l’impact de la pandémie. Ces mesures, censées doper la consommation et l’investissement, sont vues d’un bon œil par les milieux financiers.


■ «L’Europe est prête pour un nouveau départ»

L’arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden a suscité une vague d’optimisme et de soulagement chez les alliés traditionnels des Etats-Unis en Europe. Cette dernière espère un retour à davantage de multilatéralisme et que les relations transatlantiques, malmenées par Donald Trump, vont enfin s’améliorer. «L’Europe est prête pour un nouveau départ», a tweeté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. «L’UE a de nouveau un ami à la Maison-Blanche après quatre longues années», avait-elle lancé auparavant devant le parlement européen.

De son côté, le président du Conseil européen, Charles Michel, a estimé qu’il était «temps de revenir aux convictions, au bon sens et de moderniser notre relation». Du côté de l’Otan, très critiquée par Donald Trump, son secrétaire général Jens Stoltenberg, s’est réjoui «du début d’un nouveau chapitre de l’Alliance transatlantique». Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier a fait part de son «grand soulagement». Le moment est donc à l’espoir, particulièrement sur le dossier climatique, bien que les différends commerciaux entre l’UE et les Etats-Unis sont appelés à demeurer.


■ Premiers pas à la Maison-Blanche

Après quatre ans de gouvernance républicaine, le démocrate Joe Biden investit la Maison-Blanche. Pour marquer son arrivée, il a choisi de marcher sous le soleil et devant quelques journalistes tenus à bonne distance par des barrières, ce qui ne l’a pas empêché de courir vers eux à petites foulées pour les saluer. Une légèreté inespérée seulement deux semaines après l’assaut du Capitole par des trumpistes.

Il a été suivi de sa vice-présidente Kamala Harris. Que s’apprête-t-elle à faire? «Je me rends au travail!», répond-elle en se dirigeant vers la Maison-Blanche.


■ Cabinet Biden: Y aura-t-il des confirmations aujourd’hui?

Il n’est pas encore clair si les premières confirmations de membres de l’équipe gouvernementale de Joe Biden devant le Sénat auront lieu aujourd’hui. Les 100 sénateurs doivent en effet se prononcer à l’unanimité pour autoriser un vote immédiat. Et un sénateur républicain a d’ores et déjà annoncé qu’il allait s’opposer à une confirmation rapide pour Alejandro Mayorkas, le candidat du président Biden au poste de Secrétaire à la sécurité intérieure.

Selon un correspondant au Congrès de CNN, les confirmations rapides les plus probables sont celles de Janet Yellen au Trésor et Avril Haines à la Direction du renseignement. Si aucun membre de son cabinet devait être validé aujourd’hui, ce serait une première dans l’histoire récente. Donald Trump avait vu deux responsables confirmés le jour de son investiture, Barack Obama six et George W. Bush sept, selon le Washington Post. La chambre haute doit siéger à partir de 4h30 (22h30 en Suisse).


■ La Maison-Blanche change de visage

Le traditionnel déménagement va permettre à l’équipe de Joe Biden d’investir les lieux avec sérénité. Des portraits du nouveau président et de Kamala Harris apparaissent sur les murs.


■ Offensive chinoise contre l’administration Trump

La Chine annonce des sanctions contre 28 responsables de l’administration Trump accusés d’avoir «gravement violé la souveraineté» de Pékin. Parmi les personnes visées figure l’ancien secrétaire d’Etat Mike Pompeo. Dans un communiqué, le ministère chinois des affaires étrangères cite aussi Peter Navarro, conseiller au commerce de l’ancien président américain, Robert O’Brien, qui fut un de ses conseillers à la sécurité nationale, Alex Azar, le secrétaire à la Santé sortant ainsi que John Bolton et Steve Bannon qui ont aussi conseillé le milliardaire républicain.

Toutes ces personnalités et les membres de leurs familles se verront interdire d’entrer sur le territoire chinois, y compris Hong Kong et Macao, a souligné le ministère des Affaires étrangères. «Eux et les sociétés et les institutions qui leur sont associées ne peuvent également pas faire d’affaires avec la Chine», a-t-il ajouté.


■ Joe Biden se recueille au cimetière militaire d’Arlington

Le président américain s’est recueilli sur la tombe du soldat inconnu au cimetière national d’Arlington, près de Washington, avec trois de ses prédécesseurs.

Les démocrates Bill Clinton et Barack Obama, tout comme le républicain George W. Bush, qui ont assisté à sa prestation de serment un peu plus tôt, l’encadraient pour cette dernière étape avant son entrée à la Maison-Blanche.


■ Manifestations quasi inexistantes dans les capitales d’Etats

Présence policière renforcée, barrières de sécurité, plusieurs Etats se préparaient à d’éventuelles manifestations, potentiellement violentes, contestant la légitimité du nouveau président. Les craintes des autorités ne se sont pour l’heure pas réalisées.

A Concord, dans le New Hampshire, le New York Times rapporte la présence d’un unique opposant, muni d’un panneau Trump-Pence, avec le nom de Pence tracé au marqueur. L’homme, qui a indiqué avoir pris une journée de congé et s’est montré surpris de se retrouver seul, n’a pas donné son nom, craignant des représailles et «un Etat policier communiste subversif». Il a rapidement quitté les lieux, raconte le quotidien new-yorkais, en déclarant: «Je vais faire du ski». Après son départ, une poignée d’autres manifestants ont toutefois fait leur arrivée.

A Lansing, dans le Michigan, quatre personnes se sont rassemblées devant le Capitole de l’Etat.


■ Premières signatures

Un président fraîchement en exercice. Joe Biden participe à la cérémonie de signature au Capitole, entérinant ainsi les nominations au Cabinet et aux sous-cabinets.


■ Guy Parmelin félicite le nouveau président américain

Guy Parmelin a transmis ses félicitations à Joe Biden et à la vice-présidente Kamala Harris. Dans son message officiel, le président de la Confédération se dit convaincu que les bonnes relations entre les Etats-Unis et la Suisse pourront encore être approfondies sous la nouvelle présidence américaine. Ceci sur la base des valeurs communes aux deux pays et sur l’engagement en faveur de la démocratie, la liberté et des droits de l’homme.


■ Un instantané:

Le pouvoir change de main. Kamala Harris se tient sur les marches du Capitole, tandis que Mike Pence quitte les lieux.


