Ala veille de l'investiture en septembre prochain de la nouvelle Commission européenne, son président, Romano Prodi, se retrouve sur la sellette. Le Parquet de Bologne vient en effet d'ouvrir une enquête sur les activités de l'Ase, une société de conseil fondée par l'ancien président du Conseil italien. Selon les attaques lancées au départ par le quotidien anglais Daily Telepgraph, Romano Prodi aurait omis de déclarer 1,5 million de francs perçus par l'Ase au début des années 90. Il ne s'agit jusqu'à présent que d'une vérification et le Professore n'est pas inculpé.

«Ce sont des calomnies» alimentées par les conservateurs anglais, se défend l'intéressé: «En m'attaquant, ils attaquent l'Europe.» Son entourage jure que «les sommes versées ont été régulièrement déclarées». En 1997, la brigade financière avait déjà analysé les activités de consultant du Professore. Sans rien trouver d'illégal. Néanmoins, cette nouvelle attaque jette une ombre sur le passé du président de la Commission. D'autant que, pour une tout autre affaire, le président de la commission parlementaire sur les années de plomb, Giovanni Pellegrino, a indiqué fin juillet qu'il souhaitait l'entendre à propos de l'enlèvement en 1979 par les Brigades rouges du président de la Démocratie chrétienne, Aldo Moro. Alors que les services de police recherchaient la prison de l'homme politique, Romano Prodi aurait à l'époque participé avec des amis à une séance de spiritisme.

A la question «Où se trouve Moro?», les esprits auraient répondu «Gradoli». Le lendemain de la réunion, Romano Prodi en informe les responsables de la DC. Le village de Gradoli, au nord de Rome, est alors entièrement fouillé. En vain. Mais quelques jours plus tard, sur la base d'une autre indication, la police découvrira – trop tard – l'un des repaires des BR, dans le centre de la capitale, via… Gradoli. Qui a donc soufflé à Romano Prodi le nom de Gradoli? «Il est souhaitable, a fait savoir Giovanni Pellegrino, que Romano Prodi fournisse une version plus crédible de l'histoire.»