Le sénateur John McCain, 80 ans, ancien pilote prisonnier de guerre au Vietnam, candidat à l’élection présidentielle, pourfendeur de Vladimir Poutine et critique à l’égard de Donald Trump, souffre d’un cancer du cerveau, a-t-il fait savoir mercredi.

La tumeur a été découverte à la suite d’une intervention vendredi dernier pour retirer un caillot de sang au-dessus de son œil gauche. A l’aide de prélèvements, ses médecins ont identifié une tumeur maligne du nom de glioblastome, qui nécessitera de la chimiothérapie ou une radiothérapie, selon la Mayo Clinic de Phoenix, dans l’Arizona, l’Etat qu’il représente au Sénat.

«Les médecins du sénateur disent qu’il se remet de l’opération «incroyablement bien» et que son état de santé général est autrement excellent», a indiqué la clinique.

Pas la première maladie

Ce n’est pas le premier cancer pour John McCain. Il a souffert de mélanomes dans les années 1990 et 2000, dont il s’était remis. Son âge et son état de santé avaient été un sujet de la campagne présidentielle de 2008, lors de laquelle il avait été battu par Barack Obama.

L’ancien président démocrate a été l’un des premiers à réagir au diagnostic, parmi des centaines de témoignages de sympathies et de prières.

«John McCain est un héros américain et l’un des battants les plus courageux que je connaisse. Le cancer ne sait pas à qui il a affaire. Fais-lui vivre un enfer, John», a tweeté Barack Obama.

«Un combattant» selon Donald Trump

Donald Trump, avec qui les relations étaient tendues, a dans un communiqué déclaré que le sénateur avait «toujours été un combattant». «Melania et moi envoyons nos pensées et prières au sénateur McCain, à Cindy et toute sa famille. Remettez-vous vite», a-t-il dit.

A propos d’un sujet de friction: L’Obamacare résiste à Donald Trump

De tous les bords de la classe politique, anciens adversaires comme amis, les messages ont ainsi afflué toute la soirée de mercredi, quand la nouvelle du diagnostic s’est répandue comme une traînée de poudre.

Elu en 1982

John McCain s’est fait élire pour la première fois en 1982 à la Chambre des représentants, comme ex-pilote fraîchement retraité de l’US Navy. Depuis 1986, il avait été constamment réélu par les électeurs de l’Arizona au Sénat, où il est devenu l’un des piliers sur les questions de défense et de politique étrangère.

Son ancienneté et son parcours imposent le respect à ses collègues, qui n’approuvent pas toujours sa fibre indépendante mais ne peuvent pas le faire taire. Il préside actuellement la commission de la Défense du Sénat. Malgré son âge, le globe-trotteur continuait à parcourir les points chauds de la planète lors de délégations parlementaires, devenant un visage connu de Bagdad à Kiev.

Un adversaire de Vladimir Poutine

Défenseur indéfectible du budget des armées, fervent partisan de la guerre en Irak, il défendait une vision de «faucon» en politique étrangère, dénonciateur acharné du régime de Vladimir Poutine – ce qui lui a valu d’être placé en 2014 sur une liste d’Américains sanctionnés par la Russie.

«J’imagine que cela veut dire que mes vacances de printemps en Sibérie sont annulées», avait-il alors ironisé, du ton sarcastique qui est sa marque de fabrique.

Des relations tendues avec l’actuel président

Depuis l’élection présidentielle de 2016 et les cyberattaques russes présumées, il apparaissait moins jovial, parfois impatient face aux questions répétées sur Donald Trump, avec qui il a eu maille à partir.

Lire aussi: Les errements russes de Donald Trump

Comme candidat, Donald Trump avait remis en question le statut de «héros» de John McCain, parce qu’il avait été «capturé».