■ Premiers tweets présidentiel et vice-présidentiel


■ Un poème pour conclure

La cérémonie s’est achevée par une prière. Avant cela, la jeune poétesse Amanda Gorman, 22 ans, a récité un de ses textes. Elle a célébré «une nation qui n’est pas brisée, mais qui est inachevée». Elle fini sa récitation par ces mots: «il y a toujours de la lumière si nous sommes assez courageux pour la voir. Si seulement nous sommes assez courageux pour la voir.


■ A la RTS, une alerte à la bombe perturbe l’émission spéciale

Une alerte à la bombe dans le bâtiment genevois de la RTS a entraîné l’interruption de l’émission consacrée à la cérémonie d’investiture de Joe Biden. Le site a été évacué vers 17h en présence de la police. Le personnel a pu regagner les locaux environ une heure plus tard, précise le service presse du média public sur Twitter.


■ Premières réactions internationales

Le premier ministre britannique Boris Johnson a immédiatement félicité Joe Biden après son investiture, se disant «impatient de travailler» avec lui.

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a été parmi les premiers à adresser un message au nouveau président. Il a appelé Joe Biden à «renforcer l’alliance» entre Israël et les Etats-Unis afin d’affronter des «défis communs» comme la «menace» de l’Iran.

La Russie a de son côté déclaré dans un communiqué espérer un travail «plus constructif» avec la nouvelle administration, en vue de prolonger un important traité de désarmement New Start, qui expire le 5 février.


■ Un appel à «l’unité»

Dans son discours, le nouveau président a salué une journée d'«espoir» pour l’Amérique, «La démocratie l’a emporté», a-t-il ajouté.

Appelant son pays à «l’unité», il a juré de «vaincre le suprémacisme blanc et le terrorisme intérieur». «Nous devons les affronter et nous allons les vaincre», s’est-il engagé. Joe Biden a aussi exhorté les Américains à rejeter la manipulation des faits, dans une référence à son prédécesseur Donald Trump qui a nié pendant des semaines le résultat de l’élection présidentielle et popularisé l’expression «fake news».

Tous les désaccords ne doivent pas mener à la guerre totale. Et nous devons rejeter la culture où les faits eux-mêmes sont manipulés, et même inventés

Joe Biden

Le nouveau président a aussi consacré quelques mots à la crise du coronavirus qui entre selon lui dans sa «phase la plus dur et mortelle», avant de faire observer une minute de silence en hommage aux aux 400 000 «mères, pères, maris, épouses, fils, filles, amis, voisins et collègues» tués par le Covid-19.


■ Pendant ce temps en Floride… Un atterrissage silencieux pour Donald Trump

Quelques crépitements d’appareils photo, le grondement du moteur de l’hélicoptère, une grappe de partisans puis le silence. Donald Trump est arrivé à sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, sans répondre aux questions des journalistes présents sur place. Une fin de règne discrète alors que les supporters de Joe Biden, fraîchement entré en fonction, jubilent.

L’article de notre correspondante sur sa luxueuse résidence: Donald Trump n’est pas le bienvenu à Mar-a-Lago


■ Joe Biden est officiellement président

Joe Biden a prêté serment comme 46e président des Etats-Unis.


■ Kamala Harris, première vice-présidente de l’histoire

La démocrate Kamala Harris, 56 ans, a été investie vice-présidente des Etats-Unis, entrant dans les livres d’histoire comme la première femme mais aussi la première personne noire et d’origine indienne à occuper cette fonction.


■ L’hymne américain chanté par Lady Gaga


■ Un instantané: un public volontairement clairsemé


■ Un «sauveur» de la République a escorté Kamala Harris

Il était devenu un rempart en plein chaos. Eugene Goodman, un policier qui a empêché un groupe d’assaillants du Capitole de s’attaquer au Sénat, accompagne la nouvelle vice-présidente Kamala Harris lors de la cérémonie d’investiture. Un symbole fort. Jaime Harrison, président associé du Comité national démocrate, estimait sur Twitter qu’Eugene Goodman avait probablement «sauvé notre République.»


■ La cérémonie a démarré

Amy Klobuchar, la nouvelle présidente démocrate de la Commission du Sénat qui gère la cérémonie a donné le coup d’envoi aux festivités.

Aujourd’hui est le jour où notre démocratie se relève

Amy Klobuchar

La sénatrice a également condamné la récente attaque sur le Capitole.


■ Un instantané: un Bernie Sanders emmitouflé et masqué


■ Mike Pence est là

Si Donald Trump a rompu avec le protocole en n’assistant pas à la cérémonie, ce n’est pas le cas de son vice-président qui est bien présent.


■ Alerte à la bombe à la Cour suprême

La Cour suprême des Etats-Unis, située face au Capitole a reçu une alerte à la bombe dans la matinée. «Le bâtiment et ses alentours ont été vérifiés et il n’y a pas eu d’évacuation», selon la police. La haute cour est fermée au public depuis le début de la pandémie et son personnel réduit a minima. Même les audiences ont lieu par téléphone.


■ Joe Biden et Kamala Harris sont arrivés au Capitole

Le futur président et la future vice-présidente prêteront serment peu avant midi (18h). Les ex-présidents Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton sont également présents.


■ La pique de Greta Thunberg

Elle voulait avoir le dernier mot. La jeune activiste climatique suédoise a repris une remarque désobligeante de Donald Trump à son encontre pour saluer son départ de la Maison-Blanche. «Il semble être un vieil homme très heureux qui se réjouit d’un avenir radieux et merveilleux. C’est si beau à voir!», a tweeté Greta Thunberg, avec une photo du président sortant montant à bord de son hélicoptère. Ce dernier en avait fait une cible après avoir quitté l’Accord de Paris sur le climat. L’avenir de la planète sera-t-il «radieux» avec la nouvelle administration américaine? Joe Biden compte réintégrer l’Accord de Paris pour lutter contre le réchauffement climatique.


■ En images: la foule d’un autre temps

La cérémonie d’aujourd’hui se fera en petit comité, en respectant la distanciation physique, en raison de la pandémie de coronavirus. Un contraste saisissant avec les photographies des investitures passées.


■ «Un jour nouveau se lève sur l’Amérique»


■ Des adieux festifs sur la place «Black Lives Matter»

Un groupe de militants s’est rassemblé sur la place Black Lives Matter, située à quelques pas de la Maison-Blanche, en attendant le décollage de l’hélicoptère du président sortant, raconte une journaliste de New York Times. La foule a fêté son départ avec une playlist de circonstance: «Another One Bites the Dust», «Na Na Hey Hey Kiss Him Goodbye» ou encore «The Final Countdown». La présence policière était réduite sur cette place symbolique, dont le nom a été choisi par la maire de Washington Muriel E. Bowser en juin dernier après les manifestations déclenchées par la mort de Georges Floyd, tué par un policier blanc.


■ Une messe sous le signe du rassemblement

Les Biden ont assisté à une messe dans la matinée à Washington, accompagnés notamment des démocrates Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, et Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat, ainsi que des chefs des républicains à la chambre haute Mitch McConnell et à la chambre basse Kevin McCarthy. Un symbole de rassemblement à moins de trois heures du début de son mandat.


■ Donald Trump a laissé une lettre dans le Bureau ovale

Il est un point sur lequel le président sortant n’a pas dérogé à la tradition. Donald Trump a laissé une lettre à son successeur avant de quitter la Maison-Blanche, a indiqué son porte parole.

Le courrier laissé dans le Bureau ovale fait partie des petites choses que fait chaque sortant. «Nous ne sommes que des occupants temporaires de ce poste», avait ainsi écrit Barack Obama il y a quatre ans pour Donald Trump. «Cela fait de nous des gardiens des institutions et des traditions démocratiques telles que l’Etat de droit, la séparation des pouvoirs, la protection des droits civiques pour lesquelles nos ancêtres se sont battus.»


■ Le 45e président tient son ultime discours

Peu après 14h (suisse), Donald Trump a quitté la Maison-Blanche avec son épouse Melania.

A bord d’un hélicoptère de la Marine, il a gagné la base d’Andrews, où il a tenu un dernier discours ès fonction. Il a souligné les «quatre années extraordinaires» passées à la Maison-Blanche, «ce fut un privilège d’être votre président»; il a souhaité «bonne chance» à la nouvelle administration, et a conclu: «Nous serons de retour d’une manière ou d’une autre».


■ Les premières mesures du président

L’agence AFP a rassemblé les indications données ces derniers jours par l’équipe du nouveau président à propos des premières dispositions prévues.

  • Jeudi, l’immunologue Anthony Fauci interviendra au nom des Etats-Unis à une réunion du conseil exécutif de l’OMS.
  • Joe Biden signera un décret rendant obligatoire le port du masque dans les bâtiments fédéraux, ou pour les agents fédéraux.
  • Il étendra également le moratoire sur les expulsions de logement et la pause dans le remboursement de prêts étudiants fédéraux.
  • Il adressera dès mercredi un courrier à l’ONU afin que les Etats-Unis puissent rejoindre l’accord de Paris d’ici un mois.
  • Il reviendra aussi sur une série de mesures de dérégulation prises par l’administration sortante en matière de normes environnementales.
  • Il révoquera l’autorisation donnée par Donald Trump au projet controversé d’oléoduc Keystone XL, entre les Etats-Unis et le Canada.
  • Il annulera ainsi un décret migratoire controversé adopté par son prédécesseur pour interdire aux ressortissants de pays en majorité musulmans d’entrer aux Etats-Unis.
  • Il signera par ailleurs une «proclamation» pour suspendre les travaux de construction d’un mur à la frontière avec le Mexique et son financement grâce au budget du Pentagone.
  • Il transmettra en parallèle un projet de loi sur l’immigration au Congrès. Il offrira notamment aux 700 000 jeunes arrivés clandestinement aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants, les «Dreamers», et aux autres immigrés en situation irrégulière une possibilité de naturalisation à terme et sous conditions. Le projet prévoit aussi des fonds supplémentaires pour renforcer la surveillance et les contrôles aux frontières et un plan d’assistance au Salvador, au Guatemala et au Honduras.
  • Il signera un décret pour ordonner aux agences fédérales d’évaluer les inégalités dans leurs programmes et politiques.

■ Une manifestation pour le sortant… à Tokyo

Déjà une mobilisation des pro-Trump! Mais ceux-ci ont défilé dans les rues de Tokyo, ce mercredi.


■ Une Chine «génocidaire»? Mike Pompeo provoque, l’équipe Biden reprendra

La Chine qualifie de «mensonges absurdes et éhontés» les accusations du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo selon lesquelles Pékin «commet un génocide» contre les musulmans ouïghours dans la région du Xinjiang.

Cette terminologie «n’est qu’un chiffon de papier à nos yeux», a déclaré devant la presse la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Mardi soir dans un communiqué, Mike Pompeo a lancé: «Je pense que ce génocide est encore en cours et que nous assistons à une tentative systématique de détruire les Ouïghours de la part du parti-Etat chinois.». Il a aussi évoqué des «crimes contre l’humanité» menés «depuis au moins mars 2017» par les autorités chinoises contre les Ouïghours et «d’autres membres de minorités ethniques et religieuses au Xinjiang».

De fait, l’administration Biden partage l’accusation de «génocide», a indiqué le futur secrétaire d’Etat Antony Blinken. Avant son élection, selon un communiqué de son équipe de campagne publié en août, Joe Biden avait affirmé que la répression contre cette minorité musulmane constituait un «génocide perpétré par le gouvernement autoritaire de la Chine».


■ Un instantané: au village des ancêtres de Kamala Harris

A Thulasendrapuram, dans l’Etat du Sud-Est de l’Inde du Tamil Nadu, on prie et on fête ce mercredi 20 janvier. Le village apparaît comme celui des ancêtres indiens de la nouvelle vice-présidente.


■ L’Iran salue le départ du «tyran»

Téhéran a salué mercredi le départ du «tyran» Donald Trump, jugeant que «la balle est dans le camp» du nouveau président américain Joe Biden pour un éventuel retour de Washington à l’accord sur le nucléaire iranien, relate l’AFP.

Dans une allocution télévisée, le président Hassan Rohani a déclaré que «tout au long de ses quatre années [à la Maison Blanche, Donald Trump] n’a porté d’autres fruits que ceux de l’injustice et de la corruption et [il] n’a apporté que des problèmes à son propre peuple et au reste du monde».


■ Steve Bannon a été gracié

Donald Trump a profité de ces ultimes instants à la Maison-Blanche pour utiliser son pouvoir de grâce dans un dernier pied de nez à ses adversaires. Son ancien conseiller, tombé en disgrâce, Steve Bannon bénéficie de la manœuvre.

