Le mouvement islamiste palestinien Hamas a attaqué mardi une position des forces de sécurité fidèles au président Mahmoud Abbas dans la bande de Gaza, qui a connu sa journée la plus sanglante depuis mars avec la mort de 14 Palestiniens. Ces violences, qui ont fait en tout 22 morts et plusieurs dizaines de blessés depuis vendredi, menacent la cohabitation entre le Hamas et le Fatah de Mahmoud Abbas, au sein du gouvernement d'union nationale en place depuis le 17 mars.

«Blessés achevés»

Ce cabinet était entré en fonction dans la foulée d'un accord conclu entre le Hamas et le Fatah pour mettre un terme à des affrontements interpalestiniens qui avaient fait plusieurs dizaines de morts les deux mois précédents.

La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, appuyée par des hommes de la Force exécutive, a attaqué environ 200 membres de la sécurité palestinienne chargée de la protection du point de passage de Karni, dans l'est de la ville de Gaza, selon un officier de la Garde présidentielle. Karni est le seul point de passage de marchandises entre la bande de Gaza et Israël. L'armée israélienne a annoncé avoir fermé le terminal.

La Sécurité nationale, fidèle au président Abbas, a affirmé que la voiture d'une de ses unités, venue en renfort lors de l'assaut du Hamas, s'était renversée en tentant d'échapper à des tirs d'artillerie israéliens. «Un groupe d'hommes armés du Hamas est arrivé sur les lieux et a achevé les blessés en leur tirant dans la tête, les tuant de sang-froid», a-t-elle affirmé.

Des images diffusées par la télévision publique palestinienne ont montré six corps, revêtus d'uniformes kaki, gisant dans des flaques de sang et de boue ou sur le siège arrière d'une voiture pick-up criblée de balles.

L'attaque de la branche armée du Hamas est survenue quelques heures après la mort d'un de ses membres, Ibrahim Mounia, tué à Gaza dans des tirs près d'un barrage tenu par les forces de sécurité palestiniennes. Le Hamas a rejeté la responsabilité des affrontements sur les forces fidèles à Mahmoud Abbas, les accusant d'avoir tué Ibrahim Mounia avec des «balles américaines», en référence à la récente décision de l'administration américaine de fournir des armes et des munitions aux forces contrôlées par le raïs.

Tirs de roquettes sur Sdérot

Par ailleurs, une Israélienne a été grièvement blessée et trois autres personnes plus légèrement atteintes quand une volée de roquettes, tirées depuis la bande de Gaza, s'est abattue sur la ville de Sdérot, dans le sud d'Israël, hier en fin de journée.