C’est son épouse qui l’a annoncé à l’AFP: le journaliste rebelle tunisien Taoufik Ben Brik a été libéré mardi matin après six mois d’emprisonnement, une peine à laquelle il avait été condamné pour violence contre une automobiliste dans la suite des élections d’octobre 2009, dans un procès qu’elle qualifie de politique. La plaignante ne s’est jamais présentée au procès.

«Il a été relâché à 06h00 (05h00 en Suisse) après avoir purgé la totalité de sa peine, pas un jour de moins», a-t-elle indiqué, ajoutant encore que son mari l’avait appelée pour lui annoncer sa libération.

«Il est plus combatif que jamais», lui qui a «supporté, alors qu’il est totalement innocent, de faire 6 mois de prison pour rien», a déclaré à l’AFP son avocat à Paris, Me William Bourdon. «Je pense qu’il faut être un poète comme lui pour supporter, alors qu’il est totalement innocent, de faire six mois de prison pour rien, qui sont juste le fait du prince», a-t-il poursuivi.

Pour Me Bourdon, cette affaire montre la «très grande rigidité du pouvoir tunisien» mais aussi qu’ «en France, on est encore loin du discours de Nicolas Sarkozy qui avait promis de mettre les droits de l’Homme au coeur de sa politique étrangère».

Taoufik Ben Brik a quitté la prison de Siliana, dans le nord-ouest tunisien, à 05H00 GMT, pour rejoindre son domicile à Tunis, après avoir purgé la totalité de sa peine. Il avait été condamné pour violence contre une jeune femme d’affaires au cours d’un procès qualifié de manipulation politique par ses proches et des organisations de défense des droits de l’Homme.

Son épouse et ses proches avaient multiplié les démarches auprès des autorités françaises et du Parlement européen pour tenter d’obtenir une libération anticipée du journaliste, très affaibli par une maladie dégénérative.

De son côté, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) s’est dite soulagée de la libération de Taoufik Ben Brik, tout en déplorant une peine injuste. «Nous rappelons que ces six mois de détention étaient six mois de trop, tant il est évident que Taoufik a été victime d’une affaire montée de toutes pièces, payant ainsi le prix de sa liberté de pensée», a écrit le secrétaire général de RSF, Jean-François Julliard, sur le site de l’organisation de défense des journalistes.

Le journaliste et ses défenseurs ont toujours dénoncé une machination destinée à le faire taire, après des écrits très critiques de la présidence Ben Ali dans la presse française dans le Nouvel Observateur ainsi que sur le site Médiapart.