L'histoire s'accélère en République démocratique du Congo (RDC). Le nouveau président, Joseph Kabila, a prêté serment le 26 janvier et s'est lancé immédiatement dans un ballet diplomatique qui a fait renaître l'espoir d'un règlement du conflit qui embrase les Grands Lacs depuis bientôt trois ans. Tour à tour, il a rencontré le président sud-africain, Thabo Mbeki, le président français, Jacques Chirac, à Paris, avant de s'envoler pour les Etats-Unis. Il y a eu des pourparlers avec le nouveau secrétaire d'Etat américain, Collin Powell. Il a ensuite demandé au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le déploiement rapide d'une force internationale en RDC, redonnant ainsi vie à l'Accord de Lusaka, signé en 1999 mais resté lettre morte.

Ce week-end, Joseph Kabila revient en Europe et poursuit ses consultations avec le président de la Commission européenne, Romano Prodi, et le haut représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana. Rarement un nouveau chef d'Etat africain s'était entretenu avec autant de hautes personnalités en si peu de temps. Nommé président de la RDC arbitrairement après l'assassinat de son père, Joseph Kabila se voit par ailleurs légitimé par ces rendez-vous internationaux.

Le plus significatif est l'entretien que Kabila Jr a eu à Washington avec le président du Rwanda, Paul Kagame. L'armée rwandaise et son alliée ougandaise soutiennent une rébellion qui occupe près des deux tiers du territoire congolais. «Kabila commence par le bon bout avec cette initiative, déclare Mubengay Bafwa, secrétaire du Congo Dense Fund, une association des ressortissants congolais en Suisse. Le président rwandais est après tout l'homme clé de la situation.» «Nous n'avons pas d'autre choix. Entre Africains, il faut dialoguer et Kagame n'est pas un monstre», soutient pour sa part Gilbert Mwako pour le Collectif congolais d'actions, une deuxième association congolaise.