Le célèbre juge espagnol Baltasar Garzon dirigera l’équipe de défense WikiLeaks et de son fondateur Julian Assange, a annoncé mardi le site internet spécialisé dans la publication de documents confidentiels. Le magistrat a récemment rencontré l’Australien pour définir une nouvelle stratégie de défense, selon un communiqué publié par WikiLeaks.

Cette nouvelle stratégie vise à «défendre à la fois WikiLeaks et Julian Assange contre les abus de procédure existants et exposer les actions arbitraires, extrajudiciaires du système financier international» contre le site et son fondateur, selon la même source.

Baltasar Garzon a été condamné en février à 11 ans d’interdiction d’exercer après avoir ordonné des écoutes, en violation des droits de la défense, dans une enquête sur un réseau de corruption qui avait éclaboussé en 2009 la droite espagnole. Cette décision a foudroyé la carrière du magistrat de 55 ans, célèbre pour avoir lancé un mandat d’arrêt contre le dictateur chilien Pinochet (interpellé à Londres en 1998) et contre Ben Laden.

Malgré tout, le magistrat espagnol va s’employer à «montrer comment des procédures secrètes américaines contre Julian Assange et WikiLeaks ont compromis et contaminé d’autres procédures légales, dont la procédure d’extradition contre Julian Assange», ajoute le texte.

Julian Assange a créé la surprise en se réfugiant le 19 juin à l’ambassade d’Equateur à Londres pour y demander l’asile politique. Le hacker blond veut échapper à son extradition vers la Suède, où il doit être entendu dans une affaire de viol et d’agressions sexuelles sur deux jeunes Suédoises. Le 30 mai dernier, la Cour suprême, la plus haute juridiction britannique, avait douché les derniers espoirs du hacker blond en donnant son feu vert à l’application, le 28 juin, de la procédure d’extradition.

La requête de l’Australien de 40 ans se trouve toujours entre les mains du Ministère des affaires étrangères à Quito, qui a annoncé son intention de statuer selon le droit international. Les tractations diplomatiques sont en cours. Le président équatorien Rafael Correa avait prévenu, fin juin, qu’il prendrait le «temps nécessaire» pour répondre à cette demande.

Assigné à résidence depuis son arrestation en décembre 2010, Julian Assange a toujours dénoncé un complot politique. Une manœuvre qui viserait, in fine, à permettre son extradition vers les Etats-Unis, où un mandat d’arrêt pourrait être délivré contre lui. En mai 2011, Washington avait ouvert une enquête suite à la publication des câbles. Le hacker blond encourrait la peine de mort si la justice américaine le reconnaissait coupable d’espionnage.