Le leader de l'organisation djihadiste Al Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA), Khalid Batarfi, a été arrêté en octobre dernier dans l'est du Yémen, indique un rapport des Nations unies (ONU) rendu public jeudi.

Selon ce rapport adressé au Conseil de sécurité des Nations unies, Khalid Batarfi, dit Abou Miqdad el-Kindi, qui avait pris la tête d'AQPA il y a un an, «a été arrêté en octobre au cours d'une opération à Gheïda (province de Mahra), qui a également entraîné le décès du commandant en second, Saad Atef el-Aoulaqi».

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Le document ne précise pas par qui Batarfi a été capturé, ni ce qu'il est devenu depuis. Il s'agit toutefois de la première confirmation officielle de cette arrestation, qui a été évoquée à plusieurs reprises ces derniers mois mais n'avait pu être vérifiée.

«Outre les pertes occasionnées au sein de son commandement, l'AQPA subit une érosion parmi ses rangs, du fait de dissensions et de désertions, menées principalement par un des anciens lieutenants de Batarfi», indique encore le rapport de l'ONU, qui met toutefois en garde contre «la menace constante» que continue à faire peser ce groupe djihadiste bien implanté au Yémen.

Des attaques au Yémen, aux Etats-Unis et en Europe

Batarfi, qui serait âgé d'une quarantaine d'années, avait pris la tête d'AQPA en février 2020 après la mort de l'ancien chef du groupe Qassem al-Rimi, tué dans une frappe aérienne américaine au Yémen.

Créé en 2009, AQPA est considéré par les Etats-Unis comme la branche la plus dangereuse du réseau djihadiste. Elle a profité du chaos entraîné par la guerre en cours depuis 2014 au Yémen entre rebelles et pouvoir pour renforcer son emprise dans le sud et le sud-est du pays. L'organisation a mené ces dernières années des attaques au Yémen tant contre les rebelles Houthis que contre les forces gouvernementales.

AQPA a aussi revendiqué des attaques aux Etats-Unis et en Europe, notamment celle du siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris en 2015, qui avait fait 12 morts, et une fusillade qui avait fait trois morts en 2019 dans une base aéronavale américaine en Floride.

Une «menace constante» sur le Yémen

Depuis 2017, les Etats-Unis ont intensifié les attaques contre ce groupe. Selon des experts, le réseau a perdu aujourd'hui de son influence. «Outre les pertes occasionnées au sein de son commandement, AQPA subit une érosion parmi ses rangs, du fait de dissensions et de désertions, menées principalement par un des anciens lieutenants de Batarfi», indique ainsi le rapport de l'ONU.

Le document met toutefois en garde contre «la menace constante» que continue à faire peser ce groupe djihadiste au Yémen. Il évoque notamment une «attaque importante» qui a fait plusieurs morts à Lodar, dans la province d'Abiyan, malgré «la relative quiétude ayant suivi la capture de Batarfi».

Des dizaines de milliers de personnes, principalement des civils, ont été tuées et des millions d'autres ont été déplacées au cours de cette guerre qui a causé selon l'ONU la plus grave catastrophe humanitaire au monde.