Randa Habib, directrice du bureau AFP, Jordanie

«Mouammar Kadhafi a donné une occasion rêvée aux dirigeants arabes les plus répressifs de se ranger aux côtés du peuple, en se positionnant en faveur de l’intervention militaire en Libye. L’ingérence occidentale suscite la désapprobation de la rue arabe. Une telle situation n’aurait jamais été acceptée en Tunisie ou en Egypte. Cette fois, c’est différent. On pense que l’intervention militaire est nécessaire pour arrêter le massacre. Et Mouammar Kadhafi est unanimement détesté par les dirigeants arabes, qui le voient comme un clown. Il a lui-même provoqué ce ressentiment, avec ses propos insultants, ses promesses jamais tenues et ses tentatives d’assassinat. S’il est éliminé, pas une seule larme ne coulera pour lui dans le monde arabe. De plus, la voie est ouverte pour une participation des forces arabes. Les Emirats arabes unis et le Qatar ont envoyé des avions. D’autres pays de la région pourraient bientôt entrer en scène.»