L’essentiel à la fin de cette journée

Selon les chiffres compilés à 17 heures par l’université Johns-Hopkins, le nombre de personnes contaminées s’élève désormais à 8235 dont 111 hors de Chine, et le bilan est désormais de 171 victimes.

Jeudi soir, le directeur général de l'OMS a déclaré l’épidémie de coronavirus une urgence de santé publique de portée internationale.

La Suisse compte un millier d’entreprises et presque 200 000 employés en Chine. Les mesures de précaution se multiplient au sein des multinationales.

Un premier cas de contagion s’est produit aux Etats-Unis entre deux époux: le mari d'une femme sexagénaire ayant contracté le nouveau coronavirus en Chine a été contaminé.

Les dépistages dans les aéroports sont peu efficaces, selon un modèle établi par des chercheurs du Centre de modélisation mathématique des maladies infectieuses, basé à Londres.

La Russie a annoncé qu’elle allait fermer ses frontières avec la Chine.

Le directeur général de l'OMS a déclaré l’épidémie de coronavirus une urgence de santé publique de portée internationale.

Retrouvez notre suivi de la journée de mercredi, de celle de mardi et celle de lundi.


Première contagion aux Etats-Unis

Le mari d'une femme sexagénaire ayant contracté le nouveau coronavirus en Chine a été contaminé à son retour à Chicago, ont annoncé les autorités sanitaires américaines ce jeudi.

«Nous savons que cela peut paraître inquiétant», a déclaré le directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies, Robert Redfield, mais «le risque immédiat pour les Américains est faible», a-t-il insisté, en soulignant qu'il s'agissait d'une contagion entre époux.


■ Les entreprises suisses en Chine prennent leurs précautions 

Précautions sanitaires, travail à domicile, informations en continu. Les groupes présents en Chine ont pris des mesures d’urgence face à la crise du coronavirus. Aucun rapatriement d’expatriés n’a pour l’instant été signalé. 

Lire notre article à ce sujet: Coronavirus: les entreprises suisses au chevet de leurs employés


■ Trois Japonais rapatriés contaminés 

Trois des plus de 400 Japonais rapatriés de Wuhan sont contaminés par le coronavirus apparu dans cette métropole du centre de la Chine, ont annoncé jeudi les autorités nippones, dans un contexte de critiques accrues concernant les mesures de quarantaine minimales autorisées par la loi japonaise.

Ces trois personnes vont être traitées dans un hôpital de Tokyo spécialement préparé à l'accueil de ce type de patients, a précisé le Premier ministre Shinzo Abe, également présent au Parlement. Le ministère de la santé a indiqué jeudi qu'il y avait désormais 14 cas confirmés au Japon, dont deux n'ont pas encore de symptômes de la maladie.


■ L’économie toujours menacée par l’épidémie

A la suite du japonais Toyota, le géant allemand de l’automobile Volkswagen a annoncé jeudi qu’il prolongeait d’au moins une semaine la suspension de la production de ses usines d’assemblage en Chine en raison de l’épidémie de pneumonie virale dans le pays.

Les usines de sa coentreprise avec le constructeur chinois FAW «ne reprendront pas leur production avant le 9 février», a indiqué le groupe allemand dans un communiqué. Quant aux sites de la coentreprise entre Volkswagen et le groupe étatique SAIC dans la région de Shanghai, leur activité ne devrait redémarrer que le 10 février, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, avec le confinement de la ville de Wuhan, épicentre de l’épidémie et coupée du monde depuis une semaine, c’est un important centre automobile qui se trouve paralysé: le deuxième constructeur chinois, Dongfeng, y est implanté, tout comme de multiples sous-traitants, ainsi que les français Renault et PSA.


■ Grande-Bretagne: vous avez dit anxiogène?

En couverture du tabloïd Evening Standard: «Le virus tueur dorénavant «se répand rapidement».


■ Air France suspend ses vols vers la Chine jusqu’au 9 février

La compagnie d’aviation française a emboîté le pas à plusieurs de ses concurrents européens, dont British Airways ou Lufthansa, en suspendant ses vols vers la Chine continentale jusqu’au 9 février.


■ Une hotline mise en service

Comme prévu, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a ouvert en début d’après-midi sa hotline pour répondre aux questions de la population sur le coronavirus chinois. Le numéro gratuit est le 058 463 00 00. Deux autres lignes devaient être mises à disposition en seconde partie d’après-midi: une pour les experts (058 462 21 00) et une autre pour les voyageurs voulant entrer en Suisse (058 464 44 88), a indiqué le porte-parole de l’OFSP Daniel Dauwalder.


