Jour de fête et de gloire pour le dirigeant Mouammar Kadhafi, qui a célébré mardi avec faste quarante ans de pouvoir sans partage. Plusieurs dirigeants africains, arabes et d’Amérique latine ont fait le déplacement pour assister aux cérémonies, mais plusieurs dirigeants occidentaux se sont abstenus.

Ces festivités se déroulent en effet sur fond de polémique, après le tollé suscité par l’accueil triomphal d’Abdelbaset al-Megrahi, condam­né pour l’attentat de Lockerbie (270 morts en 1988) et libéré par l’Ecosse pour raisons médicales (lire ci-dessous), sans oublier les deux otages suisses toujours retenus à Tripoli et que les autorités libyennes avaient promis de libéré avant le 1er septembre.

Apogée mardi soir

Mais l’absence de plusieurs dirigeants occidentaux ne devrait pas gâcher la fête du colonel Kadhafi qui s’est offert dès lundi soir un spectacle à sa gloire à l’aéroport de Maatega, ancienne base militaire américaine à l’est de Tripoli, en présence notamment du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et de chefs d’Etat africains.

Intitulé Un cavalier et des hommes, le spectacle d’une trentaine de tableaux a démarré vers minuit pour deux heures de musique, illuminations et danse avec la participation de centaines de danseurs et cavaliers venus de Libye, Tunisie, Maroc, Egypte et Ukraine.

Les festivités ont atteint leur apogée mardi soir à 23 heures locales avec un spectacle de 90 minutes qui a retracé les quarante années de pouvoir du «guide de la révolution». La cérémonie, «digne de l’ouverture d’une Coupe du monde de football», selon les organisateurs, a eu lieu dans un jardin public au cœur de Tripoli. Auparavant, le colonel Kadhafi et ses invités de marque ont assisté à un défilé militaire avec la participation de plusieurs détachements d’armées africaines, arabes et européennes.

Plusieurs chefs d’Etat africains présents lundi à un sommet de l’Union africaine ont participé aux festivités aux côtés d’autres invités, comme le chef d’Etat serbe, Boris Tadic, ou la présidente philippine, Gloria Arroyo. Etaient aussi présents le Vénézuélien Hugo Chavez, le Soudanais Omar al-Bachir, l’émir du Koweït, le cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos.