Le parquet général en Afghanistan a ordonné ce jeudi une enquête criminelle sur les fraudes massives qui ont entaché les législatives du 18 septembre. Il a critiqué les autorités électorales pour en avoir proclamé «prématurément» les résultats. En plus d’un taux de participation très bas (autour de 40%), un quart des suffrages ont été invalidés par la Commission électorale indépendante (CEI) et 24 candidats pourtant déclarés vainqueurs au fil de résultats préliminaires depuis le scrutin ont été disqualifiés.

«Nous avons des preuves que des votes ont été achetés à Kaboul et à Dubaï», a déclaré sur les ondes d’une radio de Kaboul, Radio Free Europe, l’avocat général Mohammad Ishaq Alko, le plus haut magistrat du parquet au pays. Huit membres du personnel des autorités électorales ont été arrêtés, a-t-il ajouté, sans plus de détail. Il a également blâmé la CEI pour avoir proclamé mercredi – deux mois après le scrutin – les résultats définitifs de manière «prématurée» et l’ONU de les avoir approuvés.

En l’absence de partis politiques, l’Assemblée nationale, traditionnellement dominée par des chefs de guerre, des technocrates et des notables qui ont rarement réussi à s’unir, n’est pas en mesure de peser véritablement dans un pays où le président Hamid Karzaï concentre l’essentiel des pouvoirs.

Hamid Karzaï a été installé fin 2001 puis maintenu à la tête du pays grâce à la présence de plus de 150 000 soldats des forces internationales qui combattent les talibans. Il a été réélu en 2009, également à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes massives mais approuvé aussi par la communauté internationale. Le principal opposant de M. Karzaï, Abdullah Abdullah, a assuré que ses partisans avaient remporté près d’un tiers des 249 sièges de députés. Les experts estiment que la nouvelle chambre compte davantage d’opposants au chef de l’Etat.