Joe Biden l’a bien démontré pendant ses 100 premiers jours au pouvoir: en cherchant notamment à imposer des plans de relance et d’investissement de plus de 6000 milliards de dollars pour «transformer» l’Amérique, il sonne le retour de l’Etat providence. Ces plans représentent une révolution sociale. Le président démocrate espère en partie les financer par une hausse d’impôts pour les entreprises et les «super-riches». A l’inverse, c’est la classe moyenne et les populations les plus prétéritées qu’il cherche à soulager. Katy Hull, maître de conférences en études américaines à l’Université d’Amsterdam, analyse ce virage idéologique susceptible de fermer la parenthèse néolibérale amorcée il y a quarante ans par Ronald Reagan. L’Américano-Britannique est notamment l’auteure de The Machine Has a Soul: American Sympathy with Italian Fascism (2021).

Le Temps: Avec ses plans de relance et d’investissement, Joe Biden est-il en train de redéfinir le rôle de l’Etat?