Les écoles, commerces, bureaux et marchés étaient fermés et le trafic très limité dans la matinée, le gouvernement local ayant décrété dimanche jour de deuil, et la communauté chiite trois jours, en mémoire des victimes.

La bombe a explosé dimanche en début de soirée près de mosquées du quartier d’Abbas Town, au moment où les fidèles sortaient de la prière, frappant plusieurs immeubles alentour qui se sont en partie écroulés, piégeant les victimes.

Outre les 45 morts, plus de 150 personnes ont été blessées.

Les associations locales de transporteurs et commerçants ont annoncé à l’AFP une journée morte lundi. «Il n’y aura pas de transports publics», a ainsi déclaré le chef de l’Association des transporteurs de Karachi, Irshad Bokhari.

La bourse était officiellement ouverte, mais l’activité y était faible, selon un courtier local.

L’activité de Karachi, souvent décrite comme le «portefeuille du Pakistan», est vitale à l’économie du pays, contribuant à 42% de son PIB, 70% de l’impôt sur le revenu et 62% de la taxe sur les ventes.

Mais cette mégalopole de 18 millions d’habitants est ensanglantée depuis des décennies par d’incessantes violences politiques, ethniques, sectaires et mafieuses qui ont tué l’an dernier plus de 2200 personnes, handicapant largement son activité économique. Le Pakistan est, de plus, en proie depuis le début de l’année à une vague sans précédent d’attentats anti-chiites.

L’attentat de dimanche, le plus meurtrier en plus de trois ans à Karachi, a eu lieu près d’un quartier chiite mais a également fait des victimes sunnites, et sa cible exacte demeurait encore inconnue, selon des sources policières.

Il intervient à quelques mois d’élections générales historiques, car les premières de l’histoire du Pakistan moderne à avoir lieu après qu’un gouvernement civil est allé au bout de son mandat de cinq ans.