Accusé d’avoir détourné des fonds prétendument destinés à la construction d’un mur à la frontière Etats-Unis-Mexique, Steve Bannon avait été l’un des artisans de la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump en 2016 avant d’être poussé vers la sortie par le milliardaire républicain. La grâce présidentielle devrait annuler les charges portées contre lui s’il était condamné.

A minuit dans la nuit de mardi à mercredi, heure locale, la Maison-Blanche a annoncé que le président gracie 73 personnes. Il a également commué les peines de 70 autres condamnés.

Sur la liste des autres personnes graciées figure son ancien collecteur de fonds Elliott Broidy, poursuivi pour une campagne de lobbying illégale, ainsi que le rappeur américain Lil Wayne qui avait plaidé coupable le mois dernier de possession d’une arme à feu, délit pour lequel il risquait jusqu’à dix ans de prison.

Un temps évoqué, le nom de Julian Assange ne figure pas sur la liste.

Lire notre revue de presse à ce propos


■ La Bourse de Tokyo attentiste avant l’investiture de Joe Biden

La Bourse de Tokyo était essoufflée, mercredi, en début de séance, après son vif rebond de la veille, dans l’attente de l’investiture prévue plus tard dans la journée du nouveau président des Etats-Unis, Joe Biden. L’indice vedette Nikkei a rapidement effacé ses gains initiaux, cédant 0,23% à 28 567,52 points vers 1h50 (en Suisse), alors qu’il avait progressé de près de 1,4% mardi.

La Bourse de New York, qui donne généralement le ton du lendemain à Tokyo, avait pourtant terminé mardi en hausse, sur fond de l’audition au Sénat de la future secrétaire au Trésor américain, Janet Yellen, qui a plaidé pour un plan de relance ambitieux.


■ L’Amérique de Biden se veut ferme face à la Chine et l’Iran

«Nous pouvons remporter la compétition avec la Chine»: le prochain secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a annoncé la couleur dès le début du processus de confirmation, par le Sénat, des membres désignés par le président élu des Etats-Unis pour intégrer son gouvernement. Il a aussi reconnu que le président républicain sortant avait «eu raison d’avoir une position plus ferme face à la Chine».

Pour autant, il a promis une diplomatie à l’opposé de celle de Donald Trump. «Nous devons faire face à la Chine depuis une position de force, pas de faiblesse», a-t-il plaidé, en assurant que cela impliquait de «travailler avec les alliés au lieu de les dénigrer, de participer et mener les institutions internationales plutôt que de s’en désengager».

En outre, Joe Biden reviendra rapidement dans l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien «si l’Iran revient dans les clous» de ses engagements nucléaires, a affirmé Antony Blinken.


■ Donald Trump suspend pour 18 mois l’expulsion de Vénézuéliens des Etats-Unis

Pour sa dernière journée à la Maison-Blanche, le président américain sortant a signé un décret portant sur la suspension pour une durée de 18 mois des expulsions de Vénézuéliens se trouvant illégalement sur le territoire américain.

La mesure a été encouragée par les alliés républicains du président en Floride, où nombre de Vénézuéliens se sont installés après avoir fui leur pays en proie à une grave crise économique et politique. Selon le Miami Herald, le décret pourrait concerner jusqu’à 200 000 Vénézuéliens qui étaient menacés d’arrestation et d’expulsion.


■ Une opposition au président sortant visible de la Maison-Blanche


■ Boris Johnson félicite Joe Biden avant son investiture

«Je félicite chaleureusement Joe Biden pour son investiture historique comme 46e président des Etats-Unis», a déclaré le premier ministre britannique dans un communiqué. «Je suis impatient de collaborer étroitement avec sa nouvelle administration alors que nous combattons le Covid et que nous reconstruisons en mieux à partir de la pandémie.»

Boris Johnson s’est également dit «impatient» de pouvoir accueillir le successeur de Donald Trump au G7 et à la grande conférence de l’ONU sur le climat (COP26) organisés cette année au Royaume-Uni.


■ Nouveau tirage du numéro de «Vogue» avec Kamala Harris

Le magazine Vogue, critiqué pour la photo de Kamala Harris qu’il avait mise en couverture dans son numéro de février prévu pour coïncider avec l’investiture du tandem démocrate, va sortir un nouveau tirage avec une photo différente. «En reconnaissance de l’intérêt énorme pour la couverture en ligne, et pour célébrer ce moment historique, nous allons publier un nombre limité du numéro spécial investiture», a précisé un porte-parole du groupe Condé Nast auquel appartient Vogue.

Le magazine avait été confronté la semaine dernière à un torrent de critiques, qui jugeaient «trop décontractée» la photo de la future vice-présidente en baskets. Ce cliché avait été retenu au détriment d’une photo plus classique, montrant Kamala Harris en tailleur pantalon bleu clair, bras croisés, sur fond neutre.


■ Une cérémonie en hommage aux morts du Covid-19

Joe Biden et Kamala Harris ont participé à une courte cérémonie solennelle devant le mémorial d’Abraham Lincoln, devant le Capitole, en l’honneur des victimes du Covid-19 aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé au monde avec plus de 400 000 morts. 400 lumières ont été allumées autour du grand bassin de la vaste esplanade du «National Mall».

Pour guérir, nous devons nous souvenir. Il est difficile parfois de se souvenir mais c’est ainsi que nous guérissons

Joe Biden

■ Un instantané: dernier coucher de soleil sur le mandat de Donald Trump


■ Lady Gaga et Jennifer Lopez sont déjà au Capitole

La vedette pop, qui chantera l’hymne national américain demain lors de la cérémonie d’investiture, a posté un message depuis le bâtiment du Capitole. «Je prie pour que demain soit une jour de paix», écrit Lady Gaga, «un jour d’acceptation, et non de peur.»

Jennifer Lopez qui doit également se produire mercredi s’est aussi rendue au Capitole dans l’après-midi.


■ Mike Pence n’assistera pas à la cérémonie de départ de Donald Trump

Le président sortant ayant décidé de ne pas assister à l’investiture de Joe Biden, il organise une petite cérémonie pour son départ de Washington, peut avant que son successeur ne prête officiellement serment. L’actuel vice-président, Mike Pence, a pour sa part annoncé qu’il participerait à la cérémonie en honneur de Joe Biden et Kamala Harris qui se tiendra au Capitole. En conséquence, il ne sera pas présent pour faire ses adieux au président aux côtés duquel il aura servi pendant quatre ans.


