John Kerry loue le travail du Conseildes droits de l’homme, sauf sur Israël

Entre les Etats-Unis et le Conseil des droits de l’homme (CDH), c’est une histoire d’amour et de haine. Sous George W. Bush, ils s’en étaient retirés, estimant que l’instance était un vulgaire club de dictateurs. Comme dans toute instance onusienne, chaque pays peut s’y faire élire, peu importe ses agissements en matière de libertés. Peu après son élection, Barack Obama avait mis fin à la politique de la chaise vide et les Etats-Unis tenteront de se faire réélire à la fin de l’année.

«Mauvais acteurs»

C’était la première fois qu’un secrétaire d’Etat s’exprimait en ouverture du Conseil. Invité à la tribune après le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, John Kerry a apporté un soutien marqué à l’instance: «Le président Obama et moi-même savons que ce Conseil, quand il fonctionne bien, peut rappeler à chaque pays ses obligations.»

Le secrétaire d’Etat a cité en exemple la Commission d’enquête sur la Syrie, qui accumule les preuves contre le régime de Bachar el-Assad, ou celle sur la Corée du Nord. «Ce sont des réalisations importantes. Plus la communauté internationale est informée des violations des droits de l’homme, plus la pression sur les mauvais acteurs augmente», estime John Kerry.

L’idylle serait parfaite sans la question israélo-palestinienne et «l’obsession» du CDH contre Tel-Aviv. «Elle risque de saper la crédibilité de toute l’organisation», a prévenu John Kerry. Un des rares points d’accord entre l’administration Obama et le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou, dont le discours ce mardi devant le Congrès, contre tout accord nucléaire avec l’Iran, est très critiqué par la Maison-Blanche.

«Personne dans cette salle ne peut nier qu’il y a un accent particulier sur un seul pays, qui plus est démocratique», a lancé le secrétaire d’Etat. «Chaque année, il y a cinq ou six résolutions contre Israël. Cette fois, il y en aura une sur la situation sur le plateau du Golan [occupé par Israël, ndlr] sponsorisée par la Syrie d’Assad, alors que des réfugiés syriens tentent d’échapper à son règne meurtrier pour se faire soigner par des médecins israéliens.»

Cette session verra surtout la présentation du rapport de la Commission d’enquête sur la guerre de l’été 2014 à Gaza. Elle conclura sans doute à des crimes de guerre commis par Israël et le Hamas. Les enquêteurs de l’ONU n’ont pas pu se rendre sur place et leur président, le Canadien William Schabas, a été contraint à la démission après avoir omis de signaler un mandat passé pour les Palestiniens. John Kerry a prévenu que «les Etats-Unis s’opposeront à toute tentative d’isoler ou de délégitimer Israël».