«Donald Trump était obsédé par l’augmentation des budgets consacrés par ses alliés à leur défense. Il voulait avant tout leur vendre des armes. Joe Biden, lui, est en train de réinventer la notion de monde libre. Il vient vendre à l’OTAN un leadership américain renouvelé, mais qui ne divise pas moins.» Spécialiste des questions de défense, Nicole Gnesotto voit déjà poindre le danger de l’ère Biden: une rivalité exacerbée entre l’Alliance atlantique et l’Union européenne, dont les efforts pour défendre sa souveraineté butent sur la nouvelle approche stratégique de Washington: «Biden n’est pas contre une défense européenne plus autonome. Mais il veut tracer une ligne, à l’ancienne, entre les bons et les méchants, poursuit la coordinatrice de l’essai collectif Le Monde en 2025 (Ed. Laffont). Ceux qui sont dans le monde libre doivent travailler ensemble au sein de l’OTAN, pour riposter aux attaques des puissances menaçantes: la Chine d’abord, la Russie ensuite.»

L’OTAN n’est plus «obsolète»

A Bruxelles où il participe, ce lundi 14 juin, à un sommet des chefs d’Etat ou de gouvernement des 30 pays membres de la plus puissante coalition militaire mondiale, le président américain entonnera donc sans doute un refrain bien différent de son prédécesseur. Après avoir, au début de son mandat, jugé l’OTAN «obsolète», parce que trop bureaucratique et bien trop coûteuse pour les Etats-Unis, Donald Trump avait ensuite surtout parlé budget, argent, et commandes de matériels. Oui à l’OTAN, si les alliés paient… Et pas question de laisser Emmanuel Macron semer le doute, lors du dernier sommet de l’Alliance à Londres, avec son entretien à The Economist jugeant l’Alliance atlantique «en état de mort cérébrale».