Il y a exactement dix ans, le 14 janvier 2011, la fuite du président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, marquait la première grande date de ce que l’on allait appeler la Révolution du jasmin, prémices de ce qui deviendrait les «Printemps arabes». De l’Egypte au Bahreïn, de la Syrie à la Libye, les populations se soulevaient, réclamant la liberté et la dignité. A l’immense espoir suscité par ces contestations a pourtant succédé la désolation, dans un monde arabe transformé en partie en champ de ruines. Professeur et directeur de l’Institut Issam Fares, au sein de l’Université américaine de Beyrouth, Joseph Bahout, tire un bilan de cette décennie qui annonce sans doute, selon lui, d’autres révolutions.

Le Temps: Vu de Syrie, de Libye, du Yémen, de l’Irak, ou du Liban, le monde arabe donne l’impression de s’être effondré sur lui-même. La faute au Printemps arabe?