Iran

Johann Schneider-Ammann a rencontré l'ayatollah Khamenei, qui se dit ami de la Suisse

En visite durant trois jours en Iran, le président de la Confédération s'est entretenu avec l'autorité suprême du pays, ce qui est encore rare pour un dirigeant étranger

En visite officielle en Iran, accompagné notamment d'une quarantaine d'entrepreneurs suisses, le président de la confédération Johann Schneider-Ammann n'a pas seulement rencontré le président iranien Hassan Rohani samedi à Téhéran. Le conseiller fédéral en charge de l'Economie a aussi rendu visite à l'ayatollah Khamenei, un événement rare pour un dirigeant étranger.

Accompagné «d'une délégation très réduite» – 4 personnes, dont l'ambassadeur de suisse en Iran Gulio Hass et le Conseiller d’État genevois Pierre Maudet –, le président s'est rendu dans un lieu gardé secret jusqu'au dernier moment. «J'ai eu la chance de rencontrer le Leader Suprême pendant une heure», a-t-il expliqué en fin de journée aux journalistes participant au voyage. «Ce fut une discussion tout ce qu'il y a de plus normale et je n'ai jamais eu le sentiment d'être face à quelqu'un qui voulait m'imposer ses idées. Bien au contraire, il a écouté attentivement ce que nous avions à dire.»

Des «aspects régionaux» évoqués

Après avoir évoqué la situation de la Suisse, «ancien pays pauvre» qui a su tirer profit des investissements étrangers, et les Droits de l’Homme, Johann Schneider-Ammann a discuté des «aspects régionaux» avec l'ayatollah Khamenei. Sans vouloir en dire davantage.

Pierre Maudet, qui confirme que la visite était prévue à l’agenda, se montre un peu plus loquace. «Cette rencontre reflète la reconnaissance de l’Iran envers la diplomatie suisse, explique-t-il. Il a ainsi non seulement été question des récents efforts de notre pays, que ce soit l’échange de prisonniers entre les Etats-Unis et l’Iran qui a eu lieu début janvier à Genève ou l’offre de bons offices adressée à l’Iran et l’Arabie Saoudite, mais aussi de choses plus anciennes comme la représentation des intérêts américains en Iran.»

Une Suisse «qui n'a pas mauvaise odeur»

Au dire des participants, tous marqués par une rencontre qui s’est tenue dans «une maison sobre avec un niveau de sécurité très élevé», l’ayatollah s’est montré très reconnaissant envers la Suisse et sa neutralité. «Il nous a dit que la Suisse n’avait pas mauvaise odeur, souligne un scientifique préférant rester anonyme, que durant toutes ces années de sanctions, comparé à d'autres, nous ne les avions jamais laisser tomber.» Une allusion à peine voilée aux nombreuses délégations économiques qui, sentant les opportunités d’affaires, se succèdent en Iran depuis la signature d’un accord sur le dossier nucléaire l’été dernier.

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L'EPFL profite du voyage iranien

Membre de la délégation suisse, l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a signé des accords de collaboration avec deux universités iraniennes de haut rang. La Tehran University of Medical Sciences et la Sharif University of Technology sont les meilleures de la République islamique dans les domaines de la médecine et de l'ingénierie, notamment le traitement des big data, indique samedi l'EPFL dans un communiqué.

«L'EPFL voit dans ces deux universités des partenaires-clés pour la réalisation de la médecine digitale et personnalisée de demain», a déclaré le vice-président de l'EPFL Karl Aberer, qui est du voyage.

Le but est, dans un premier temps, de mettre en œuvre des projets de recherche communs puis, à plus long terme, de renforcer les échanges entre étudiants et chercheurs des deux pays.

Il existe depuis plusieurs années déjà des programmes d'échange entre l'EPFL et des universités iraniennes. La haute école compte actuellement plus de 170 étudiants iraniens sur son site et près de 2400 autres sont inscrits à ses cours en ligne. (ATS/LT)

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