Kaboul a annoncé vendredi vouloir demander à Washington d'arrêter d'ici peu ses bombardements, avec l'élimination totale d'Al-Qaida. Les dernières poches de résistance du réseau terroriste en Afghanistan devraient être éliminées d'ici quelques jours, et le gouvernement afghan décidera alors si les bombardements américains sont encore nécessaires, a déclaré le porte-parole du ministre afghan de la Défense, Mohammad Habeel. Mais, alors que les informations sur la présence de Ben Laden au Pakistan se multiplient, le Pentagone a refusé d'exclure de nouveaux raids aériens. «Nous ferons ce qu'il faut pour parvenir à nos fins», a déclaré à la presse Victoria Clarke, principale porte-parole du Département de la défense.

Un groupe de notables de la région de Paktia, à l'est du pays, où un convoi a été bombardé par les Américains le 20 décembre, a demandé au nouveau chef du gouvernement Hamid Karzaï d'appeler les Américains à cesser leurs frappes. Selon eux, le convoi visé par ces bombardements qui ont fait 65 morts ne comportait pas de membres d'Al-Qaida, contrairement à ce qu'assure le Pentagone. Mercredi soir, un autre bombardement américain a détruit des bâtiments dans la province de Ghazni, voisine de celle de Paktia, où se trouvaient des chefs talibans. Et le Pentagone a reconnu que des civils ont pu s'y trouver.

Les spéculations sur le sort d'Oussama Ben Laden, réapparu sur les ondes de la chaîne télévisée qatarie al Jazira dans une vidéo diffusée intégralement jeudi soir, continuent. Des sources gouvernementales afghanes le disent en vie, soit en Afghanistan, soit dans les montagnes de la frontière afghano-pakistanaise, soit dans la ville pakistanaise de Peshawar. Mais, côté américain, le président George W. Bush a déclaré ignorer où se trouve le milliardaire. «Nous le traduirons en justice, il ne nous échappera pas», a assuré vendredi le président, interrogé par la presse dans son ranch près de Crawford au Texas.

Les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient transférer des prisonniers d'Afghanistan sur la base navale américaine de Guantanamo à Cuba. Ils détiennent au total 62 combattants pro-talibans ou d'Al-Qaida. Les étrangers accusés de terrorisme ne pourront être condamnés à la peine capitale qu'à l'unanimité des juges des tribunaux militaires et pourront faire appel, selon les propositions des juristes du Pentagone rapportées par la presse américaine.