Il y a des soutiens qui tombent à point nommé. Alors que Hillary Clinton devait être la vedette incontestée après sa victoire mardi en Virginie-Occidentale (40 points d'avance sur son rival!), c'est pourtant de Barack Obama dont ont parlé toutes les télévisions américaines le lendemain: après quatre mois d'hésitations, John Edwards, un ancien prétendant à la Maison-Blanche, a précisément choisi ce jour-là pour apporter son appui au sénateur de l'Illinois.

«Les électeurs démocrates ont fait leur choix, et j'ai fait de même», annonçait mercredi Edwards aux côtés d'Obama. Le timing ne doit rien au hasard. Avant de renoncer à poursuivre la course à la présidence, en janvier, John Edwards s'était converti en champion de la défense de la classe moyenne américaine. Ces «travailleurs blancs» que courtise Hillary Clinton et dont on s'aperçoit désormais combien ils rechignent à apporter leurs voix au candidat métis.

Convaincre les syndicats

Même s'il n'est plus officiellement en course, John Edwards a obtenu 7% des voix lors du scrutin en Virginie-Occidentale. Alors que chaque voix compte, sa candidature avait en outre réuni 19 délégués qui, aujourd'hui, pourraient se ranger derrière Barack Obama et accroître ainsi son avance avant la convention du parti qui aura lieu fin août. Enfin, l'appui de John Edwards risque d'être déterminant à l'heure de convaincre les syndicats, souvent proches de Hillary Clinton, de soutenir son adversaire.

Comme le notent les commentateurs américains, l'irruption de John Edwards pourrait ainsi représenter «le dernier clou planté dans le cercueil» politique de Hillary Clinton. Edwards, au demeurant, est le troisième ex-rival démocrate de Barack Obama à s'être finalement rangé derrière lui, après le sénateur Christopher Dodd et le gouverneur de New Mexico, Bill Richardson. Ce dernier, tout autant que John Edwards, pourrait représenter un candidat de choix au poste de vice-président, dans le «ticket» que présentera Barack Obama aux électeurs.