■ Donald Trump: «Ce n’est que le début»

Le président américain Donald Trump s’est vanté d’avoir «uni» le monde face à la Chine et de ne pas avoir lancé de nouvelle guerre durant son mandat, lors d’un discours d’adieu. Il a aussi exhorté l’Amérique à «prier» pour le succès de l’administration Biden.

«Nous avons redynamisé nos alliances et uni les nations du monde pour faire face à la Chine comme jamais auparavant», a-t-il affirmé dans un discours diffusé sur YouTube.

«Je suis tout particulièrement fier d’être le premier président depuis des décennies à ne pas avoir déclenché de nouvelle guerre», s’est aussi targué le milliardaire républicain. «Nous avons fait ce pourquoi nous étions venus ici, et bien plus» a encore affirmé le président sortant, assurant que «le mouvement que nous avons lancé n’est qu’un début».


■ Drôle d’ambiance à Washington

Notre correspondante aux Etats-Unis s’est promenée dans les rues de la capitale.


■ Craintes d’infiltrations: 12 militaires ont été écartés

Douze soldats de la Garde nationale ont été écartés du dispositif de sécurité de la cérémonie d’investiture dans le cadre d’une procédure de recherche d’éventuels liens avec des groupes extrémistes, a indiqué le Pentagone, confirmant des informations parues dans la presse (lire plus bas).

Sur les 12 soldats écartés, deux l’ont été pour des «commentaires ou textes déplacés», selon le commandant de la Garde nationale. Ces vérifications ont été décidées après que des policiers et des militaires en civil ont participé au violent assaut contre le Capitole.

Dans le cas des 10 autres soldats écartés du dispositif de sécurité, la décision «n’a rien à voir avec les événements qui se déroulent au Capitole ni les inquiétudes de beaucoup de monde au sujet de l’extrémisme», a assuré le porte-parole du ministère de la Défense, Jonathan Hoffman, sans fournir plus de précision. Des milliers de soldats de la Garde nationale ont déjà été déployés, et ils seront jusqu’à 25 000 mercredi dans la capitale.


■ Le Covid-19 a fait plus de 400 000 morts aux Etats-Unis

Ce sera, de loin, le chantier le plus pressant du nouveau président. La pandémie a fait plus de 400 000 morts dans le pays, selon le bilan de référence de l’université Johns-Hopkins.

Le seuil des 300 000 décès avait été dépassé il y a environ un mois seulement, à la mi-décembre. Le premier mort du Covid-19 aux Etats-Unis avait été annoncé fin février. Il s’était passé environ trois mois avant que le pays ne franchisse la barre des 100 000 morts, quatre mois supplémentaires jusqu’aux 200 000, et un peu moins de trois autres mois jusqu’aux 300 000. Les Etats-Unis sont, selon les bilans officiels, de loin la nation la plus endeuillée en valeur absolue, mais certains autres pays enregistrent plus de morts proportionnellement à leur population, comme l’Italie, le Royaume-Uni ou la Belgique.


■ C’est officiel, les démocrates seront majoritaires au Sénat

La Géorgie a définitivement certifié les résultats des deux élections sénatoriale complémentaires qui s’y déroulaient le 5 janvier dernier, rapporte notamment le Washington Post. Jon Ossoff et Raphael Warnock, désormais officiellement vainqueurs peuvent dès lors être assermentés pour devenir les 49e et 50e sénateurs démocrates à la chambre haute, y assurant une parfaite égalité du nombre de sièges des deux partis. En cas d’égalité, les votes au Sénat seront départagés par la Vice présidente Kamala Harris, donnant de fait la majorité aux Parti démocrate.


■ Joe Biden quitte le Delaware: «Je n’ai qu’un regret, l’absence de mon fils Beau»

A quelques heures de son investiture, Joe Biden, très ému, a déclaré au moment de quitter sa résidence à Wilmington dans le Delaware, au sujet de son fils Beau, décédé d’un cancer en 2015, que «cela devrait être à nous de le présenter en tant que président». «Je sais que nous vivons des temps sombres, mais il y a toujours de la lumière», a-t-il ajouté.

«Eh bien, excusez mon émotion, lorsque je mourrai, Delaware sera écrit dans mon cœur», a encore déclaré le démocrate, en écho aux paroles de l’auteur irlandais James Joyce.


■ L’administration Trump accuse Pékin de «génocide»

Les Etats-Unis considèrent désormais que la Chine «commet un génocide» contre les musulmans ouïgours dans la région du Xijiang, a déclaré le secrétaire d’Etat américain sortant Mike Pompeo. «Nous assistons à une tentative systématique de détruire les Ouïgours de la part du parti-Etat chinois», a-t-il ajouté, dans un communiqué. Il a aussi évoqué des «crimes contre l’humanité» menés «depuis au moins mars 2017» par les autorités chinoises contre les Ouïgours et «d’autres membres de minorités ethniques et religieuses au Xijiang».

Le président élu Biden avait lui aussi estimé avant son élection que la répression contre la minorité musulmane constituait un génocide. Mais cette nouvelle annonce constitue un dernier affichage, in extremis, de la fermeté de Donald Trump à l’égard de Pékin.


■ En images: omniprésence militaire


■ Une charge républicaine contre Donald Trump

Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine au Sénat pour quelques heures encore, qui, jusqu’au 6 janvier, en habile politicien, avait toujours refusé de s’opposer publiquement à Donald Trump, a fortement condamné l’attitude de ce dernier.

«La foule a été abreuvée de mensonges. Ils ont été provoqués par le président et d’autres» a affirmé Mitch McConnell, qui a fait savoir récemment qu’il n’excluait pas de juger Donald Trump coupable lors de son procès au Sénat.

Dans son allocution, il a dénoncé les «criminels violents qui ont essayé d’empêcher le Congrès de faire son devoir».

Le démocrate Chuck Schumer, qui doit prochainement lui succéder en tant que chef du Sénat, a partagé son analyse. «Des émeutiers, des insurgés, des suprémacistes blancs et des terroristes intérieurs ont essayé d’empêcher le transfert du pouvoir. Ils ont été incités (à agir) par le président des Etats-Unis en personne», a-t-il déclaré.



