Le président israélien Moshé Katzav a entamé dimanche ses consultations pour désigner celui qui sera chargé de former la prochaine coalition gouvernementale après les législatives du 28 mars.

Une délégation du parti centriste Kadima, vainqueur du scrutin avec 29 mandats de députés sur 120, a proposé à M. Katzav de confier la tâche au chef du parti, le premier ministre sortant par intérim Ehoud Olmert. Le Parti travailliste, qui a emporté 19 mandats, propose pour sa part de confier cette tâche au numéro un travailliste, Amir Peretz.

Kadima entend verrouiller le jeu en se réservant le portefeuille clef des Finances. A cette fin, M. Olmert a eu un entretien dimanche avec les deux partis ultraorthodoxes Shass (12 élus) et Judaïsme unifié de la Torah (6) qui pourraient rejoindre sa coalition avec le Parti des retraités (7) qui a créé l'une des surprises du scrutin. M. Peretz, qui réclame le Ministère des finances, s'est heurté jusqu'à présent à une fin de non-recevoir de la part de M. Olmert.

Selon les analystes, le dirigeant travailliste n'a quasiment aucune chance de pouvoir constituer un gouvernement et il s'agit pour lui avant tout de faire monter les enchères. M. Katzav doit achever ses consultations avec les différents partis d'ici au 12 avril.

Si le choix du président se porte comme prévu sur M. Olmert, héritier d'Ariel Sharon, ce dernier disposera d'une période de 28 jours pour former le gouvernement et d'un éventuel délai supplémentaire de 14 jours avant d'obtenir ensuite l'investiture du parlement. La tâche n'est pas aisée, car le nombre des portefeuilles ministériels à pourvoir est limité à 21 par la loi, et la définition du programme gouvernemental a toute chance de donner lieu à d'âpres tractations.

M. Olmert ambitionne de réaliser un plan de séparation baptisé «plan de regroupement» visant à des retrait partiels et unilatéraux en Cisjordanie, associés à l'annexion d'importants blocs de colonies dans cette région.