Le tribunal correctionnel de Paris a accepté mercredi de reporter le procès de Teodorin Obiang, fils du président de la Guinée Equatoriale et vice-président de son pays. Il est accusé de s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable.

Le procès dans l’affaire des «biens mal acquis» se tiendra finalement du 19 juin au 6 juillet, a décidé mercredi le tribunal correctionnel de Paris. La défense de Teodorin Obiang avait demandé le renvoi du procès, plaidant des délais «beaucoup trop courts».

Premier procès

Ce procès devait être le premier en France sur des biens présumés «mal acquis» par des chefs d’Etat africains ou leur entourage. Petit Etat pétrolier dirigé d’une main de fer par la famille Obiang depuis 1979, la Guinée Equatoriale est devenue l’exemple même d’un pays africain mis en couple réglée par ses dirigeants pour financer des dépenses excessives en Occident.

La Suisse a fourni de nombreuses informations à la France dans le cadre de l’entraide judiciaire. Des avocats et agents fiduciaires genevois et fribourgeois jouaient un rôle central dans la gestion du patrimoine de la famille Obiang. Une société suisse, Ganesha SA, détenait ainsi la propriété des Obiang au 42, Avenue Foch, une adresse prestigieuse à Paris.

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Pillage des fonds publics

Poursuivi pour blanchiment de corruption, de détournement de fonds publics et d’abus de bien social, Teodorin Obiang encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et au moins cinquante millions d’euros d’amende.

D’après l’accusation, il a acquis entre 2007 et 2011, soit directement, soit par l’intermédiaire de prête-noms ou de sociétés écrans, un patrimoine considérable en France grâce au pillage des fonds publics et au versement de commissions corruptives en Guinée Equatoriale.

Parmi ces biens, dont il ne conteste pas la propriété, un hôtel particulier avenue Foch à Paris abritant notamment une salle de sport, un hammam, une discothèque avec écran de cinéma et un salon de coiffure, acheté 25 millions d’euros début 2005, des vêtements et des bijoux de luxe, ainsi qu’un parc automobile «hors du commun».

La justice suisse s’intéresse également de près à Teodorin Obiang. Le Ministère public genevois a annoncé début novembre avoir ouvert une procédure pénale à son encontre. Dans le cadre de cette procédure, révélée par L’Hebdo, onze véhicules ont été séquestrés dans la zone de fret de l’aéroport de Genève.

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