■ Le programme du président

En poste pour moins de 24 heures, Donald Trump a transmis à la presse son programme pour sa dernière journée: «Le président Trump travaillera de tôt le matin jusqu’à tard le soir. Il fera de nombreux appels et aura de nombreuses réunions.»


■ Janet Yellen: «Nous devons nous attaquer aux pratiques abusives, injustes et illégales de la Chine»

Lors de son grand oral devant des sénateurs américains, la future secrétaire au Trésor Janet Yellen a été interrogée sur l’attitude que l’administration Biden allait adopter vis-à-vis de Pékin après une guerre commerciale entre les deux premières économies mondiales sous l’ère Trump.

«Nous devons nous attaquer aux pratiques abusives, injustes et illégales de la Chine», a déclaré l’ancienne présidente de la Banque centrale américaine (Fed), parce qu’elles font du tort, selon elle, aux entreprises américaines, citant des barrières commerciales, des subventions «illégales» aux entreprises. Pékin «vole la propriété intellectuelle et s’engage dans des pratiques qui lui donnent un avantage technologique injuste […] Nous nous préparons à utiliser une gamme complète d’outils pour y répondre», a-t-elle ajouté, disant que Washington entendait associer ses alliés.

Janet Yellen s’est aussi déclarée favorable à une taxe internationale sur les géants du numérique, en discussions dans le cadre de l’OCDE. Cette taxe «permettrait de percevoir une juste part des entreprises, tout en maintenant la compétitivité de nos entreprises et en diminuant les incitations […] aux activités offshore que nous ne voulons certainement pas récompenser». L’administration Trump était opposée à une telle taxation.


■ Deux soldats retirés du dispositif de sécurité

Selon l’Associated Press, deux membres de la Garde nationale ont été exclus du dispositif de sécurité de protection de la cérémonie d’investiture de mercredi. Ils sont jugés trop proches de certains mouvements d’extrême droite.

Les troupes de la Garde nationale sont toujours présentes en force à Washington, comme le montre une vidéo tournée par un correspondant de CNN.


■ Mike Pompeo, un dernier message emphatique

Repéré par le Guardian, l’un des derniers tweets du secrétaire d’Etat affiche une image d’un tableau représentant la Guerre d’indépendance des Etats-Unis avec le commentaire suivant: «les Etats-Unis sont le plus grand pays de l’histoire de la civilisation». Mike Pompeo fait ainsi, au moment de dire au revoir, preuve d’un «understatement qui lui est habituel», relève non sans malice le journal britannique.


■ Une première responsable transgenre nommée

Joe Biden a annoncé mardi qu’il nommait ministre adjointe de la Santé Rachel Levine, une professeure d’université en pédiatrie et psychiatrie, actuellement directrice de la Santé dans l’Etat de Pennsylvanie. La nomination de Rachel Levine, marquera la première fois qu’une une femme transgenre accède à un poste de responsable fédérale.

Elle représente un choix historique et extrêmement qualifié pour aider à mener les politiques de santé de notre administration

Joe Biden

Rachel Levine «apportera le leadership ferme et l’expertise cruciale dont nous avons besoin pour guider les gens à travers cette pandémie, peu importe d’où ils viennent, leur race, religion, orientation sexuelle, identité de genre ou leur handicap», a écrit Joe Biden.


■ Le futur secrétaire d’Etat promet une Amérique en «première ligne»

«Nous pouvons revigorer nos alliances fondamentales», a déclaré Antony Blinken, le futur secrétaire d’Etat de Joe Biden, lors de son audition devant le Sénat. «Ensemble, nous sommes en bien meilleure posture pour contrer les menaces posées par la Russie, l’Iran et la Corée du Nord et pour défendre la démocratie et les droits humains.»

Il tente ainsi de mettre en musique le message martelé par le président élu démocrate pour tourner la page de l’administration Trump, qui a bousculé ses alliés, cassé les conventions internationales et méprisé les cercles multilatéraux.

Nous pouvons remporter la compétition avec la Chine

Antony Blinken

Et il a choisi des diplomates chevronnés passés par l’ex-administration de Barack Obama, gage d’un retour à une politique étrangère plus classique.

A leur tête, Antony Blinken, un interventionniste qui devra composer avec une Amérique qui ne veut plus l’être. «Le leadership américain compte encore», a plaidé ce dernier devant les sénateurs, qui se prononceront dans les prochains jours par un vote sur sa nomination. Il devait promettre un retour des Etats-Unis «en première ligne» mais dans un jeu collectif, car «aucun des gros défis» du moment «ne peut être résolu par un pays agissant seul».


■ Le «bébé Trump» entre au musée à Londres

Un énorme bébé gonflable à l’effigie du président américain Donald Trump, utilisé par des manifestants opposés à sa venue au Royaume-Uni en 2019, sera exposé au Museum of London, a annoncé lundi ce musée consacré à la vie de la capitale britannique.

Ce bébé blond au visage colérique, vêtu d’une simple couche-culotte, téléphone portable à la main, était devenu un symbole des protestations anti-Trump lors de la visite d’Etat du président américain, en juin 2019. Ce ballon de 6 mètres de haut avait été exhibé une première fois en 2018, pour protester contre les honneurs prévus pour le milliardaire américain.


La journée de Lundi


■ Des manifestations pour le Martin Luther King Day

Martin Luther King Day prononça à Brooklyn (New York) en février 1963 un discours intitulé «le rêve américain», préambule à son «I have a Dream» clamé à Washington six mois plus tard.


■ La sécurité renforcée à Washington


■ Une série de grâces envisagées

Donald Trump passe mardi sa dernière journée à la Maison-Blanche. Il pourrait alors frapper un grand coup en graciant jusqu’à une centaine de personnes, selon plusieurs médias. Ces derniers mois, Donald Trump a exonéré des collaborateurs et des proches, certains ayant été condamnés dans le cadre de l’enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016.

Ces grâces pourraient concerner Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, le rappeur Lil Wayne, qui risque jusqu’à 10 ans de prison pour possession d’une arme à feu, un célèbre médecin de Floride condamné pour fraude, ou son ancien conseiller tombé en disgrâce Steve Bannon.


■ Donald Trump annonce la réouverture des frontières aux Européens et Brésiliens le 26 janvier

Le président Donald Trump a annoncé la réouverture des frontières américaines aux ressortissants européens de l’espace Schengen, aux Britanniques, Irlandais ainsi qu’aux Brésiliens à compter du 26 janvier. Cette décision est liée à l’instauration, à la même date, d’une obligation de présenter un test négatif de dépistage du coronavirus (PCR) à l’entrée sur le territoire américain.

