Après sa déposition au procès de l'ex-terroriste Hans-Joachim Klein, condamné jeudi à 9 ans de prison, Joschka Fischer pensait que le pire était passé. C'est le contraire qui s'est produit… Les déclarations contradictoires du ministre le plus populaire du gouvernement Schröder, notamment sur ses contacts avec une ancienne terroriste de la RAF (Fraction armée rouge), Margrit Schiller, ont en effet conduit le Parquet de Francfort à demander aux députés allemands l'autorisation d'ouvrir une information judiciaire. Le Bundestag (Chambre basse du parlement) a reçu une lettre du parquet l'informant qu'il souhaitait ouvrir une information judiciaire pour «faux témoignage» avec six plaintes à l'appui.

Le Bundestag devrait donner son accord et la procédure judiciaire pourrait commencer dès dimanche. Le Ministère des affaires étrangères a d'ailleurs salué la demande du parquet: «Nous voulons cette instruction.» Le ministre n'a «rien à cacher», assurent ses collaborateurs…

Joschka Fischer était venu témoigner le 16 janvier pour éclairer le tribunal sur la personnalité de Hans-Joachim Klein, qu'il avait connu autrefois dans les milieux francfortois d'extrême gauche. Le ministre avait alors raconté sa vie dans les squats de Francfort dans les années 1970. Il avait assuré que la terroriste de la RAF, Margrit Schiller, n'avait jamais vécu dans le squat qu'il partageait avec Daniel Cohn-Bendit. Dans sa biographie, Margrit Schiller raconte cependant qu'elle avait vécu «quelques jours» avec Joschka Fischer et «Dany le Rouge».

L'opposition chrétienne-démocrate (CDU) a dénoncé la «tactique des aveux au compte-gouttes» de Joschka Fischer, déjà très critiqué pour avoir reconnu des violences sur un policier en 1973. La CDU réclame maintenant des «aveux complets» de la part du ministre.