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Une image des suspects rendue publique par la police britannique.
© CCTV/Metropolitan Police

Grande-Bretagne

La justice britannique confirme l'implication russe dans l’affaire Skripal

La première ministre britannique Theresa May a affirmé que l'attaque au Novitchok avait été organisée par le renseignement militaire russe. Deux mandats d’arrêt ont été lancés contre deux Russes. Le public est appelé à les identifier. Moscou affirme ne pas les connaître

La police britannique a annoncé mercredi lancer deux mandats d’arrêt contre deux ressortissants russes dans l’affaire de l’empoisonnement au Novitchok de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia. Ils agissaient pour le compte des services de renseignement de l'armée russe, a accusé mercredi la première ministre Theresa May, mettant à nouveau en cause l'Etat russe.

Sur la base des informations fournies par les services de renseignement britanniques, «le gouvernement a conclu que ces deux individus (...) sont des officiers des services de renseignement militaires russes, le GRU», a dit Theresa May devant les députés britanniques. Une opération qui «a été certainement aussi été approuvée en dehors du GRU, à un niveau élevé de l'Etat russe», a-t-elle déclaré, ajoutant que des traces de Novitchok ont été découvertes dans la chambre d'hôtel des deux Russes.

Les deux suspects ont été identifiés comme étant Alexander Petrov et Ruslan Bochirov. Deux noms toutefois considérés comme des pseudonymes, a déclaré le chef de l’antiterrorisme, Neil Basu, lors d’un point presse en appelant le public à les identifier. «Il est très probable qu’ils voyageaient sous des noms d’emprunt et qu’il ne s’agit pas de leurs vrais noms, a-t-il dit. Ils avaient des passeports russes portant ces noms», a-t-il ajouté.

Montrant les photos des deux hommes, il a lancé un appel «au public à travers le monde: les reconnaissez-vous?».

Court séjour des suspects en Angleterre

Dans un communiqué, le parquet britannique a précisé avoir retenu contre les deux hommes trois chefs d’accusation: conspiration en vue de commettre un meurtre, tentative de meurtre contre les Skripal et un policier britannique qui avait été contaminé après leur avoir porté secours en mars à Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre, et usage et possession de Novitchok, un puissant agent innervant.

Les deux suspects «sont arrivés à Londres le vendredi 2 mars à l’aéroport de Gatwick sur le vol SU2588», a précisé Neil Basu. Ils ont séjourné dans un hôtel avant de se rendre le 3 mars à Salisbury pour «un voyage de reconnaissance», suspecte la police. Le 4 mars, «nous pensons qu’ils ont contaminé la porte d’entrée (de Sergueï Skripal) au Novitchok» avant de quitter le pays par l’aéroport d’Heathrow le jour-même, a ajouté M. Basu.

Crise diplomatique entre les Russes et les Occidentaux

L’ex-agent double russe Sergueï Skripal, installé à Salisbury, et sa fille Ioulia, qui lui rendait visite, avaient été empoisonnés début mars à Salisbury au moyen du Novitchok, un puissant agent innervant issu d’un programme chimique soviétique. L’empoisonnement avait été attribué par Londres à Moscou, qui nie toute implication. L’affaire a engendré une grave crise diplomatique entre le Kremlin et les Occidentaux.

Mercredi, Neil Basu a dit penser que les passeports de Alexander Petrov et Ruslan Bochirov avaient été émis par la Russie.

De son côté, la Russie a affirmé mercredi ne pas savoir qui sont ces deux hommes. «Les noms et les photographies qui ont été publiés dans les médias ne nous disent rien», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, citée par l’agence de presse publique TASS.

Lire aussi: A Salisbury, l’agent innervant Novitchok a frappé au hasard

Début août, les États-Unis ont annoncé leur intention d’imposer de nouvelles sanctions économiques à la Russie suite à cette affaire.

Entrées en vigueur le 27 août, elles portent notamment sur l’exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l’équipement électroniques, ou sur les ventes d’armes à la Russie. Mais Washington a exclu de la liste plusieurs types de produits, ainsi que ce qui est lien avec la coopération spatiale, au nom des «intérêts de sécurité nationale».

Des sanctions coûteuses pour l’économie russe

L’impact réel des mesures est difficile à évaluer mais un haut responsable américain avait estimé début août qu’elles pourraient coûter «des centaines de millions de dollars» à l’économie russe.

Surtout, elles pourraient être suivies d’autres plus sévères, et l’annonce de cette décision avait suffi à faire chuter les marchés financiers russes et le rouble. La Russie a promis des mesures de rétorsion.

Trois mois après l’empoisonnement des Skripal, le Novitchok a fait deux nouvelles victimes à Amesbury, ville voisine de Salisbury, dont une est décédée.

Charlie Rowley, 45 ans, et sa compagne Dawn Sturgess, 44 ans, avaient été admis à l’hôpital de Salisbury le 30 juin. Ils avaient manipulé un flacon, qu’ils pensaient être une bouteille de parfum, contenant l’agent innervant hautement toxique.

Un décès dû au Novitchok

Dawn Sturgess, une mère de trois enfants, est morte le 8 juillet. Charlie Rowley avait, lui, pu quitter l’hôpital trois semaines plus tard mais fin août il y avait été réadmis pour des problèmes de vision, avait annoncé son frère.

Mardi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé les conclusions du Royaume-Uni selon lesquelles l’agent innervant Novitchok a été utilisé dans l’empoisonnement du couple d’Amesbury.

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