D’après les bilans disponibles, dans l’ensemble de la région, «Ketsana» a pour l’instant fait 331 morts. Les Philippines, frappées ce week-end, restent de loin les plus touchées avec 246 décès.

«Ketsana» avait gagné en puissance en quittant les Philippines, passant de tempête tropicale à typhon en se dirigeant vers le centre du Vietnam, où il a aussi fait 12 disparus et où les autorités craignent désormais des inondations historiques. La ville de Hoi An, patrimoine de l’Unesco, était sous les eaux depuis mardi. Son centre historique n’était accessible qu’en bateau.

Ici et dans d’autres parties de la province de Quang Nam, les autorités reconnaissaient avoir du mal à ravitailler des dizaines de milliers de personnes, ce dont certains se plaignaient. «Je n’ai vu aucun représentant des autorités», a déploré une femme de 28 ans, mère de jumeaux de deux ans, dans le district de Dien Ban. «Nous devons sortir nous-mêmes dans l’eau pour acheter des nouilles instantanées et de l’eau potable».

«Notre travail de secours est très difficile, même avec une mobilisation plus forte de soldats et de policiers, car l’ampleur des inondations est très vaste et nous manquons de matériels», a expliqué Phan Nhu Nghia, président de la Croix-Rouge de Danang. Pour lui, la priorité reste de «déplacer des personnes en danger» et ravitailler les habitants des zones les plus touchées.

Le Vietnam avait annoncé avoir évacué quelque 170’000 personnes à l’approche de Ketsana. Mais selon la télévision publique, des habitants restaient complètement isolés, notamment dans des régions montagneuses.

Le typhon a touché les côtes vietnamiennes mardi après-midi, un peu au sud de Danang, avant de prendre la direction de l’ouest et perdre à nouveau en puissance dans la nuit, selon un responsable vietnamien.

Au Cambodge voisin, au moins neuf personnes ont été tuées dans le centre et deux autres dans le nord-est. Selon les autorités, des milliers d’habitants ont été évacués et la distribution de tentes et nourriture a commencé dans plusieurs provinces. «Je n’ai jamais vu un vent aussi fort de ma vie», a indiqué par téléphone Pang Phot, un policier du district de Sandann. «De nombreuses maisons en bois ont été immédiatement balayées».

Plus au nord au Laos, diverses sources – onusiennes, ONG – mentionnaient des inondations dans quelques provinces. Le gouvernement ne faisait cependant pas état de victimes en fin d’après-midi. Aux Philippines, où Ketsana a au total touché plus de 2,2 millions de personnes, les autorités avaient lancé un appel à l’aide internationale en début de semaine.

Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils enverraient leur armée pour participer aux secours, l’Union européenne a décidé le déblocage de 2 millions d’euros – une aide qu’elle a doublée pour secourir aussi le Vietnam, le Laos et le Cambodge.

Dans l’archipel, des centaines de milliers de personnes restaient entassées dans des écoles, gymnases et abris de fortune. Quatre jours après le passage dévastateur de Ketsana, les Philippines étaient déjà menacées par un nouveau typhon.

Mardi, le plus haut responsable climat de l’ONU, Yvo de Boer, avait rappelé à Bangkok que la lutte contre le changement climatique était vitale pour l’Asie-Pacifique. Ketsana est «le dernier exemple le plus tragique» du changement climatique affectant la région, avait-il souligné lors de négociations sur le climat.