Venezuela

Juan Guaido accuse le président Maduro de «démanteler» le Parlement

Le vice-président de l'Assemblée nationale Edgar Zambrano, accusé d'avoir soutenu la tentative de rébellion, a été arrêté ; et nombre de députés de l'opposition se sont réfugiés dans des ambassades

«S'il y a un coup d'Etat au Venezuela, il est là: le démantèlement du Parlement», a déclaré Juan Guaido lors d'une conférence de presse, dénonçant le «terrorisme d'Etat» du président «usurpateur» Nicolas Maduro. En effet, l'opposant regrette que son bras droit soit détenu par les services de renseignement après une arrestation rocambolesque, quand trois députés de son camp réfugiés dans des ambassades.

Au cours des dernières 24 heures, le chef de l'Etat semble avoir repris l'initiative, un peu plus d'une semaine après l'appel au soulèvement lancé par Juan Guaido. Mercredi soir, le pouvoir s'en est directement pris à Edgar Zambrano, le vice-président de l'Assemblée nationale, qu'il accuse d'avoir soutenu la tentative de rébellion.

Son arrestation dans le centre de Caracas a réuni tous les ingrédients d'un film d'action. Tous gyrophares dehors, une nuée de voitures du Sebin, les services de renseignement, a fondu sur lui. En sont sortis des policiers vêtus de noir et cagoulés. Mais le parlementaire a refusé pendant de longues minutes de descendre de la voiture dans laquelle il s'était réfugié. Un camion-grue a fini par le remorquer vers le siège du Sebin.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qualifiant cette arrestation d'«arbitraire», a renouvelé jeudi les appels américains à la «libération immédiate» de Edgar Zambrano. «Cet assaut sur l'Assemblée nationale devrait faire prendre conscience à la région et au monde entier que la dictature ne s'intéresse pas à des solutions constitutionnelles aux problèmes du peuple vénézuélien», a-t-il ajouté.

Des députés réfugiés dans des ambassades

Edgar Zambrano fait partie des dix parlementaires inculpés par la justice vénézuélienne pour leur soutien au soulèvement manqué du 30 avril. Ils sont notamment accusés de haute trahison et de conspiration. L'Assemblée constituante, composée uniquement de partisans du président socialiste, a levé leur immunité.

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Après l'arrestation d'Edgar Zambrano, Richard Blanco, l'un de ces députés, a annoncé jeudi avoir trouvé refuge dans la résidence de l'ambassadeur d'Argentine. «Je suis venu passer la nuit ici car ma vie était en danger», a assuré Richard Blanco à la chaîne VPI, affirmant qu'il compter rester là «de façon provisoire» et qu'il n'allait pas demander l'asile en Argentine. L'UE réclame elle aussi la «libération immédiate» d'Edgar Zambrano, a déclaré la porte-parole pour les affaires étrangères de l'Union européenne, Maja Kocijancic.

Mariela Magallanes, une autre députée d'opposition inculpée par la justice, s'est, elle, réfugiée dans la résidence de l'ambassadeur d'Italie. En début de soirée, son collègue député Americo de Grazia a annoncé sur Twitter qu'il l'avait rejointe dans cette même résidence.

Dans la foulée du soulèvement raté du 30 avril, Leopoldo Lopez, une des figures de l'opposition, qui était assigné à résidence depuis 2017 et était apparu aux côtés de Juan Guaido, s'était pour sa part réfugié dans l'ambassade d'Espagne.

Un appel à manifester

L'ex-chef du renseignement vénézuélien Christopher Figuera, qui a rallié la semaine dernière le camp de Nicolas Maduro et a vu, de ce fait, les sanctions américaines à son encontre levées, a quant à lui pris jeudi la parole pour la première fois en public.

«Peuple de Venezuela, j'ai tout sacrifié», a-t-il lancé dans une vidéo diffusée sur Twitter par la chaîne NTN24. «Ceux qui me connaissent savent combien je lutte de manière frontale contre la corruption et les injustices.»

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«Nous n'allons pas nous arrêter, nous allons continuer à manifester. Ce processus ne prendra fin qu'avec l'avènement de la liberté au Venezuela», a réagi jeudi Juan Guaido lors de sa conférence de presse, appelant à de nouvelles manifestations samedi.

 

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