Le journaliste birman Kaung Myat Hlaing a été arrêté à son domicile dans la ville de Myeik (sud), lundi soir, après une attaque apparente des forces de l'ordre contre son immeuble, a annoncé son employeur Democratic Voice of Burma (DVB). «On ne sait pas où il a été emmené et quelle autorité militaire l'a emmené», indique le communiqué publié mardi matin, ajoutant que les derniers reportages de Kaung Myat Hlaing racontaient la répression militaire au cours du week-end à Myeik, ainsi que les manifestations de lundi.

Accroupis derrière une barricade faite de containers de poubelle, les manifestants subissent un barrage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc. Un homme couché dans une flaque de sang se fait ramasser par quatre manifestants qui le transportent la tête baissée, pour éviter les tirs. Ces images terribles, diffusées sur les réseaux sociaux, ont été filmées dimanche, le jour le plus meurtrier depuis le début des manifestations qui agitent la Birmanie suite au coup d’Etat orchestré par l’armée le 1er février.

«Nous avons vécu un véritable enfer hier, raconte Nyein Moe, un guide touristique qui a pris part à la plupart des manifestations. Nous avons passé plus de six heures dans la rue, à nous défendre contre les attaques de la police. Je me trouvais juste derrière un jeune manifestant muni d’un bouclier qu’il avait fabriqué lui-même, sur la ligne de front. J’ai entendu beaucoup de tirs, y compris des tirs à balles réelles.» Nyein Moe a fini par s’enfuir, dissimulé dans une ambulance.