■ Deux personnes arrêtées en Thaïlande pour avoir diffusé des «fake news»

Les autorités thaïlandaises ont arrêté deux personnes accusées d’avoir diffusé des «fake news» sur l’épidémie sur les réseaux sociaux, a annoncé le ministre de l’économie digitale, qui a mis en garde contre la diffusion d’informations incorrectes sur le sujet. Buddhipongse Punnakanta a indiqué qu’un homme et une femme avaient été inculpés de violation de la loi sur les crimes informatiques, passible de cinq ans de prison.

Quatorze cas du nouveau coronavirus ont été confirmés en Thaïlande, ce qui en fait le second pays le plus touché après la Chine.


■ En Italie, la communauté chinoise dénonce un racisme latent

Plusieurs personnalités connues de la communauté chinoise d’Italie ont dénoncé jeudi des «discriminations sans distinction» et un «racisme latent» de la part d’Italiens apeurés par l’épidémie de coronavirus et les risques de contagion et qui préconisent d’éloigner leurs enfants des enfants chinois par peur du nouveau coronavirus.

Interrogé par le quotidien La Stampa sur le fait que des mamans à Milan aient appelé sur des groupes de contact ou sur des pages Facebook à rester éloigné des enfants et commerces chinois, Francesco Wu, membre de la direction de Confcommercio considéré comme le porte-parole de la communauté chinoise de Milan (36 000 personnes) a vivement protesté:

«C’est une chose extrêmement désagréable, absurde, qui provoque la colère. C’est totalement injustifié et ça fait encore plus mal car ça implique des enfants. C’est une chose ayant à l’origine un mélange d’ignorance et de racisme latent», a-t-il déploré.


■ Des ressortissants suisses souhaitent leur rapatriement

Une douzaine de ressortissants suisses se trouvant en Chine, dans la zone mise en quarantaine, souhaitent être rapatriés. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) est en contact permanent avec eux.

Les retours sont «complexes» à mettre en œuvre, indique le DFAE à Keystone-ATS. Les autorités suisses sont en contact avec différents pays et organisations en vue d’un «possible départ» pour ces personnes. Mais les capacités ne sont pas illimitées.

La situation s’avère en outre difficile pour tout le monde compte tenu des restrictions imposées par la Chine. Le DFAE ne peut pour l’heure pas donner de plus amples informations. La représentation helvétique en Chine est en contact régulier avec ses ressortissants. Au total 4156 Suisses sont enregistrés dans ce pays.


■ 6000 passagers bloqués sur un navire de croisière en Italie

Environ 7000 personnes, dont environ 6000 passagers, sont bloqués sur un navire de croisière au port de Civitavecchia, près de Rome, en raison de deux cas suspects du nouveau coronavirus, a-t-on appris jeudi auprès des autorités sanitaires et du croisiériste Costa.


■ Premiers cas confirmés en Inde et aux Philippines

Le Ministère indien de la santé de la famille a confirmé qu’un habitant du Kerala étudiant à Wuhan souffre du nouveau coronavirus. Il s’agit du premier cas dans ce pays. Les autorités philippines ont également indiqué qu’un premier cas avait été dépisté sur leur territoire.


■ Les dépistages dans les aéroports sont peu efficaces

Selon un modèle établi par des chercheurs du Centre de modélisation mathématique des maladies infectieuses, basé à Londres, les tests de température dans les aéroports laisseraient passer environ 63% des personnes infectées par le virus.

Cette estimation, rapportée par le Guardian tient compte de la durée d’incubation et la précision des techniques de détection du virus.


■ La Russie va fermer ses frontières avec la Chine

La Russie a annoncé jeudi son intention de fermer ses quelque 4250 kilomètres de frontière avec la Chine pour lutter contre de la propagation de la maladie. «Un ordre a été signé aujourd’hui et il est entré en vigueur. Nous informerons aujourd’hui tout le monde des mesures prises pour fermer la frontière en Extrême-Orient», a annoncé le Premier ministre Mikhaïl Michoustine, cité par les agences russes, alors que des restrictions sur la délivrance de visas aux Chinois ont aussi été introduites.


