égypte

Le journaliste Serge Dumont enlevé au Caire a été libéré

Notre correspondant, qui travaille aussi pour «Le Soir» de Bruxelles et «La Voix du Nord» en France, a été libéré jeudi soir, 24 heures après son enlèvement. Ces ravisseurs, des personnes non identifiées en civils lui reprochait vraisemblablement d’être un espion

Mercredi midi, le journaliste belge Serge Dumont, de son vrai nom Maurice Sarfatti, correspondant au Moyen-Orient des journaux Le Soir (Bruxelles), Le Temps (Genève) et La Voix du Nord (France), avait été molesté, tabassé, puis emmené par des personnes non identifiées en civil , alors qu’il était en reportage dans le quartier populaire de Choubra, au centre du Caire.

Selon des bribes d’information qu’a pu nous communiquer par téléphone mobile Serge Dumont, il a été emmené auprès d’un poste militaire, où il s’est entendu accuser d’espionnage, puis annoncer qu’il allait être transféré vers des services de sécurité.

Serge Dumont couvrait une manifestation pro-Moubarak dans le quartier de Choubra. Voici ses propos: «C’était musclé, violent. J’ai reçu une volée de coups à la figure. Ils prétendaient que j’étais un pro-Baradei. J’ai ensuite été emmené chez les militaires, dans l’une des casernes à la sortie de la ville. J’ai reçu un verre d’eau, du Nil, m’ont-ils dit, pour que j’attrape la diarrhée. Je suis sous la garde de deux militaires, avec kalachnikovs et baïonnettes. Ils disent que je vais être emmené auprès des services secrets. Ils me reprochent d’être un espion.»

Les trois journaux ont immédiatement informé les autorités compétentes de leurs pays respectifs, à savoir le Département fédéral des affaires étrangères pour la Suisse, afin d’intervenir auprès des autorités égyptiennes. En milieu d’après-midi, l’ambassadeur de Belgique au Caire a par ailleurs pu entrer en contact avec Serge Dumont, qui lui a confié avoir subi un premier interrogatoire. Un second devait avoir lieu dans l’après-midi.

Toutes les organisations actives dans la protection de la liberté de presse et d’expression – Reporters sans frontières, Committee to protect journalists, et Human Rights Watch – ont été informées de la situation de Serge Dumont afin qu’il lui soit venu en aide.

Les journaux pour lesquels travaille Serge Dumont expriment leur plus vive préoccupation, protestent énergiquement contre cette atteinte à la liberté d’informer, et exigent sa libération immédiate.

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