L’information a été contredite par la future porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, sur Twitter: «Ce n’est pas le moment de lever les restrictions sur les déplacements internationaux.» «Sur les conseils de notre équipe médicale, le (futur) gouvernement n’entend pas lever ces restrictions le 26 janvier», a écrit Jen Psaki. «D’ailleurs», a-t-elle ajouté, «nous prévoyons de renforcer les mesures de santé publique appliquées aux voyages internationaux pour lutter encore davantage contre la diffusion du Covid-19.»


■ En images: les décorations sont en places


■ Trump au plus bas dans les sondages d’opinion

Donald Trump quittera la Maison-Blanche sur un ultime sondage défavorable, avec 34% d’opinions positives sur son action, selon une enquête de l’institut Gallup. Selon cette enquête, menée entre le 4 et le 15 janvier, la cote de popularité du président sortant a atteint un plus bas historique. Plusieurs fois en 2017, il avait atteint un plancher à 35% d’opinions favorables, notamment après les violences meurtrières de Charlottesville, en Virginie.

L’institut Gallup, qui mesure depuis 1938 la popularité des hôtes de la Maison-Blanche au long de leurs mandats, souligne que Donald Trump est le seul à n’avoir jamais atteint la barre des 50% d’opinions favorables sur son travail. Donald Trump a ainsi démarré sa présidence avec 45% de satisfaction, avant d’atteindre 49% début 2020, et 46% avant l’élection du 3 novembre. Sur la durée, Donald Trump quitte ses fonctions avec une popularité moyenne de 41%, la pire cote parmi tous les présidents sortants.

Autre enseignement, Donald Trump laisse un pays profondément divisé entre ses partisans et ses opposants. Dans ce dernier sondage, 82% des républicains approuvent son action quand ils ne sont que 4% chez les démocrates et 30% pour les électeurs indépendants.


■ Un instantané: présence militaire


■ «Le plus grand honneur de ma vie»: les adieux de Melania Trump

«Servir en tant que Première Dame des Etats-Unis a été le plus grand honneur de ma vie. Les quatre dernières années ont été inoubliables», c’est par ces mots que la Première dame des Etats-Unis débute le message d’au revoir qu’elle a publié sur Twitter. Dans une vidéo de près de sept minutes, elle revient notamment sur le programme «Be Best» qu’elle a initié, et qui s’attache à sensibiliser les jeunes aux problèmes du cyberharcèlement et des addictions. Melania Trump n’a pas condamné directement les émeutes du 6 janvier, mais a tout de même fermement rejeté tout recours à la violence.

Soyez passionné dans tout ce que vous faites, mais souvenez-vous toujours que la violence n’est jamais la réponse et ne sera jamais justifiée

Melania Trump

«Ne perdez pas de vue votre intégrité et vos valeurs. Profitez de chaque occasion pour faire preuve de considération envers autrui et pour prendre de bonnes habitudes», a encore déclaré la Première Dame, demandant à «chaque Américain […] de se concentrer sur ce qui nous unit, de s’élever au-dessus de ce qui nous divise, de toujours choisir l’amour plutôt que la haine, la paix plutôt que la violence et les autres avant soi».


■ Kamala Harris est à Washington

Tout comme Joe Biden (voir plus bas), la future vice-présidente a participé à une œuvre de bienfaisance ce lundi après-midi pour le Martin Luther King Day. Elle a contribué à emballer des sacs nourriture auprès des bénévoles de l’association Martha’s Table à Washington, qui vient en aide aux personnes touchées par la crise.


■ Trump pense toujours qu’il «a gagné l’élection»

Selon la journaliste du New York Times Maggie Habermann qui a parlé avec des collaborateurs de Donald Trump, ce dernier «continue de dire à ses conseillers et alliés qu’il a en réalité gagné l’élection, moins de 48 heures avant qu’il ne quitte son poste». Le président ferait par ailleurs montre d’accès de colère contre les élus républicains qui ont voté pour son impeachment.

Elle révèle par ailleurs que Rudy Giuliani, allié de longue date de Donald Trump et ancien maire de New York, ne fera pas partie de l’équipe qui sera chargée de défendre le président lors de son procès en destitution devant le Sénat. Dimanche, Rudy Giuliani avait affirmé qu’ayant prononcé un discours le 6 janvier avant l’émeute, il pourrait être entendu en qualité de témoin. La composition de la défense n’est pour l’heure pas connue.


■ Etrange ambiance dans la capitale

Notre correspondante aux Etats-Unis a pris la température dans les rues de Washington. Elle décrit un dispositif sécuritaire impressionnant et la tension qui monte depuis l’attaque meurtrière du 6 janvier.

Tout cela donne une impression bizarre, mais l’avantage c’est que je me sens en pleine sécurité

Nancy, enseignante, habitante de Washington

Lire son reportage: A Washington, entre attente et crispations


■ En images: A J-2, des préparatifs bien avancés


■ Joe Biden est à Philadelphie

Le président élu s’est rendu à Philadelphie, en Pennsylvanie, où il a aidé à emballer de la nourriture pour des personnes défavorisées. Ce lundi le pays célèbre le Martin Luther King Day un jour férié qui commémore la naissance du pasteur, figure de la lutte pour les droits civils, en 1929. Il est d’usage pour les personnalités publiques de participer à une oeuvre de bienfaisance au cours de la journée.


■ Une femme soupçonnée d’avoir voulu vendre l’ordinateur de Nancy Pelosi

Une jeune femme de 22 ans, originaire de Pennsylvanie, aurait essayé, sans succès, vendre aux renseignements russes l’ordinateur de Nancy Pelosi, dérobé lors de l’attaque du Capitole. Selon l’acte d’accusation consulté par l’AFP, un témoin anonyme affirme avoir vu des vidéos dans lesquelles elle se saisit d’un ordinateur dans le bureau de la cheffe de file des démocrates à la Chambre des représentants. Ce même témoin affirme qu’elle avait prévu d’envoyer le matériel à un contact en Russie. Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre.

Près de 70 personnes ont déjà été inculpées suite aux événements du 6 janvier, dont le nageur et ancien médaillé olympique Klete Keller. Les autorités ont encore procédé dimanche à une série d’interpellations en lien avec ces inculpations. Les chefs d’inculpation vont d’effraction à port d’armes prohibé en passant par trouble à l’ordre public et agression d’agents de la force publique.