■ La Suisse a provisoirement accès à un réseau européen d’alerte

La Suisse a provisoirement accès au système européen d’alerte précoce et de réaction (SAPR), une plateforme d’échange sur des menaces transfrontalières sur la santé. L’UE a accepté une demande de la Confédération. Un porte-parole de la Commission européenne a confirmé une information de la télévision alémanique SRF. L’accès de la Suisse au système d’alerte est limité à la crise du coronavirus chinois, a-t-il précisé.

Le SAPR permet de mettre en contact les autorités des pays européens avec la Suisse et d’échanger les informations sur l’épidémie. Les pays peuvent ainsi donner immédiatement l’alerte, évaluer les risques pour la santé publique et déterminer les mesures qui peuvent être nécessaires pour protéger la santé publique.


■ Les rapatriements continuent

Alors que les Etats-Unis et le Japon ont organisé mercredi des opérations pour évacuer une partie de leurs ressortissants, un premier avion français est parti jeudi matin entre 3h et 4h30 à destination de Wuhan, selon des sources concordantes. Selon une source proche du dossier, l’avion devrait revenir vendredi avec 250 personnes mais l’aéroport d’arrivée, l’horaire et le lieu de la quarantaine de 14 jours ne sont pas encore définis et évolueront «en fonction de la situation sur place».

D’autres pays planifient des opérations similaires: l’Italie a annoncé l’envoi d’un avion jeudi, Berlin prévoit l’évacuation de quelque 90 Allemands «dans les prochains jours» et le Canada va également affréter un avion. La Nouvelle-Zélande a annoncé jeudi qu’elle affréterait un avion de 300 places. Un avion devant rapatrier des Britanniques n’a pas pu décoller comme prévu jeudi, a annoncé le gouvernement britannique. Selon les médias britanniques, les autorités chinoises n’ont pas donné leur feu vert au départ.


■ Ikea ferme tous ses magasins en Chine

Le numéro un mondial de l’ameublement a annoncé jeudi la fermeture de l’ensemble de ses 30 magasins en Chine «jusqu’à nouvel ordre». Mercredi, Ikea avait déjà indiqué fermer la moitié d’entre eux. Les 14 000 employés que compte le groupe dans le pays «sont priés de rester chez eux, en conservant l’intégralité de leur salaire», a précisé le groupe.


■ Doit-on s’inquiéter? Le point en vidéo avec un expert


■ Les milieux sportifs en alerte face au virus

Faisant les frais de l’épidémie en cours, plusieurs événements prévus ces prochains temps en Chine ont été repoussés ou annulés.

Après l’annonce mercredi de l’annulation d’une étape de la Coupe du monde de ski alpin, la Supercoupe de Chine de football, qui devait opposer le Shanghai Shenhua au Guangzhou Evergrande le 15 février, a elle été repoussée jusqu’à nouvel avis. Comme le début de la nouvelle ligue chinoise de basketball (qui devait débuter le 1er février). Les Championnats d’Asie d’athlétisme, les Jeux chinois d’hiver et le marathon de Hongkong, qui devaient se dérouler en février, se tiendront ultérieurement ou seront tout bonnement annulés.

Lire notre article à ce sujet: Le sport face au coronavirus


■ L’OMS en nouvelle urgence jeudi

«Le monde entier doit être en alerte, le monde entier doit agir», a déclaré mercredi de Genève Michael Ryan, le directeur des programmes d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tiendra ce jeudi une nouvelle réunion d’urgence.

Celle-ci sera consacrée à «la question de savoir si l’épidémie actuelle constitue une urgence de santé publique de portée internationale», a expliqué le directeur général de cette organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à son retour de Pékin.


■ Le bilan s’alourdit

Le bilan des morts liées au nouveau coronavirus est monté à 170. Parmi les nouveaux décès constatés, 37 l’ont été dans la région du Hubei et le 38e dans la province de Sichuan (sud-ouest du pays).

Il y a eu également 1032 nouveaux cas d’infection dans le Hubei, dont la capitale est la ville de Wuhan, épicentre de l’épidémie, et quelque 700 ailleurs en Chine, ont précisé les autorités sanitaires. Un premier cas a été enregistré au Tibet, a-t-on précisé.

Le bilan des contaminations s’élève à environ 7700 cas, soit davantage que le nombre – 5327 – des malades du Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras). Ce coronavirus avait fait en 2002-2003 un total de 774 morts, dont 349 sur le territoire chinois. Parallèlement, la liste des pays touchés s’allonge, les derniers en date étant les Emirats arabes unis et la Finlande.


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