La justice de paix, chargée d'instruire et juger les crimes graves du conflit armé colombien, a annoncé jeudi avoir ordonné au gouvernement de garantir «sécurité et vie» aux ex-guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), suite à l'assassinat de 222 d'entre eux depuis l'accord de 2016. La Juridiction spéciale pour la paix (JEP) a ordonné des «mesures conservatoires collectives» en faveur des anciens rebelles visés par une vague d'attaques, selon un communiqué.

Lire aussi: Un attentat déjoué en Colombie contre Timochenko, le chef de l'ex-guérilla des FARC

«En dépit des efforts engagés par différentes autorités publiques, une grave situation d'atteinte à leurs droits fondamentaux persiste», a souligné la JEP, issue de l'accord de paix signé par les FARC après plus d'un demi-siècle de rébellion. La JEP a fait état de «plus de 200» ex-guérilleros assassinés depuis leur désarmement, comme l'a également dénoncé l'ONU qui veille au respect du pacte négocié pendant plus de quatre ans à Cuba.

Selon la Force alternative révolutionnaire commune, le parti fondé par l'ex-guérilla marxiste, 222 de ses membres ont été tués dans cette vague de violence.

Des «déplacements forcés»

La JEP a précisé avoir «évalué au cours de deux audiences la grave condition de sécurité» des anciens rebelles et cité le cas récent de 93 d'entre eux contraints de quitter leur zone de réinsertion sociale et économique. Elle a estimé que leur sécurité était «fondamentale» pour préserver «les droits des victimes à connaître la vérité sur ce qui s'est passé pendant le conflit».

La FARC a, pour sa part, dénoncé ce «déplacement forcé» dû aux crimes et menaces envers ses membres.

Lire encore:  Chez les FARC, la tentation de reprendre les armes

Les chefs de l'ex-guérilla et les militaires, dont le dossier a été accepté par la JEP, peuvent bénéficier de peines alternatives à la prison à condition de dire la vérité, de dédommager les victimes et de s'engager à ne plus recourir à la violence.

L'accord de paix de 2016 a permis la démobilisation de quelque 13 000 hommes et femmes des FARC, dont 7000 combattants qui ont déposé les armes. Leur désarmement a permis de faire diminuer l'intensité du conflit, mais le pays reste confronté à la violence de l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active, ainsi que des narco-trafiquants.