■ Une avalanche de pardons attendue, mais pas pour Trump

Selon la chaîne CNN qui cite trois sources proches du président, Donald Trump s’apprêterait à signer une centaine de pardons et commutations de peines pour son dernier jour en poste, mardi. Le président n’aurait pour l’instant pas décidé de rédiger un pardon pour lui-même, ajoute CNN, ses conseillers lui auraient en effet déconseillé de le faire. Après les émeutes du 6 janvier, un autopardon aurait, selon eux, donné l’impression d’un aveu de culpabilité.

Le nombre de ces pardons «ne sera pas le plus élevé de ses récents prédécesseurs», relève la chaîne, mais le bilan des personnes envers qui il décide faire preuve de clémence «pourrait bien être le plus controversé».


■ Un instantané: répétition générale


■ Sur les applications de rencontres, une chasse aux émeutiers

Pour trouver l’amour, il faut se montrer sous son meilleur jour. Des participants à l’assaut du Capitole ont ainsi eu la bonne idée d’exposer leur irruption dans l’enceinte du Congrès sur leur application de rencontres favorite, photos à l’appui. En face, une armée de prétendants ou prétendantes s’emploient à livrer leurs informations personnelles au FBI.

Une jeune utilisatrice de Bumble, un concurrent de Tinder, raconte au Washington Post avoir posé une question à un homme concernant son «premier rendez-vous idéal». Réponse de ce dernier: «Lors de l’assaut du Capitole». Les enquêteurs fédéraux ont ouvert une plateforme pour recueillir des informations sur les suspects, et les preuves s’accumulent. «Vos amis ou votre famille peuvent nous informer, a déclaré Steven D’Antuono, directeur adjoint du FBI. Vous devriez donc envisager de vous rendre au lieu de vous demander quand nous allons venir frapper à votre porte. Parce que nous le ferons.»

Par ailleurs, les applications de rencontres assurent supprimer les comptes qui publient des images de l’événement. «Nous encourageons toujours notre communauté à bloquer et à dénoncer toute personne qui agit à l’encontre de nos directives, et nous avons déjà interdit les utilisateurs qui ont utilisé notre plateforme pour diffuser des contenus insurrectionnels ou qui ont tenté d’organiser et inciter au terrorisme», indique Bumble dans un communiqué.

L’article complet (en anglais): Dating apps are using images from the siege to ban rioters’accounts


■ Les instantanés de notre correspondante dans les rues de Washington


■ Kamala Harris quitte le Sénat aujourd’hui

La future vice-présidente a indiqué qu’elle allait démissionner ce lundi à midi (18h en Suisse) de son siège au Sénat, où elle représentait jusqu’ici la Californie, selon plusieurs médias américains. Kamala Harris sera sans doute appelée à revenir souvent entre les murs de la chambre haute du parlement, comme le prévoit la Constitution, pour départager les probables votes ex aequo entre démocrates et républicains, qui disposent chacun de 50 sénateurs. Kamala Harris a publié un texte d’au revoir ainsi qu’une courte vidéo qu’elle a simplement intitulés: «Thank you, California».

Pour officialiser sa démission, la sénatrice, élue en 2016, a écrit au gouverneur de Californie Gavin Newsom. Ce dernier a choisi Alex Padilla pour la remplacer.


■ Une petite alerte aux abords du Capitole

Selon plusieurs médias américains, le bâtiment du Capitole a été placé sous le coup d’une interdiction d’entrée et de sortie en raison d’une «menace pour la sécurité extérieure» liée à un incendie sous un pont autoroutier non loin de là. La police du Capitole a indiqué aux occupants du bâtiment qu’ils pouvaient s’y déplacer librement, mais leur a demandé de se tenir à l’écart des fenêtres et des portes. La répétition de la cérémonie d’investiture de Joe Biden a été interrompue.

Selon un des correspondants de CNN sur place, qui cite un responsable des pompiers, l’incendie «très minime» a été maîtrisé rapidement. Il s’agit selon lui d’un «non-incident».


■ Une capitale en état d’alerte

Les rues de Washington sont relativement vides, ce lundi 18 janvier, qui est un jour férié aux Etats-Unis, le Martin-Luther King Day. La police et la garde nationale se sont positionnées aux abords du Capitole, qui sera le théâtre de la cérémonie d’investiture de Joe Biden mardi.

Plus d’images dans notre galerie photo: L ourd dispositif de sécurité à Washington


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■ Joe Biden annonce ses premiers décrets

Décidé à lancer dès son arrivée à la Maison Blanche, mercredi, un vaste programme de réformes, Joe Biden va initier le mouvement par décrets et contourner ainsi les possibles lenteurs dues au procès en destitution de Donald Trump.

Le 46e président des Etats-Unis a promis qu’il ferait revenir dès le premier jour de son mandat le pays au sein de l’accord de Paris sur le climat dont Donald Trump avait claqué la porte en 2017.

Il s’est aussi engagé à annuler le décret migratoire emblématique de Donald Trump, qui interdit l’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays, à majorité musulmane, et considéré par ses opposants comme une mesure islamophobe.

Joe Biden prévoit également d’annuler le projet controversé d’oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis par un décret, selon les chaînes canadiennes CBC et CTV.

Le décret, qui n’est pas soumis à un vote du Congrès, permet au nouveau président d’éviter tout retard législatif dû au procès, au Sénat, de Donald Trump, mis en accusation pour «incitation à l’insurrection» lors des violences au Capitole le 6 janvier.

Premières confirmations de ses nominations mardi

Mais si Joe Biden peut se passer du Congrès pour démarrer ses réformes, il devra se soumettre au calendrier parlementaire pour faire confirmer les membres de son gouvernement, soumis chacun à un vote du Sénat. Il a émis l’idée que le Sénat, qui passera sous contrôle démocrate, divise son temps avec une demi-journée pour le procès et l’autre pour les auditions de confirmation.

Ces auditions débuteront dès le mardi 19 janvier, à la veille de l’investiture du démocrate, avec Alejandro Mayorkas à la Sécurité intérieur, Lloyd Austin à la Défense, Janet Yellen au Trésor et Antony Blinken aux Affaires étrangères.

La date du procès contre Donald Trump n’est pas encore fixée. Son premier procès en destitution, qui s’était ouvert en janvier 2020, avait duré 21 jours.