L’heure de vérité approche pour José Manuel Barroso. Auditionné mercredi matin par le groupe socialiste du Parlement Européen sur les grandes lignes de son programme pour les cinq prochaines années, le président sortant de la Commission Européenne va devoir en fin d’après midi retrouver son plus redoutable adversaire: le co-président du groupe des verts Daniel Cohn-Bendit. «Ce sera une vraie bataille» reconnaissaient dans la journée ses proches à Bruxelles, alors que les eurodéputés écologistes doivent mettre M. Barroso sur le grill à partir de 16h30 lors d’une séance ouverte à la presse.

Au dela du jeu difficile des questions réponses, l’enjeu de cette journée d’audition est la tenue, ou non, d’un vote d’investiture sur la reconduction de M. Barroso mercredi 16 septembre, soit deux semaines avant le prochain référendum irlandais du 2 octobre sur le Traité de Lisbonne. M. Cohn Bendit réclame depuis les élections Européennes du 7 juin de repousser le vote sur le président de la Commission Européenne après l’échéance irlandaise, afin de savoir si le Traité de Lisbonne entrera ou non en vigueur et s’il faudra en tenir compte dans la composition de la future Commission qui prendra ses fonctions en novembre. «Croyez-moi, tout peut changer trés vite confiait le leader européen des Verts au temps en juin. Plus on attend, plus Barroso sera fragilisé».

Au Parlement Européen ce mercredi, l’idée d’un vote le 16 septembre semble toutefois tenir la corde. Le groupe libéral présidé par l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt se serait rallié à cette idée et pourrait le confirmer dés ce soir lors d’une conférence de presse prévue à 18 heures. La décision finale sur la tenue ou non du scrutin revient à la conférence des présidents de l’assemblée qui se réunira jeudi 10 septembre en matinée. Point important: si le vote se tient le 16 septembre, M. Barroso n’aura besoin pour etre reconduit que de la majorité simple des députés présents. Si les règles du Traité de Lisbonne prévalent en revanche, il lui faudrait la majorité absolue des eurodéputés.

Coté programme politique, M. Barroso a de nouveau avancé mercredi ses idées développées la semaine dernière dans un message adressé à l’ensemble des groupes politiques du parlement européen. «Je redoublerai d’efforts pour oeuvrer à l’avènement d’une Europe ambitieuse», a-t-il souligné «L’Europe doit sortir de la crise avec la conviction qu’elle dispose d’un système financier plus éthique, solide et responsable», a-t-il poursuivi, en réponse à ceux qui l’accusent d’être sans cesse à la traîne des initiatives des grandes capitales européennes.

Le président du Parlement, le conservateur polonais Jerzy Buzek, a récemment mis en garde ses collègues sur les risques d’une prolongation de l’incertitude, au moment où l’Europe doit répondre à la crise. Des rumeurs en provenance de Paris sur une éventuelle candidature du premier ministre français Francois Fillon, en cas de blocage autour de M. barroso, ont été vivement démenties à Bruxelles où les upporters de l’ancien premier ministre portugais rappellent qu’il a obtenu le soutien unanime des 27 Etats membres de l’UE.