Le couvre-feu en vigueur au Burkina Faso depuis le 24 janvier, après le coup d’Etat de la junte militaire, a été levé mercredi, selon un communiqué du chef de l’Etat, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo, lu à la télévision publique. Initialement instauré de 21h00 à 5h00 du matin, il avait été rapidement réduit de minuit à 4h00 du matin.

La vie nocturne ne reprend toutefois pas totalement un cours normal puisque les «réjouissances populaires et événements à caractère festif sont interdits après minuit du lundi au jeudi et après 2h00 du matin du vendredi au dimanche», sur l’ensemble du territoire national. La junte justifie cette mesure «au regard du contexte sécuritaire et par solidarité avec les victimes de l’insécurité».

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Les conseils des collectivités territoriales dissous

Le chef de l’Etat a également procédé à des remplacements à la tête de la hiérarchie militaire, un changement souhaité par des soldats lors de la mutinerie du 24 janvier qui a abouti au coup d’Etat contre l’ancien président Roch Marc Christian Kaboré.

Le «Colonel-major David Kabré des Forces armées nationales est nommé chef d’Etat-Major général des armées». Cet ancien ministre des Sports remplace le général Gilbert Ouedraogo, qui aura passé moins de quatre mois à ce poste. Le Colonel Adam Neré est, lui, nommé chef d’état-major de l’Armée de terre, tandis que le lieutenant-colonel Evrard Somda est porté à la tête de la Gendarmerie nationale.

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Dans un autre décret, le lieutenant-colonel Damiba a procédé à la dissolution des conseils des collectivités territoriales. «Il est mis fin aux fonctions des membres des exécutifs locaux. Les collectivités territoriales sont mises sous délégations spéciales», indique le texte, sans plus de détails sur ces délégations.

Le Burkina Faso est depuis près de sept ans dans une spirale de violences attribuées à des mouvements djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, qui ont fait plus de 2000 morts et contraint au moins 1,5 million de personnes à fuir leurs foyers.